![]() | Jacques Chirac dos au murDimanche 05 Juin - 11:36 Désavoué par le non français à la Constitution européenne, le président Jacques Chirac a tenté de sauver la fin de son mandat en nommant un «gouvernement de combat», mais ses adversaires et la presse évoquent déjà le «crépuscule» d'un chef de l'Etat dont l'autorité vacille. |
Après le «cataclysme» du référendum de dimanche, M. Chirac, qui bat des records d'impopularité, a joué une de ses dernières cartes en nommant mardi Premier ministre son fidèle lieutenant, Dominique de Villepin.Mais il a été contraint de l'associer à Nicolas Sarkozy, numéro deux du gouvernement et ministre de l'Intérieur, qui brigue ouvertement sa succession en 2007.
Ce choix ouvre une période d'incertitudes, tant le risque de conflits apparaît grand entre Dominique de Villepin, un aristocrate qui n'a jamais eu de mandat électif, entouré de ministres «chiraquiens», et Nicolas Sarkozy, 50 ans, homme le plus populaire à droite, qui a promis qu'il garderait sa «liberté de parole» et attend son heure. Les critiques pleuvent également sur le choix, annoncé jeudi, d'une équipe ministérielle resserrée autour des fidèles de M. Chirac. Le quotidien de gauche Libération évoquait, lui, un «ultime replâtrage d'une chiraquie à l'agonie».
Les adversaires du président, à droite comme à gauche, ont dénoncé une «bunkérisation» du pouvoir et évoqué un climat de fin de règne dans un pays où le référendum a révélé de profondes fractures sociales. Face à l'avalanche de critiques sur sa personne, le président Chirac, 72 ans, semblait n'avoir qu'un seul objectif immédiat: tenir. Au soir du 29 mai, Jacques Chirac, tendu et crispé, était apparu à la télévision pour une brève allocution.
D'une voix sourde, il avait pris acte de l'expression de la «souveraineté populaire»: un vote non à près de 55% et un terrible désaveu personnel. M. Chirac, qui a imposé le choix du référendum, s'était lancé dans une fin de campagne désespérée pour tenter d'infléchir les résultats quand il est apparu que le non allait l'emporter. Il est devenu le second chef d'Etat français à perdre un référendum, après Charles de Gaulle, en 1969, qui avait immédiatement démissionné, estimant rompu le lien qui le liait au peuple français. Mais le président Chirac avait exclu à l'avance de suivre cette voie.
SolOo!
| Source: dhnet.be |



