Lors d'une conférence sur les conséquences de la crise économique mondiale pour le continent africain, qui se tiendra cette semaine en Tanzanie, le directeur du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a dit craindre le pire.
Pour M. Strauss-Kahn, qui se présente comme le porte-parole des pays les plus pauvres auprès des grandes nations riches, « même si la crise a été lente avant d'atteindre les rivages de l'Afrique, nous savons tous qu'elle arrive et que son impact sera sévère. »
En effet, le FMI prévoit qu'en 2009 la croissance économique africaine sera amputée de moitié, passant d'une moyenne de 6 % au cours des cinq dernières années à 3 %, voire moins.
La croissance économique mondiale, elle, devrait, toujours selon le FMI, descendre sous la barre des 0 % en 2009, « la pire performance que la plupart d'entre nous ont jamais vue ».
Jusqu'ici, l'Afrique a été épargnée par la crise économique en raison essentiellement de sa très faible implication dans le système financier mondial.
Cependant, l'économie africaine, bâtie en grande partie autour des exportations de matières premières vers l'Occident et les pays émergents, pâtira vraisemblablement de la chute des échanges commerciaux, ainsi que de l'effondrement des investissements étrangers sur le continent.
L'essoufflement des envois d'argent d'une diaspora éparpillée à travers le monde et la diminution de l'aide internationale viendront compléter ce qui a été dépeint par le FMI comme une recette pour un nouveau cataclysme en Afrique.
« Entre 1,4 et 2,8 millions d'enfants qui mourront d'ici à 2015 dans les pays les plus pauvres si la situation ne s'améliore pas ou si nous n'y faisons rien », a d'ailleurs laissé tombé le directeur du FMI lorsqu'un journaliste lui a demandé quel serait à son avis le coût de la crise sur les économies vacillantes du tiers-monde.
« Quand des pays émergents vacillent ou quand l'économie des pays de l'est de l'Europe est menacée, tout le monde est aux aguets à cause du risque de contagion: les économies occidentales dépendent des puissances moyennes. Mais les pays les plus pauvres intéressent moins spontanément: leur ruine éventuelle ne menace personne à part eux-mêmes », ajoute Dominique Strauss-Kahn.
La semaine dernière, M. Strauss-Kahn expliquait qu' « après avoir frappé les pays industrialisés et ensuite les marchés émergents, une troisième vague de la crise financière mondiale frappe maintenant les pays les plus pauvres et les plus vulnérables, et elle frappe durement. »
Le FMI évalue à environ 25 milliards de dollars la somme qui lui serait nécessaire pour équilibrer les pays les plus pauvres en 2009, une somme dérisoire comparée aux centaines de milliards injectés depuis quelques mois dans le système financier occidental.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse, Associated Press, Reuters, Le Figaro et Le Journal du Dimanche
Ce message a été modifié par PASDEPARANOIA - 10 mars 2009 - 18:10.



