![]() | Une déferlante anti-CPE dans les rues de ParisMardi 28 mars - 20:45 PARIS - Jeunes, salariés, parents, retraités, des centaines de milliers de personnes ont défilé à Paris pour réclamer le retrait du contrat première embauche. |
Les organisateurs ont revendiqué 700.000 manifestants dans la capitale, deux fois plus que le 18 mars, qui était pourtant un samedi. A 18 heures, trois heures et demie après le début de la manifestation, la queue du cortège n'avait pas encore quitté la place d'Italie, dans le XIIIe arrondissement.
Dans toute la France, les syndicats ont revendiqué trois millions de manifestants, un niveau historique qui surpasse ceux atteints lors des grandes mobilisations du 13 mai 2003, pendant le conflit des retraites, et du 12 décembre 1995, contre le plan Juppé.
Dans le cortège parisien, trempés par les averses qui se succèdent, les jeunes ont pris la tête du défilé, en dansant et en chantant, au son des derniers tubes techno et rap. Parmi eux, de très nombreux lycéens sont venus de toute l'Ile-de-France, parfois encadrés par des adultes.
Leur seul mot d'ordre, "Retrait du CPE", qu'ils ont rebaptisé "contrat pas d'espoir", "certainement pas envisageable" ou "cherche pigeon à exploiter".
Les pancartes proclament "non à la précarité", "précaires et solidaires". Les parkas sont constellées d'autocollants "Rêve générale" et "Jeunes et jetables".
Certains arborent sur le revers de leur col une petite photo de Cyril Ferez, militant du syndicat Sud-PTT grièvement blessé il y a dix jours place de la Nation en marge d'une manifestation contre le CPE.
"éA VA PéTER"
"C'est pas bon de nous laisser comme ça à l'essai pendant deux ans", explique Solena, élève de 16 ans au lycée Jean-Moulin du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis.
A côté d'elle, Stéphanie, même âge, opine du chef. "Il faut enlever cette loi, point barre", souligne la lycéenne, venue de Villepinte.
Derrière elles, les parents d'élèves ont mobilisé en force. La délégation d'Ile-de-France de la FCPE défile derrière une immense banderole qui proclame : "Les jeunes de la Seine-Saint-Denis ont gagné le droit de ne pas être 'des moins que rien'".
Viennent ensuite les cortèges syndicaux, plus politiques. Dans ces rangs, les manifestants prennent nommément à partie Dominique de Villepin, qui se veut inflexible.
"Assez de régression, assez de répression, sinon ça va péter", menacent les uns. "Retrait des CPE et CNE, à bas la précarité", réclament les autres.
"S'il s'arc-boute (Villepin), c'est qu'il veut enfoncer un coin dans le Code du travail", résume Yves, la quarantaine, employé à la Monnaie de Paris, dont il craint la privatisation.
Dans le cortège, les forces de l'ordre multiplient les mesures pour éviter des débordements comme ceux qui avaient transformé le 23 mars l'esplanade des Invalides en terrain d'affrontement après la dislocation du cortège.
Quelques incidents émaillent néanmoins le défilé. La vitrine d'un café est brisée, en face de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, presque dès le début de la manifestation.
Situation inédite, des petites bandes de jeunes reconnaissables aux capuches et aux écharpes qui dissimulent leurs visages harcèlent le carré de tête où ont pris place les leaders syndicaux.
Mais c'est en fin de parcours, place de la République, que des heurts éclatent entre quelques dizaines de "casseurs" et le service d'ordre, qui parvient à repousser l'assaut à coups de bâton.
Alors que la foule des manifestants continue d'arriver sur la place, des heurts plus violents éclatent ensuite entre "casseurs" et forces de l'ordre.
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| Source: Reuters |







