![]() | LYNCHAGE EN FAMILLELundi 31 mars - 21:29 Les arbitres sont-ils plus nuls que les journalistes qui les exécutent jour après jour? Un riche week-end confirme que la traditionnelle démolition des hommes au sifflet a dégénéré en hystérie collective. |
En 2007-2008, le nombre des fautes d'arbitrage fantasmées a largement dépassé celui des fautes d'arbitrage "réelles" ¿ aussi nombreuses ont été ces dernières. Ce début d'année 2008 a même battu des records: hallucinations de commentateurs, jugements définitifs dans le direct que les ralentis ne font pas contredire, contestation systématique de chaque décision, polémiques incessantes, pleurnichages de joueurs et autres membres de club, organisation de bûcher... (1)
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Il ne s'agit pas, justement, de trancher dans un sens ou dans l'autre, mais bien de rappeler que les actions soumises aux arbitres (et à tout le monde, désormais, à coups de ralentis) sont par nature interprétables, ambivalentes. Or, les controverses maladives sur l'arbitrage ont pour effet une vision incroyablement simpliste du football, hémiplégique, ici placée sous le régime du Yapéno / Yapapéno. Les actions, les matches, le football lui-même est "discutable", c'est ce qui fait son charme. Mais là, on ne discute plus depuis longtemps, on juge et on exécute. Les journalistes les plus visibles incarnent une justice expéditive et obsessionnelle entièrement consacrée aux arbitres. Une justice qui s'épargne toute instruction à décharge et qui ne laisse aucun avocat pénétrer dans le prétoire. "Faites exécuter l'accusé", tel est le préambule de nos greffiers.
Jérôme Latta
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| Source: Cahiers du Football |




