![]() | Autopsie d'un conflitDimanche 31 Août - 21:57 Sur les hauteurs de Tskhinvali, "capitale" de l'Ossétie du Sud, la base du bataillon des forces russes de "maintien de la paix" n'est plus que ruine. Les bâtiments où logeaient les soldats, l'unité médicale et les bureaux ont été les premières cibles de l'armée géorgienne lors de son offensive contre la province rebelle, dans la nuit du 7 au 8 août. |
Qui a tiré le premier ? Le capitaine Vladimir Ivanov, commandant adjoint du contingent mixte (russe et géorgien) "de paix", est formel : "Les premiers tirs géorgiens ont été déclenchés le 7 au soir, à 23 h 30. Ils ont tiré à l'arme lourde, aux lance-roquettes et lance-grenades, aux obus de 122 mm et de 152 mm. Les tanks T72 situés sur les hauteurs visaient la ville et notre bataillon. A 6 heures, l'assaut a commencé. Les soldats venaient de trois directions différentes : des villages (géorgiens en Ossétie du Sud) de Tamaracheni, Ergneti et Nikosi. A 9 heures, l'aviation géorgienne est venue en soutien."
Pour comprendre, il faut avoir à l'esprit la topographie de l'Ossétie du Sud, l'enchevêtrement de villages ossètes et géorgiens, imbriqués les uns dans les autres. Les deux communautés vivent côte à côte mais dans la méfiance. Le discours est invariable : le fanatique, c'est toujours l'autre... Marqué par les fractures religieuses et ethniques, soumis aux jeux des alliances entre les grandes puissances, le Caucase, la "montagne des peuples", est une zone instable où les braises des conflits passés ne demandent qu'à être ravivées.
Marie Jégo, avec Alexandre Billette, Natalie Nougayrède, Sophie Shihab et Piotr Smolar
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| Source: LE MONDE | 30.08.08 |




