![]() | Eurockéennes : la prospérité des mélangesLundi 04 Juillet - 16:49 BELFORT - Le premier gros festival de rock de l'été confirme la «détribalisation» du public des jeunes adultes avec 85 000 spectateurs en trois jours |
Avec les Eurockéennes de Belfort, traditionnellement le premier week-end de juillet, a commencé la saison des grands festivals rock ¿ trois jours, quatre scènes, soixante-dix concerts.
Dès vendredi après-midi, à l'ouverture des portes de l'immense site de la presqu'île de Malsaucy, la direction du festival pouvait avancer une certaine sérénité quant à la fréquentation : 85 000 spectateurs en trois jours dont 27 000 entrées vendredi. De quoi assurer une fois encore au festival un succès tranquille. L'hégémonie des Eurockéennes dans la région du Grand Est ne suffit pas à expliquer ce succès persistant : avec ingéniosité, la programmation attire et convainc très largement, de Garbage à Louise Attaque, de Cali à Mass Hysteria.
Car, au-delà de l'agrégation de publics connexes, le festival prospère actuellement sur une évolution sensible de l'audience des musiques populaires. Les années 90 avaient vu les adolescents et les jeunes adultes se répartir entre tribus volontiers exclusives les unes des autres, ce qui fit la doctrine et la prospérité du Printemps de Bourges jusque vers la fin du siècle. Puis l'évolution a d'abord été aux empiétements mutuels entre tribus, les locks apparaissant dans les concerts de métal et les bracelets à clous s'accordant aux colliers indiens.
Un festival comme ces Eurockéennes permet aujourd'hui de prendre la mesure de la «détribalisation» en cours, à la fois par l'ouverture des esthétiques musicales et par une sorte de polythéisme du public. S'il aurait pu paraître audacieux, il y a quelques années, de programmer le même soir et sur la même scène les Queens of the Stone Age (pour leur premier festival français) et les Chemical Brothers, c'est aujourd'hui devenu une évidence.
Certes, il y a opposition des genres et des pratiques scéniques : d'un côté, le blues-rock brutal à tatouages, guitares hurlantes et engagement physique, de l'autre, la présence presque abstraite de deux musiciens-ingénieurs que l'oeil oublie au profit des animations sur les grands écrans. Mais ce genre de différence passe au second plan, tant le plaisir de masse se concentre dans l'énergie, la puissance, le tranchant des performances. Les publics ne choisissent plus entre rock et électro, mais absorbent et célèbrent l'immédiat des musiques pour ce qu'elles offrent, au-delà des panoplies et des identités.
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| Source: lefigaro.fr |




