En terre cuite, en bois puis au final en pierre, c'est à l'époque romaine que ces bêtes parfois tapies dans l'ombre ou bien visibles hauts perchées sur le bord des toits apparaissent.
Souvenir des coutumes païennes, elle voisinent déjà avec des figures fantastiques, monstrueuses, mi-animales et mi-humaines, excroissance naissante de feuillages et autres enroulements enchevêtrés donnant une silhouette plus ou moins inquiétante dont le but secondaire devient la protection des forces du mal qui les entoures.
Elle prennent tantôt le nom de Gargouilles, Gronda Sporgente, Gargola, Gargoyles, Wasserspeir... Et leur première fonction n'est autre que d'écarter des murailles l'eau ruisselante des toits.
Vers le commencement du XIIIe siècle, les chéneaux laissent de plus en plus souvent une place à la gargouille, aux guivres, canons et autres lanceurs à la chute des combles. Jusqu'alors, dans les premiers siècles du Moyen-âge, l'eau des toits ou des terrasses s'égouttait directement sur la voie publique au moyen de la saillie donnée aux corniches.
Immobiles et témoins du temps qui passent, elles contemplent de leur perchoir les siècles qui coulent de leur grotesques allures.
C'est en pleine période gothique au Moyen-âge que ces chimères fleurissent, principalement vers 1220, aussi bien sur les édifices religieux que civils. En premier lieu parées de bustes trapus et peu nombreuses elle se multiplient par la suite en prenant forme de corps plus élancés, les bustes laissent parfois place à des statues entières sur pieds, elles s'affinent avec le temps et prennent un caractère médiéval débridé.
Parfois prenant l'apparence de personnages vomissant, de moines, de monstres jusqu'aux animaux les plus fantastiques, les gargouilles finissent par s'échapper des canon et de l'idéalisation picturale gothique pour prendre le chemin d'une continuité romane. Le plus souvent, ces monstres sont l'oeuvre de commandes du milieu ecclésiastique et les artistes on une liberté d'expression impressionnante.
Pour preuve de retrouver certaines figurations accrochées malgré leur laideur et leur caractère "monstrueux" aux paroi de certaines églises, à une époque qui plus est ou la difformité physique est synonyme de difformité mentale, et que la maladie est synonyme de diablerie. On pourrai se demander si les gargouille n'expient pas leurs péchés en vomissant justement l'eau purificatrice?
Leur orientation et leur position enfin en tout points cardinaux forme un cercle religieux et magique préservant la béatitude sereine du lieu saint qu'elle couvent.
... J'adore les gargouilles! Partout où je vais en province, je prends toujours un moment pour visiter les églises, cathédrales et autres architectures religieuses (ou pas) afin de voler une image de ces monstres figés dans le temps. Je les trouves mystérieuses, inquiétantes et en même temps réconfortantes, belle et à la fois monstrueuses, parfois grossières... Mais cela me procure toujours une sensation de toucher à l'irrationnel, à la magie, au temps mystérieux qui nous séparent des siècles passées devant leur yeux.
Un Topic pour notre plaisir et celui des gargouilles.
Celle ci est très célèbre, c'est une gargouille qui contemple la vue de sa hauteur des toits de Notre Dame de Paris.

Gargouille de Notre Dame de l'Epine, dans la Marne, à côté de Châlons-en-Champagne, elle fait partie du Patrimoine Mondial de l'UNESCO.
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Gargouilles de l'église Saint-Epvre

Une gargouille de Westiminster Abbey (Londre)
Ce message a été modifié par Blablateur - 17 février 2010 - 15:05.










