![]() | Le calvaire taurin des fêtes de village divise l'EspagneMercredi 17 septembre - 16:02 Attention : images difficiles |
Ce matin, Valentón (le Courageux) connaîtra son ultime heure de gloire. Ou, selon le camp opposé, il subira une mort hideuse après d'atroces souffrances. Alors que des fanfares joueront des airs médiévaux, ce toro bravo de 550 kilos sera lâché dans les ruelles de Tordesillas, un village de Castille, où tous les coups sont permis contre lui, sauf de le tuer.
Tous les coups sont permis
Passé le pont et arrivé dans une vaste prairie, le pire l'attend : montés à cheval pour la plupart, armés de piques et de lances acérées, des dizaines d'hommes s'attaqueront à lui sans répit, trouant son corps autant que possible. Lorsque Valentón tombera à terre, à l'agonie, l'auteur du coup mortel aura «l'insigne honneur» de lui couper les testicules, et de les exhiber triomphalement dans la bourgade au bout d'une pique. La mairie lui décernera deux trophées : une décoration en or et une lance en fer forgé. mad.gif

Sur son site web, la municipalité vante une «grande tradition immémoriale», née au XVe siècle. Mais pour les défenseurs des animaux, la fête annuelle de Tordesillas, une bourgade de 8 400 âmes située près de Valladolid, est devenue le symbole de l'ignominie. «C'est la tradition la plus vile et barbare de tout le pays», affirme l'Association nationale pour la protection et le bien-être des animaux. Dimanche, ils étaient des dizaines de militants à protester contre cette pratique. «Honte sur Tordesillas», «La tradition, ce n'est pas la torture», pouvait-on lire sur les pancartes.
Affrontement
Chaque année, leur marche se heurte aux insultes des villageois. Mais cette fois-ci, jamais la pression n'a été aussi forte pour interdire cette mise à mort. En juin, des députés européens ont fustigé l'Espagne, «ses corridas et ses fêtes d'un autre âge». Venus de Madrid et Barcelone, les mouvements pro-animaux se radicalisent et n'hésitent plus à s'inviter aux fêtes de village, prêts à l'affrontement physique. Les médias aussi montent au créneau pour dénoncer la cruauté des 600 fêtes populaires annuelles où sont tués 60 000 taureaux.


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| Source: bellaciao.org |






