
Premier dîner : attention, terrain miné, risque de le voir terminé et parcours sans faute imposé. Attention à certains comportements rédhibitoires. En droit, "un vice rédhibitoire rend un bien impropre à l'usage auquel on le destine"¿ Trop distrait, sans-gêne, gaffeur, goujat, radin¿ Il et elle témoignent¿
Elle raconte "Il était distrait"

On s'était rencontré chez des amis. Je m'étais pomponnée pour ce premier tête-à-tête, bien coiffée, maquillée, changée trois fois avant de choisir la couleur qui irait le mieux avec mes cheveux blonds. J'arrive au restaurant.
"Bonsoir ! Tiens, j'attendais une brune¿"
Distrait, farceur ou goujat ? Qu'est-ce que je fais, je m'en vais ?
"Alors je m'en vais ?"
"Non, non, excusez-moi, je ne suis pas observateur, j'ai le souvenir d'une jolie brune¿"
La distraction a des limites !
Il raconte "Elle était ascète¿"

J'avais choisi un bon restaurant. Au moment de commander, elle commença à minauder devant la carte :
"Oh, vous savez je mange très peu¿"
Le garçon l'encouragea :
"Nous avons des plats très légers, comme la salade d'écrevisses à la coriandre."
"Non, je vous remercie, je prendrai une salade verte, suivie d'un poisson poché¿"
Cela me gâcha le plaisir de déguster mon foie gras en brioche. Et de commenter le vin : elle ne buvait que de l'eau. Cela m'a douché. Triste s¿ur¿
Cela n'augurait ni joie de vivre, ni goût pour les plaisirs gourmands, quels qu'ils soient.
Elle raconte "Il était radin¿"

Moment délicat : la commande. Il attaque :
"Le premier menu, avec vin et café compris, me semble parfait."
J'ai pas le choix !
Ou bien il propose :
"Qu'est-ce que qui vous ferait plaisir ?"
"Je prendrais bien quelques huîtres¿"
"Moi aussi. Six à nous deux, cela vous va ?"
A la fin du repas, il pousse l'addition sur la table entre nous, imposant le partage.
Pour un premier dîner, proposé par lui, il aurait tout de même pu m'inviter, en choisissant un restaurant dans ses prix¿
Il raconte "Elle était sinistre¿"

Après une journée de boulot stressante, je me réjouissais d'une soirée de détente. J'attaque, jovial :
"Alors, comment allez-vous depuis que nous nous sommes rencontrés ?"
"Mal ¿"
Et comme un chapelet de saucisses mal intentionnées, elle me débite un à un tous ses soucis : son engueulade avec son chef de service, ses problèmes avec son ex-mari, son redressement d'impôts, la fuite de sa machine à laver, le cancer de sa soeur, les avantages comparés de l'inhumation et de l'incinération¿ N'en jetez plus !
Je suis sorti de ce dîner cassé, en mal d'appétit et de joie de vivre.
Elle raconte "Il était bavard¿"

Le premier dîner sert à faire connaissance. Mais pour ça, il faut échanger.
Il sert le premier et ne lâchera jamais la balle :
"Je dirige un service de crédit¿ J'adore les peintres flamands¿ Je trouve cette blanquette délicieuse¿ Je viens de lire le dernier Pennac¿"
J'attends "Et vous ?" en vain. Je suis réduite au rôle de magnétophone : je dois l'écouter et si possible enregistrer. Aucune question sur ma petite personne, sur ce que je fais, ce qui m'intéresse¿
La conversation à sens unique, non seulement ça lasse, mais ça promet peu d'écoute et d'attention.
Il raconte "Elle était professionnelle"

"Et vous, qu'est-ce que vous faites ?"
J'avais posé la question banale, histoire de lancer la conversation. Que n'avais-je pas fait ! J'ai eu droit à tout le récapitulatif, dans les moindres détails : sa licence en sciences éco, le sujet de son mémoire, son premier job, le second, le troisième, l'actuel, avec l'importance de ses responsabilités, les effectifs de son équipe et la haute estime de ses supérieurs¿ La froideur glacée de la business woman ! J'ai eu l'impression de continuer ma journée de travail. Elle a dû confondre ce dîner avec un entretien d'embauche.
Je ne l'ai pas engagée.
Elle raconte "Il était ennuyeux¿"

C'est comme un film qui commence mal, on se dit que ça démarre lentement, mais que ça va s'arranger. Pas toujours¿
"L'exonération des charges sur les heures supplémentaires, la stratégie géopolitique des émirats, le rôle de la cédille dans les langues moldaves, les conséquences de la révocation de l'Edit de Nantes, la baisse imprévue des actions Areva, la notion de gai savoir chez Nietzche Tout y est passé.
A hurler de rire ! Il sait certainement beaucoup de choses, mais trop c'est trop. Et la légèreté, connaît pas.
La vie est trop courte pour s'ennuyer.
Il raconte "Elle était artificielle¿"

Je me souvenais d'une fille plutôt naturelle. Je me suis retrouvée devant une poupée Barbie, apprêtée, habillée et maquillée comme un sapin de Noël. Positif, je me suis dit : elle s'est donné du mal pour me plaire, c'est sympa. Mais c'est devenu horripilant : pendant le dîner, elle m'écoutait à peine, me répondait distraitement, tant elle était obnubilée par son look : elle se regardait dans la lame de son couteau, se remettait du rouge à lèvres entre chaque plat, se recoiffait à table. Je ne l'avais pas invitée à un casting de mannequin.
J'aurais aimé dîner avec une personne authentique.
Elle raconte "Il était grossier¿"

Son regard insistant sur mon décolleté devenait gênant, jusqu'au commentaire :
"Dites-moi, avec un décolleté comme ça, vous devez attirer du monde au balcon !"
Il le dit si fort que nos voisins de table pouffent dans leur assiette, ce qui leur vaut un regard complice de l'orateur, content de sa sortie.
Ensuite, il n'arrête pas de faire des réflexions égrillardes sur des femmes présentes dans le restaurant: "Eh ben pour celle-là, faudrait que je me force¿ " ou "Avec une tête pareille, elle doit pas le faire souvent !"
En tout cas avec lui, jamais !
Il raconte "Elle était entreprenante¿"

La danse de séduction a commencé au hors d'oeuvre : elle frôlait avec insistance ma jambe sous la table. Au plat de résistance, elle me prenait la main. Au dessert, elle me tendait ses lèvres. Au café, elle m'invitait à prendre un dernier verre chez elle. Sans être vieux jeu, j'ai trouvé ça un peu rapide. J'aime bien sentir que je plais à une femme, mais si c'est suggéré avec subtilité. J'apprécie une certaine réserve, nimbée de mystère.
J'ai le sens de la conquête, j'aime courtiser une femme qui se laisse désirer, avec l'incertitude du résultat.
C'était raté !
Elle raconte "Il était goujat"

Son téléphone portable sonne au milieu du repas. Il répond et la conversation dure plusieurs minutes.
Je m'attendais à ce qu'il s'excuse. Pas du tout ! Il le laisse allumé et le pose sur la table. Charmant¿ pour moi, comme pour nos voisins.
A la sortie du restaurant, il termine en beauté :
"Bon, ben je vous laisse. C'était sympa. A bientôt, je vous rappelle¿"
Et moi, je rentre comment ? Il ne lui vient pas à l'idée de me raccompagner, ne serait-ce qu'à ma voiture. Sans exiger le baise-main, on peut tout de même attendre un minimum d'égards. Sûrement pas de celui-là !
Il raconte "Elle était sans gêne¿"

Quand elle a choisi direct le menu le plus cher, j'ai trouvé que cela manquait un peu de délicatesse. Cette première impression s'est confirmée : elle a pioché dans mon assiette pour goûter mon plat, qu'elle a trouvé meilleur et qu'elle a voulu échanger avec le sien, qui ne me disait rien.
Elle a réclamé une autre bouteille de vin au dessert. Elle a allumé un petit cigare alors que nous étions dans un coin non fumeur.
Quand enfin elle m'a demandé si je pouvais garder son chien le week-end suivant, j'ai annoncé que je partais à l'étranger pour trois mois.
Courage, fuyons !
Elle raconte "Il était gaffeur"

A table, il enchaîne les compliments :
"éa vous va bien le rouge à lèvres, vous ne devez pas en mettre souvent ?"
Comment a-t-il deviné ? La seule fois où on s'est vu, c'était à une soirée et justement, j'en portais. Est-ce que ça veut dire que ce soir, je l'ai mal mis et ça bave ?
"J'adore vos petites rides au coin des yeux."
Adroit, de me parler de mes rides !
"Vous savez, j'aime les femmes qui ont peu de poitrine, comme vous.
Et moi qui croyais que le Wonderbra me faisait un décolleté flatteur¿"
Trop maladroit, celui-là !
Il raconte "Elle était négligée¿"

Pour me montrer sous mon meilleur jour, j'étais passé chez moi me changer en rentrant du bureau. Douché, rasé de près, cravaté, je voulais lui faire bonne impression. Elle est arrivée le cheveu en berne, le maquillage fatigué, mal fagotée, pas soignée. Quand j'ai monté derrière elle l'escalier du restaurant, j'ai vu qu'elle avait stoppé au vernis l'échelle de son collant filé. Et quand elle a posé les mains sur la table, ses ongles n'étaient pas nets. Pas très sexy, tout ça ! Je n'aurais pas été fier de la présenter à des amis.
Je ne l'ai jamais réinvitée.
article femmesplus.fr
Dîner en amoureux des forumeurs et forumeuses (vous pouvez m'envoyer vos récits par mp )
En exclusivité une personne (dont je tairais le pseudo m'a écris son premier dîner en amoureux.... je l'ai trouvé excellent)
Récit n°1 :
Je viens te raconter ici le 1° dîner amoureux de............... avec celui qui deviendra plus tard son mari !
Nous avions auparavant dîné plusieurs fois au resto, mais toujours avec des amis ( donc, ça ne compte pas
Je me lance et je l'invite à venir à la maison un samedi soir vers 20h ! Je ne bossais pas ce jour-là, donc la veille je cherche des recettes, patati patata et je me fais ma petite liste de courses à faire le lendemain !
Et crac, à 22h le vendredi soir, ma chef m'appelle pour me dire qu'il fallait que je vienne bosser le lendemain de 6h30 à 18h30. Horreur, malheur !
Bref, le lendemain je vais bosser, je rentre vers 19h. Plus qu'une heure pour faire le grand ravalement de printemps... A 20h, mon amoureux arrive, je lui explique mes déboires... J'enfourne le gratin et on commence à boire l'apéro...
Et ce qui devait arriver arriva !
Mais avec tout ça, c'est que moi j'en avais oublié le gratin !
Mais le seul problème, c'est que dans mon coin, à 1 h du matin, t'as plus un resto d'ouvert, même le samedi !
Nous avons donc, pour notre 1° dîner amoureux, mangé dans la voiture des sandwich-club achetés à la station-service du coin !
Merci pour avoir partagé ce moment lol ......
Ce message a été modifié par lore - 19 juin 2008 - 09:23.



