Pour ma part, je l'attend sur tous les sujets qui vont tomber dans les prochains mois (et les prochaines années), mais l'argument du "une majorité de français a voté en connaissance de cause" pour légitimer toutes les mesures de Sarko me parait bien évidemment perfide.
Cela sous-entend que chaque électeur qui a voté pour Sarko soutient 100% des mesures de son programme, et qu'aucune d'entre elles ne se doit d'être discuter.
D'un point de vue anecdotique, c'est vrai : le programme de Sarko était clair et catégorique sur pas mal de sujets, et, contrairement à Royal qui pronait un dialogue autour des problèmes (avec certes une orientation claire), Sarkozy présentait une série de mesures et de politiques arrêtées, et demandait quasiment un blanc-seing pour l'ensemble de son programme.
Mais d'un point de vue moral et démocratique, le procédé me paraissait choquant, encore aujourd'hui.
Donc, qu'on ne soit pas d'accord avec le MRAP c'est une chose, qu'on pense qu'un ministère de l'immigration est naturel, soit, mais qu'on juge les positions du MRAP illégitimes devant les résultats électoraux, là, non. C'est en quelque sorte remettre en cause le principe de contrepouvoir, ou nier la réalité qui consiste à dire que si Sarkozy a attiré 53% d'électeur sur un programme, il n'attirerait pas forcément ces mêmes 53% sur chacune de ses mesures prises indépendament.
Et que 47% n'ont pas voté pour lui, non plus.
La démarche du MRAP ne me paraît donc pas inappropriée, bien au contraire : c'est fou ça tout de même. On va reprocher à un organisme dont le but est de lutter contre le racisme et de militer pour le rapprochement des peuples, d'être conforme à sa raison d'être en dénonçant ce qui ne va pas, selon lui, en ce sens, ou ce que s'y oppose clairement.
Certes, les français ont voté. Et alors ?
Les associations et les organismes partisans de certaines causes ne doivent pas se renier pour plaire à un grouvernement, ou aux électeurs : ils sont là pour assumer leur rôle en toute conscience.
Cette réflexion malsaine me parait rééllement dangereuse, et surtout une insulte à la démocratie, à l'intelligence : depuis quand, lorsqu'une majorité s'est exprimé, doit on se renier, et ne surtout plus penser autrement ou s'inscrire en contradicteur si on le juge nécessaire ?
Quelle est cette pauvre vision ?
Ce message a été modifié par Pheldwyn - 23 mai 2007 - 10:21.