4 septembre 1870 proclamation de la 3e République
04 septembre 2008 - 22:34 #1
Depuis le 19 juillet 1870, la France est en guerre contre la Prusse. Mal préparée l'armée française est rapidement défaite par l'armée prussien et la capitale est encerclée. Napoléon III est fait prisonnier à Sedan le 2 septembre. Le régime impérial est déchu. Les républicains, menés par Gambetta, arrivent à mettre en place un gouvernement provisoire dit ''de défense nationale''. Ainsi le 4 septembre 1870, la République est proclamée du haut du balcon des Tuileries. Le général Trochu est à sa tête.
Mais la France est toujours en guerre contre la Prusse. Gambetta quitte Paris par ballon pour réorganiser la défense et le gouvernement décide de s'installer à Tours... mais trop tard. Il faut capituler devant l'armée prussienne. Cette capitulation n'est pas acceptée par Gambetta qui démissionne, ni par les parisiens qui ne comprennent pas le pourquoi de cette trêve alors que Paris tient toujours. La trêve est signée le 28 janvier 1871, les élections ont lieux le 08 février et la Commune parisienne commence le 18 mars pour se terminer le 28 mai.
Thiers est élu chef du pouvoir exécutif puis président de la République le 2 juillet.
En fait Thiers est assez fin politicien pour plaire aux républicains et aux monarchistes qui attendent le bon moment pour placer un roi. Ils ont un nom : le comte de Chambord. Mais celui-ci reste inflexible sur la question du drapeau. Il ne veut pas du tricolore et reste sur le drapeau blanc de la monarchie. Or cela n'est pas possible.
Tiers a la lourde tache de redresser la France après le désastre de la guerre, le règlement de la dette et endiguer la Commune. En 1873, c'est Mac-Mahon qui le remplace comme président pour 7 ans, délai qui d'après les monarchistes permettrait la disparition du comte de Chambord alors âgé, au profit de son successeur (d'où le septennat). Mais entre temps la République était bien installée et une royauté, jusqu'à ce jour parait improbable.
Mais la France est toujours en guerre contre la Prusse. Gambetta quitte Paris par ballon pour réorganiser la défense et le gouvernement décide de s'installer à Tours... mais trop tard. Il faut capituler devant l'armée prussienne. Cette capitulation n'est pas acceptée par Gambetta qui démissionne, ni par les parisiens qui ne comprennent pas le pourquoi de cette trêve alors que Paris tient toujours. La trêve est signée le 28 janvier 1871, les élections ont lieux le 08 février et la Commune parisienne commence le 18 mars pour se terminer le 28 mai.
Thiers est élu chef du pouvoir exécutif puis président de la République le 2 juillet.
En fait Thiers est assez fin politicien pour plaire aux républicains et aux monarchistes qui attendent le bon moment pour placer un roi. Ils ont un nom : le comte de Chambord. Mais celui-ci reste inflexible sur la question du drapeau. Il ne veut pas du tricolore et reste sur le drapeau blanc de la monarchie. Or cela n'est pas possible.
Tiers a la lourde tache de redresser la France après le désastre de la guerre, le règlement de la dette et endiguer la Commune. En 1873, c'est Mac-Mahon qui le remplace comme président pour 7 ans, délai qui d'après les monarchistes permettrait la disparition du comte de Chambord alors âgé, au profit de son successeur (d'où le septennat). Mais entre temps la République était bien installée et une royauté, jusqu'à ce jour parait improbable.
05 septembre 2008 - 08:47 #2
Magnifique compte rendu. ça fait toujours plaisir de voir que des gens s'intéressent à l'histoire. On notera également que la guerre franco allemande de 1870 a permis d'unir les derniers états allemands indépendants du sud à la Confédération de l'Allemagne du nord donnant naissance à l'Empire Allemand.
05 septembre 2008 - 20:26 #3
Attention... le mot "République" ne sera inscrit dans la Constitution qu'en 1875 avec l'amendement Wallon, qui stipule que "le président de la République est élu pour 7 ans".
Jusque là, le mot est soigneusement évité, tabou... les Monarchistes étant majoritaires aux assemblées.
Jusque là, le mot est soigneusement évité, tabou... les Monarchistes étant majoritaires aux assemblées.
05 septembre 2008 - 23:50 #4
La IIIème république est instaurée à une voix de majorité (seulement UNE voix).
Dans un premier temps, cette république sera quelque peu chaotique :
- Le Parlement contrôle le gouvernement et les ministres, et bénéficie de la primauté juridique.
- Contrairement aux Etats-Unis et à l'Angleterre, il n'existe, en France, aucun parti politique organisé.
- Hostilité entre monarchistes et républicains d'un côté, et modérés et radicaux de l'autre.
- Problèmes économiques, sociaux, démographiques et crise nationale (le peuple n'a pas digéré l'humiliation prussienne et souhaite une revanche).
- N'oublions pas la crise Boulangiste et l'affaire Dreyfus...bienvenue en république!
Dans un premier temps, cette république sera quelque peu chaotique :
- Le Parlement contrôle le gouvernement et les ministres, et bénéficie de la primauté juridique.
- Contrairement aux Etats-Unis et à l'Angleterre, il n'existe, en France, aucun parti politique organisé.
- Hostilité entre monarchistes et républicains d'un côté, et modérés et radicaux de l'autre.
- Problèmes économiques, sociaux, démographiques et crise nationale (le peuple n'a pas digéré l'humiliation prussienne et souhaite une revanche).
- N'oublions pas la crise Boulangiste et l'affaire Dreyfus...bienvenue en république!
06 septembre 2008 - 10:14 #5
Belizarius, le vendredi 05 septembre 2008 à 21:26, dit :
Attention... le mot "République" ne sera inscrit dans la Constitution qu'en 1875 avec l'amendement Wallon, qui stipule que "le président de la République est élu pour 7 ans".
Jusque là, le mot est soigneusement évité, tabou... les Monarchistes étant majoritaires aux assemblées.
Jusque là, le mot est soigneusement évité, tabou... les Monarchistes étant majoritaires aux assemblées.
normal. Les débuts de la IIIe République furent chaotiques. Comme je l'ai précisé, une restauration n'était pas impossible dans l'esprit des politiciens (7 ans de réflexion
Valtesse, le samedi 06 septembre 2008 à 00:50, dit :
La IIIème république est instaurée à une voix de majorité (seulement UNE voix).
Dans un premier temps, cette république sera quelque peu chaotique :
- Le Parlement contrôle le gouvernement et les ministres, et bénéficie de la primauté juridique.
- Contrairement aux Etats-Unis et à l'Angleterre, il n'existe, en France, aucun parti politique organisé.
- Hostilité entre monarchistes et républicains d'un côté, et modérés et radicaux de l'autre.
- Problèmes économiques, sociaux, démographiques et crise nationale (le peuple n'a pas digéré l'humiliation prussienne et souhaite une revanche).
- N'oublions pas la crise Boulangiste et l'affaire Dreyfus...bienvenue en république!

Dans un premier temps, cette république sera quelque peu chaotique :
- Le Parlement contrôle le gouvernement et les ministres, et bénéficie de la primauté juridique.
- Contrairement aux Etats-Unis et à l'Angleterre, il n'existe, en France, aucun parti politique organisé.
- Hostilité entre monarchistes et républicains d'un côté, et modérés et radicaux de l'autre.
- Problèmes économiques, sociaux, démographiques et crise nationale (le peuple n'a pas digéré l'humiliation prussienne et souhaite une revanche).
- N'oublions pas la crise Boulangiste et l'affaire Dreyfus...bienvenue en république!
en fait le premier gouvernement était à majorité royaliste, d'où l'élection de Thiers au pouvoir exécutif puis de Mac-Mahon. Quant à Boulanger.... no comment
07 septembre 2008 - 14:45 #6
Le désordre régnant ne peut être imputé à la majorité monarchiste mais plutôt aux dissensions sévissant d'une part, entre monarchistes modérés et monarchistes paternalistes, d'autre part entre républicains modérés et républicains conservateurs, mais aussi (et surtout) entre monarchistes et républicains, obligés de se partager le pouvoir.
Le comte de Chambord souhaitait une monarchie paternaliste, tandis que le comte de Paris lui préférait une monarchie constitutionnelle.
La décision de Thiers qui, en 1873, décida de se rallier à la république (alors qu'il était, à la base, Orléaniste), ne fit que choquer ses électeurs (on le serait à moins...) qui virent en cela la traîtrise la plus infâme.
13 novembre 1873, à l'Assemblée des députés :
"Avec l'ordre, nos ateliers se sont rouverts, les bras ont repris leur activité, les capitaux sont revenus vers nous, le calme a reparu avec le travail et déjà la France relève la tête, et, chose plus surprenante encore! une forme de gouvernement, qui d'ordinaire la troublait profondément, commence à entrer peu à peu dans les habitudes . Les événements ont donné la République, et remonter à ses causes pour les discuter et pour les juger serait aujourd'hui une entreprise aussi dangereuse qu'inutile. La République existe, elle sera le gouvernement légal du pays, vouloir autre chose serait une nouvelle révolution et la plus redoutable de toutes. Ne perdons pas notre temps à la proclamer, mais employons-le à lui imprimer ses caractères désirables et nécessaires. Une commission nommée par vous il y a quelques mois lui donnait le titre de République conservatrice. Emparons-nous de ce titre et tâchons surtout qu'il soit mérité. Tout gouvernement doit être conservateur, et nulle société ne pourrait vivre sous un gouvernement qui ne le serait point. La République sera conservatrice ou ne sera pas. La France ne peut pas vivre dans de continuelles alarmes."
émile Pouget, Almanach du Père Peinard, 18 septembre 1898 :
Marianne la Salope
"Ah, quand viendra la Belle ? Voilà des mille et des cent, Que Jean Guétré t'appelle République des Paysans!
Ainsi goualait, il y a une kyrielle d'années, Pierre Dupont, un bon bougre de chansonnier.
Et le populo reprenait au refrain !
Tous les gas qui avaient le "Pouvoir" dans le nez soupiraient après la République.
Elle vint, la "République", en 1848 ; mais elle ne fit que passer et on n'eut pas le temps de se rendre suffisamment compte de quoi il retournait. Sur le moment, les pétrousquins, aussi bien que les gas des villes, avaient eu confiance en elle: ils s'imaginaient que ce mot magique signifiait un nouvel alignement social.
Ce fut une déception! Quoique ça, l'épreuve n'était pas suffisante.
Quand Badingue eut réussi son coup d'état et qu'il fallut du pognon, beaucoup de pognon, pour goberger la vermine impériale, le mot "république" rayonna à nouveau.
Les impôts tombaient, dru comme grêle, sur le casaquin du populo. Aussi, chacun ruminait et songeait que si la république venait, ça changerait : foutre bas l'empire et coller à sa place une société galbeuse avec le bricheton assuré et la liberté à la clé...
C'est l'idée qu'en ces temps-là, on se faisait de la république.
Aussi, quand l'empire croula ce fut une sacrée jubilation : on allait vivre enfin, la Belle était en route!
Je t'en fous ! Elle s'est bien amenée - mais quelle garce. Au lieu de la Marianne de ses rêves, le populo a vu une affreuse pétasse réservant ses caresses à tous les charognards de la haute.
Banquiers, frocards, chats-fourrés et porte-rapière sont devenus ses clients les plus gobés et c'est avec bougrement de plaisir que cette goton les reçoit dans son plumard."
C'est dit!
Le comte de Chambord souhaitait une monarchie paternaliste, tandis que le comte de Paris lui préférait une monarchie constitutionnelle.
La décision de Thiers qui, en 1873, décida de se rallier à la république (alors qu'il était, à la base, Orléaniste), ne fit que choquer ses électeurs (on le serait à moins...) qui virent en cela la traîtrise la plus infâme.
13 novembre 1873, à l'Assemblée des députés :
"Avec l'ordre, nos ateliers se sont rouverts, les bras ont repris leur activité, les capitaux sont revenus vers nous, le calme a reparu avec le travail et déjà la France relève la tête, et, chose plus surprenante encore! une forme de gouvernement, qui d'ordinaire la troublait profondément, commence à entrer peu à peu dans les habitudes . Les événements ont donné la République, et remonter à ses causes pour les discuter et pour les juger serait aujourd'hui une entreprise aussi dangereuse qu'inutile. La République existe, elle sera le gouvernement légal du pays, vouloir autre chose serait une nouvelle révolution et la plus redoutable de toutes. Ne perdons pas notre temps à la proclamer, mais employons-le à lui imprimer ses caractères désirables et nécessaires. Une commission nommée par vous il y a quelques mois lui donnait le titre de République conservatrice. Emparons-nous de ce titre et tâchons surtout qu'il soit mérité. Tout gouvernement doit être conservateur, et nulle société ne pourrait vivre sous un gouvernement qui ne le serait point. La République sera conservatrice ou ne sera pas. La France ne peut pas vivre dans de continuelles alarmes."
émile Pouget, Almanach du Père Peinard, 18 septembre 1898 :
Marianne la Salope
"Ah, quand viendra la Belle ? Voilà des mille et des cent, Que Jean Guétré t'appelle République des Paysans!
Ainsi goualait, il y a une kyrielle d'années, Pierre Dupont, un bon bougre de chansonnier.
Et le populo reprenait au refrain !
Tous les gas qui avaient le "Pouvoir" dans le nez soupiraient après la République.
Elle vint, la "République", en 1848 ; mais elle ne fit que passer et on n'eut pas le temps de se rendre suffisamment compte de quoi il retournait. Sur le moment, les pétrousquins, aussi bien que les gas des villes, avaient eu confiance en elle: ils s'imaginaient que ce mot magique signifiait un nouvel alignement social.
Ce fut une déception! Quoique ça, l'épreuve n'était pas suffisante.
Quand Badingue eut réussi son coup d'état et qu'il fallut du pognon, beaucoup de pognon, pour goberger la vermine impériale, le mot "république" rayonna à nouveau.
Les impôts tombaient, dru comme grêle, sur le casaquin du populo. Aussi, chacun ruminait et songeait que si la république venait, ça changerait : foutre bas l'empire et coller à sa place une société galbeuse avec le bricheton assuré et la liberté à la clé...
C'est l'idée qu'en ces temps-là, on se faisait de la république.
Aussi, quand l'empire croula ce fut une sacrée jubilation : on allait vivre enfin, la Belle était en route!
Je t'en fous ! Elle s'est bien amenée - mais quelle garce. Au lieu de la Marianne de ses rêves, le populo a vu une affreuse pétasse réservant ses caresses à tous les charognards de la haute.
Banquiers, frocards, chats-fourrés et porte-rapière sont devenus ses clients les plus gobés et c'est avec bougrement de plaisir que cette goton les reçoit dans son plumard."
C'est dit!
Ce message a été modifié par Valtesse - 15 septembre 2008 - 22:35.
07 septembre 2008 - 14:49 #7
Moi j'aime bien Boulanger. Je suis sensible à sa volonté de rassembler derrière un mot d'ordre clair et précis, et surtout au fait qu'il a osé passer à l'action militaire pour défendre ses idées.
Dommage qu'il ait merdé.
Dommage qu'il ait merdé.
07 septembre 2008 - 15:34 #8
Boulanger était un sacré lascar : il avait réussi, en profitant du chaos régnant, à rallier le peuple à sa cause. Il ne fit qu'accentuer la crise politique mettant à mal la IIIème république.
Des partisans de tout bord surgissaient :
- des monarchistes qui voyaient là un moyen de déstabiliser un peu plus la république et de pouvoir ainsi, favoriser une restauration
- des radicaux qui approuvent son discours social
- des anciens communards de gauche souhaitant une revanche face aux Prussiens
- des nationalistes désireux de renverser le Parlement
Il aurait pu prendre le pouvoir, en 1889, fort de son succès aux élections (les 3/5 des électeurs ont voté pour le Général), mais il choisit (probablement après conseil de sa maîtresse, Marguerite de Bonnemains) de se dérober.
Ce fut le début de la fin pour celui que l'on surnommait "le Général Revanche".
Condamné à la déportation, après une parodie de justice, le "brav' Général" se suicida sur la tombe de sa maîtresse, à Bruxelles, le 30 septembre 1891.
Clémenceau dira de lui : " Il est mort comme il a vécu, en sous-lieutenant!"
" Mon épée inquiétait les Républicains, ils me l'ont retirée. Et les voilà plus inquiets qu'à l'époque où je la portais encore." (Le Général Boulanger)
Des partisans de tout bord surgissaient :
- des monarchistes qui voyaient là un moyen de déstabiliser un peu plus la république et de pouvoir ainsi, favoriser une restauration
- des radicaux qui approuvent son discours social
- des anciens communards de gauche souhaitant une revanche face aux Prussiens
- des nationalistes désireux de renverser le Parlement
Il aurait pu prendre le pouvoir, en 1889, fort de son succès aux élections (les 3/5 des électeurs ont voté pour le Général), mais il choisit (probablement après conseil de sa maîtresse, Marguerite de Bonnemains) de se dérober.
Ce fut le début de la fin pour celui que l'on surnommait "le Général Revanche".
Condamné à la déportation, après une parodie de justice, le "brav' Général" se suicida sur la tombe de sa maîtresse, à Bruxelles, le 30 septembre 1891.
Clémenceau dira de lui : " Il est mort comme il a vécu, en sous-lieutenant!"
" Mon épée inquiétait les Républicains, ils me l'ont retirée. Et les voilà plus inquiets qu'à l'époque où je la portais encore." (Le Général Boulanger)
07 septembre 2008 - 15:46 #9
De plus il proposait un truc cohérent, hérité du bonapartisme dont il était un tenant.
Bref, le général revanche aurait été une bonne alternative à la ripoublique. On envoie pas l'armée contre un ennemi insignifiant.
Bref, le général revanche aurait été une bonne alternative à la ripoublique. On envoie pas l'armée contre un ennemi insignifiant.
07 septembre 2008 - 16:02 #10
Il était gênant car dangereux pour les républicains.
Bah, c'était un militaire, ne l'oublions pas!
Entre lui et les républicains, mon choix eut été vite pris, cela dit.
Mais entre le Comte de Chambord et le Général...aucune hésitation possible!
Bah, c'était un militaire, ne l'oublions pas!
Entre lui et les républicains, mon choix eut été vite pris, cela dit.
Mais entre le Comte de Chambord et le Général...aucune hésitation possible!



