"L'enfant était inconscient, cyanosé, et avait la peau couverte d'hématomes, comme une peau de léopard, un bleu tous les cinq centimètres" lorsqu'il a été découvert par les secours dans l'appartement familial, a indiqué le docteur Christian Glace, médecin au SAMU de Strasbourg.
"Je n'avais jamais vu ça" auparavant, a indiqué le médecin qui s'est dit tellement choqué par la vue des tortures subies par l'enfant qu'il a dû consulter un psychanalyste pendant quatre mois pour "surmonter le traumatisme".
Le médecin se rappelle aussi l'aspect rangé des cassettes vidéo empilées contre le mur, contrastant fortement avec le tas d'immondices entassé sur 40 cm de haut sur le sol. La mère de l'enfant avait raconté qu'un de ses loisirs préférés était de regarder des cassettes.
L'autopsie du cadavre de Nicolas, mort peu après son admission à l'hôpital, a révélé que sa muqueuse gastrique portait les "signes d'un stress pré mortem, qui se voit lors d'une agonie assez longue", a précisé le Pr Bertrand Ludes, expert en médecine légale. Le décès est lié à des traumatismes crâniens très sévères qui ont atteint le centre respiratoire et entraîné perte de conscience et coma. La forte fièvre de l'enfant (plus de 40°) semble être due à sa déshydratation lors du mois d'août caniculaire de 2003.
Selon l'expert, les quatre accusés, Fernand Holzmann et son épouse Isabel, parents de Nicolas, l'oncle de l'enfant et sa grand-mère, Bruno et Marie-Thérèse Vieira, mentent quand ils maintiennent que Nicolas a dit "Bonjour Papa", le matin de sa mort et qu'il a pris un bain chaud tout seul.
Interrogés sur ces contradictions et sur leur part de responsabilité dans la mort de Nicolas, les quatre accusés n'ont fait que se rejeter la faute l'un sur l'autre, ou répéter: "je ne sais pas", ou "c'est possible", comme si aucun d'entre eux n'avait été acteur de la tragédie.
La grand-mère est même allée jusqu'à dire, après la projection des photos de l'enfant supplicié, que "ces images ne correspondaient pas à ses souvenirs".




