![]() | La France a le culte de ses truands, morts ou vifsDimanche 07 Décembre - 14:18 Le cambriolage de la bijouterie Harry Winston, jeudi à Paris, hissé au rang de «casse du siècle», clôt une année 2008 riche en évocations du mythe du braqueur. Au cinéma, Jacques Mesrine a pris les traits de Vincent Cassel, alors que Jean-Paul Rouve retraçait l'épopée Spaggiari. Des bandits fascinants... |
Les Pink Panthers ont dévalé et les enquêteurs sont à leurs trousses. C'est la thèse en vogue après le casse record de la bijouterie Harry Winston, commis jeudi en fin d'après-midi, avenue Montaigne, à Paris. La valeur des biens dérobés est estimée à 85 millions d'euros. Le braquage du siècle, titre la presse française, devant la prouesse. Quinze petites minutes et puis s'en vont: les quatre bandits postichés n'ont pas fait usage de leurs armes. Aux «20 heures» des grandes chaînes de télévision, la France attablée, peu disposée à plaindre les «riches» en ces temps de triste conjoncture, a dû lever son verre à la santé des voleurs. Belle prise, messieurs! L'Euro Millions, à côté, c'est pour les gogos. Les Pink Panthers ne sont pas de la race des gogos. Cette multinationale du hold-up, composée, dit-on, de 150 à 200 membres presque tous issus d'ex-Yougoslavie, a déjà sévi à Tokyo, Saint-Tropez, Londres, Dubaï, Genève, Monaco... L'époque des grands casses franco-français, avec leur parfum de rillettes et de jambon-beurre, est bel et bien révolue. La fascination, elle, demeure.
Le cinéma sert la nostalgie sur un plateau
Le cinéma sert la nostalgie sur un plateau. Le réalisateur Jean-François Richet a tourné deux films pour raconter la vie - et la mort, en 1979 - de Jacques Mesrine, interprété par Vincent Cassel. La deuxième partie est sortie en novembre. Mesrine, pour ses admirateurs, était une sorte de Coluche avec des flingues, un contestataire narguant Giscard et sa police. Son ancien complice Michel Ardouin, dans un livre intitulé «Mesrine, mon associé» (éditions du Toucan), retouche le mythe.
Interviewé par le site LCI. fr, Ardouin reconnaît des qualités au truand disparu: «C'était un grand braqueur de banque, d'une rapidité d'esprit exceptionnelle. Il avait l'intuition.» Mais à côté de cela, «un jour de déchaînement de violence par mois, (...) il allait attaquer un président de Cour d'assises ou torturer un journaliste».
Antoine Menusier
Suite de l'article...
| Source: Le Matin |





