![]() | Baisse du taux du livret AVendredi 15 Juillet - 08:23 éPARGNE - La rémunération du produit fétiche des Français est indexée sur l'inflation, qui reste modérée |
Cela fait deux ans qu'on n'avait pas vu cela. Le taux du livret A devrait baisser à compter du 1er août, pour revenir de 2,25% à 2%. Ce recul de la rémunération du produit d'épargne le plus populaire de France sera annoncé par le gouvernement dans les prochains jours. A qui la faute ? A l'inflation, qui reste mesurée. Calculée sur un an, hors tabac, celle-ci est ressortie à 1,6% à la fin juin. Or c'est le niveau de l'inflation qui conditionne largement la rémunération du livret A depuis que, en 2003, après les multiples polémiques sur le sujet, Francis Mer, alors ministre de l'Economie, avait souhaité dépolitiser la fixation du taux de ce produit.
Selon la nouvelle méthode adoptée, le taux est actualisé deux fois par an, en août et en février. Il est désormais obtenu à partir du calcul retenant la moyenne de l'inflation et des taux d'intérêt à court terme, majorée de 0,25 point. Sur ces bases, il devrait s'établir après arrondi à 2%.
Un calcul automatique, donc. Sauf que Bercy et la Banque de France vérifient, avant d'appliquer le nouveau taux au livret A et, par ricochet, aux autres produits d'épargne réglementée (livret Bleu, Codevi, LEP) «que le pouvoir d'achat est préservé». A observer le chiffre de l'inflation à la fin juin, les épargnants conservent un gain de 0,4%, estime-t-on à Bercy.
Reste qu'une telle mesure n'est jamais populaire, quel que soit son impact financier réel sur le portefeuille des épargnants. A côté de l'envolée des prix de l'immobilier et de l'essence, son annonce pourrait peser sur le moral des particuliers. La décision est d'autant moins simple à prendre que bon nombre de Français estiment que leur pouvoir d'achat ne cesse de régresser.
Pourtant, le gouvernement est d'autant plus soucieux d'appliquer le nouveau mode de calcul qu'une baisse du taux du livret A profitera probablement à l'économie. Le retrait de l'argent ne devrait pas être très important ¿ environ un milliard d'euros ¿ estime la Caisse des dépôts chargée de gérer l'épargne réglementée. Pour preuve, en 2003, alors que la rémunération avait été réduite de 0,75%, la décollecte avait été limitée à 2,4 miliards en un an et demi. Une réduction de l'épargne ne serait en outre pas pour déplaire au gouvernement, si elle profite à la consommation et participe au soutien de la croissance. Mais les avantages de l'ajustement ne s'arrêtent pas là. Il permet aussi de mieux répercuter le faible niveau des taux d'intérêts européens dans l'économie française. Plus concrètement, elle est une excellente nouvelle pour le financement du logement social, assuré par les fonds placés sur le livret A. Or, entre le plan de Jean-Louis Borloo et l'envolée du prix des loyers, il est urgent de donner à ce financement un coup d'accélérateur.
Méthylbro

