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Chapitre I
«Oh ! Regardez! Si ils ne sont pas mignons ensemble! » répétait sans arrêt la mère de Lucas et Hugo. Ces jumeaux étaient très solidaires entre eux. Leur mère s'en étonnait toujours, et se rassurait de les voir dans cet état. En effet, leur père était décédé récemment dans un accident douteux. Ce n'étaient encore que des enfants.
L'adolescence atteinte, ils restaient toujours aussi confiants l'un en l'autre. Ami de tous, généreux, sociable, Lucas réussissait à l'école. Hugo, lui, était solitaire, réservé, un tantinet étrange. Des notes plus basses que son frère. Il semblait être plus affligé par le décès de leur mère.
Quelques années passèrent encore. Les jumeaux, depuis toujours ensemble, ne se voyaient plus. Lucas avait perdu tout contact avec son frère, et restait sans nouvelle de lui. Il était devenu un homme respectable, honnête. Commissaire, il se battait pour la justice. Toujours aussi facile à vivre, toujours autant de plaisir à venir en aide aux autres. Marié à une charmante femme, ils eurent deux enfants. Sa vie était donc des plus stable et des plus paisible.
Une affaire venait de lui être donnée : un meurtre avait été commis la nuit dernière. Il se rendit à l'endroit en question, accompagné de ses deux collègues. Une maison au milieu des autres. Une maison qui lui rappelait qui habitait ici. Deux minutes seulement s'écoulèrent avant qu'ils n'arrivent à l'entrée du bâtiment. Lucas se hâta de rentrer pour y voir ce qu'il redoutait : son ami avait été tué. Un ressenti horrible naissait en lui. L'odeur nauséabonde lui piquait le nez. Une scène difficile pour chacune des paires d'yeux présentes car le corps était atrocement morcelé. L'assassin usait d'une arme blanche et semblait s'être défoulé sur cet homme.
Un message reposait sur un morceau de carton et disait ceci : « La partie peut commencer. » Sa signification était aussi troublante qu'inquiétante. Lucas et ses deux coéquipiers se mirent à réfléchir sur le sens de cette phrase. Sans réponse, pour le moment.
Ils retournèrent au commissariat. Lucas goûtait aux joies de la tristesse : il avait les larmes aux yeux. La réflexion des plus intense préoccupait toujours chacun des esprits présents. « La partie peut commencer » : mais une partie de quoi ? Entre qui ? Pourquoi cette mort? Qui était le coupable ? L'enquête qui débutait avait pour but d'apporter les réponses à ces questions. Mais à l'heure présente, chacun rentrait se reposer chez lui, un peu dérangé, comme à chaque affaire. Lucas embrassa sa femme, salua ses enfants. Après avoir dîné, s'être assuré du sommeil des enfants, il put s'enfuir dans l'autre monde.
Le soleil se leva de bonne heure. Lucas fit de même. Il prit rapidement le chemin du travail. Ses collègues l'attendaient devant. Ils l'emmenèrent en pleine rue. Le quartier était sous une forte protection policière : un nouveau drame avait eu lieu cette nuit. Deux hommes gisaient à même le sol. Son visage pâlissait autant que les leurs. Il pleurait. C'était deux de ses amis avec qui il avait discuté pas plus tard que la semaine dernière. Lucas ne croyait pas au hasard, et le fond de ses pensées venait se confirmer : un morceau de carton se trouvait de nouveau à côté des défunts. « Des huit, il en est tombé trois » était la seconde énigme laissée certainement par le même assassin.
Cependant, la méthode avait été différente cette fois-ci : deux balles s'étaient perdues dans chacun des corps. Le premier ne semblait pas prendre fuite, contrairement au deuxième, expliquant la position différente du deuxième. Le premier avait été frappé au niveau du cœur, par deux fois, comme pour s'assurer de son décès. Le deuxième avait une balle dans la jambe et une autre au niveau du front. Le tueur avait dû l'immobiliser dans sa course et l'achever d'une balle dans la tête.
Pendant que ses deux coéquipiers cherchaient un quelconque autre indice, Lucas alla questionner le témoin, car il y avait un témoin. C'était Hugo. Après quelques embrassades, Lucas ouvrit le court échange par une question : « Que faisais-tu donc ici ?
- Je me promenais pour me changer les idées. C'est à ce moment là que j'ai vu cet affreux massacre…
- Comment était-il, le tireur?
- Son visage était masqué par une cagoule. Des vêtements sombres, une stature plutôt imposante.
- Et comment s'est déroulée l'action?
- L'homme est sorti de nulle part, un pistolet à la main. Il tira deux fois sur l'un. Il blessa l'autre, avant de se mettre à côté de lui pour l'abattre également. Il est par la suite parti sans trop perdre son temps. Je fis de même. C'est en revenant aujourd'hui que j'ai trouvé le courage de venir en parler aux personnes présentes sur le lieu du crime. »
Après quelques salutations, ils se quittèrent. Hugo quitta le quartier, Lucas retourna auprès des autres. Aucun autre indice n'avait été trouvé. C'est à ce moment-là que Lucas se rendit compte d'une évidence : il n'avait pas demandé à Hugo de venir faire une déposition. L'émotion devait être trop grande. Il n'avait pas même pris le temps de le soupçonner.
Les trois acolytes retournèrent rapidement au poste après avoir grignoté un rapide morceau. Une camionnette contenant les victimes, ainsi qu'un cortège de véhicules policiers, les précédaient. Ils s'éclipsèrent très vite pour prendre la direction de l'endroit où avait eu lieu le premier meurtre. Ils finirent leur après-midi à rencontrer les voisins présents pour leurs demander si ils avaient vu ou entendu quelques chose. Mais personne n'était au courant de rien.
La journée se terminait sans réelle avancée. Lucas se fit déposer. Il rentrait plus attristé que la journée dernière. Ses enfants ne comprenaient pas, sa femme le réconfortait comme elle le pouvait. Ils couchèrent les enfants, avant de dormir à leur tour. Elle l'abandonna contre son gré. Seul Lucas peinait à trouver sommeil.
Ce message a été modifié par Jedino - 10 mars 2010 - 18:52.


