pascalin, le samedi 23 janvier 2010 à 00h17, dit :
Tu préfères un monde de grosses calottes dans la tronche à celui qui ose broncher ?
Je ne comprends pas ta réaction pascalin. Il me semble au contraire que femzi ne souhaite pas cela.
Je ne sais pas si cela répond à ta question femzi, mais je te fais part de la réflexion suivante que j'ai eu au sujet du chômage et de sa culpabilisation.
On culpabilise les chômeurs et quelque part on leur demande de se suicider à moins qu'ils ne trouvent un moyen d'être productif. L'idéologie derrière cela est que le groupe serait dans un tel état de danger que les membres les moins productifs devraient être éliminés. Pourtant, on voit bien que l'on produit assez pour tous, même si une partie ne travaille pas, ou travaille pour des choses futiles comme la production de films. Le problème n'est donc pas un manque de production, mais un problème d'inégalité de charge de travail. Les travailleurs se plaignent, à juste titre, de travailler trop, d'être trop sous pression, et qu'on leur demande d'aller toujours plus vite. Mais ils se plaignent vers les chômeurs plutôt que vers leurs patrons et actionnaires. En effet, si les chômeurs ne travaillent pas, les actionnaires ne travaillent pas non plus. Il y a deux poids deux mesures, ceux ayant un statut inférieur étant davantage critiqué que ceux ayant un statut plus élevé dans la hiérarchie sociale. Pourtant, si les actionnaires allaient travailler pour gagner leur vie, les employés n'auraient pas à travailler pour eux, en plus de travailler pour eux-mêmes et pour les clients. Leur charge de travail s'en trouverait donc diminuée.
Si les chômeurs créent leurs entreprises, ou bien travaillent au noir, cela ne change pas directement la charge de travail des employés des grandes entreprises. Une autre façon de faire baisser la charge de travail des employés est que les entreprises les fassent travailler moins longtemps ou moins vite et embauchent davantage de personne. En effet, la logique de servilité à l'actionnaire revient à vouloir rentabiliser les gens tout comme on rentabiliserait des machines. On use les gens, et s'ils ne fonctionnent plus, on les remplace. Quand on parle d'embaucher plus de personnes, on se retrouve face à un mur. Pourtant ce serait possible. Alors bien entendu, si on fait moins travailler les gens, il faudrait baisser leurs salaires, sauf que la plupart des travailleurs ayant des salaires déjà bas, il ne serait pas très raisonnable de les baisser encore. Pour cela, il faudrait rogner sur les salaires plus élevés et surtout les bénéfices des actionnaires.
Il semble que le calcul fait soit qu'il est toujours moins onéreux de payer des charges sociales que des payer des salaires entiers. Cela n'est pas si évident, mais d'un point de vue d'une entreprise, si elle considère les charges sociales comme un pourcentage fixe du salaire, il est dans l'intérêt des actionnaires de mettre le maximum de personnes au chômage et de faire travailler plus les personnes qui restent. Sauf qu'à demander plus aux mêmes personnes, cela revient à dévaloriser leur travail et donc implicitement à baisser leurs salaires horaires.
Les gens qui travaillent se plaignent auprès des chômeurs de ne pas travailler, alors que l'injuste répartition de la charge de travail est le résultat de la logique de rentabilité dictée par les actionnaires.
Un autre avantage au chômage est que cela permet de faire pression sur les employés et les menacer de licenciement s'ils ne sont pas assez productif. En effet, cette menace n'est effective que s'il y a du chômage dans la région. Alors à l'embauche, on peut appliquer la loi de l'offre et de la demande sur les salaires, proposant de bas salaires avec l'argument que si l'on accepte pas les conditions, une autre personne acceptera. D'ailleurs, le SMIC est considéré par l'OMC comme un obstacle à la concurrence libre et non faussée. L'égalitarisme libéral consiste ici à tirer vers le bas les conditions de vie des travailleurs.
L'organisation du chômage répond à deux objectifs : rentabiliser les employés et devaloriser leur travail, utiliser la peur du licenciement pour faire baisser les salaires
Le chômage entraine trois souffrances : celle du chômeur qui se sent inutile, celle du travailleur qui est usé, et celles des chômeurs et des travailleurs à être dans un conflit
Ce que l'on peut faire : baisser les impôts de petites entreprises afin de permettre aux chômeurs de créer plus facilement leur emploi, embaucher davantage de personne et baisser les profits des actionnaires notamment dans les moyennes et grandes entreprises, limiter le capital détenu par une personne et redistribuer le capital restant aux employés, démocratiser les grandes entreprises afin que les décisions prennent davantage en compte l'intérêt des travailleurs en bas de l'échelle, que ce soit eux qui choisissent les coordinateurs de l'entreprise et non le contraire
Ce dont on peut avoir besoin : compter le nombre d'employés travaillant dans une entreprise en comptant les sociétés détenues par l'entreprise en question. Une holding détenant des entreprises qui en détiennent d'autres est constitué hiérarchiquement comme une entreprise et à ce titre devrait pouvoir avoir un syndicat à cette échelle.