![]() | La terre sans l'homme, ou le paradis retrouvéDimanche 05 octobre - 11:33 Le journaliste Alan Weisman imaginait, il y a un an, ce que deviendrait la planète si l'humanité venait à disparaître. Flore et faune digéreraient très vite les constructions humaines, surtout récentes... Une salutaire leçon d'humilité, à l'heure où les jungles urbaines prolifèrent, et où les écosystèmes se détériorent |
Abandonnez votre résidence secondaire durant un an. A votre retour, vous serez déjà contraint de livrer une rude bataille contre les herbes, les ronces, les traces d'humidité, la poussière et les diverses bébêtes qui se seront approprié les lieux.
Cette expérience, le journaliste américain Alan Weisman, reporter au New York Times Magazine, entre autres, l'a poussée beaucoup plus loin, en extrapolant: la résidence secondaire - principale, devrait-on dire... - à savoir la Terre, est débarrassée du jour au lendemain des 6 milliards d'êtres humains qui la malmènent. Epidémie, suicide collectif, peu importe, l'hypothèse est celle-ci: combien de temps faudrait-il à la flore, à la faune, pour reprendre possession de la planète? Et combien d'années, de siècles, de millénaires, de millions d'années faudrait-il pour que disparaissent les traces de notre civilisation moderne, apparues, pour les plus durables et les plus nuisibles, depuis à peine plus d'un siècle?
Pérennité des matériaux nobles
Le constat d'Alan Weisman a certes été publié il y a un an, le constat n'en demeure pas moins valable, surtout si l'on tient compte de l'échelle temporale retenue, à savoir d'ici à la fin des temps... Un constat qui fait baisser le front: dans plusieurs dizaines de milliers d'années, seules les constructions d'autrefois, érigées dans des matériaux nobles (la pierre, oui) subsisteront, quand auront été digérées depuis longtemps les villes et mégapoles d'aujourd'hui, dont l'espérance de (sur)vie n'excède guère quelques siècles, en comptant large. Un avenir proche où «dans les décombres de Wall Street, une poignée de coffres résistent encore (...) avec de l'argent piqué d'humidité, mais en sûreté». Le journaliste le prouve, grâce à quelques laboratoires qu'il a visités: la ligne de démarcation entre les deux Corées, le long du 38e parallèle, le mont Aberdare au Kenya, isolé par une clôture électrifiée, ou la station balnéaire de Varosha, sur l'île de Chypre, sans parler des environs de Tchernobyl, autant de lieux brusquement coupés de tout, où il a pu observer à petite échelle la vigueur de la végétation, et la faiblesse des matériaux assemblés par l'humanité.
Ivan Radja
Suite de l'article...
| Source: Le Matin |









