![]() | Quai Conti, la mort aux troussesVendredi 08 Février - 13:39 Double élection cet après-midi à l'Académie française, dont les rangs s'éclaircissent plus vite qu'on ne parvient à les combler. |
La première fois qu'il a participé à un vote de l'Académie française, Paul Claudel, élu en 1946, s'est enthousiasmé : «C'est très amusant ces élections : on devrait en faire plus souvent !» Quelqu'un lui fit alors remarquer que, pour qu'il y ait élection, il fallait qu'il y ait décès d'un confrère. «Ah oui, c'est bien embêtant», dut convenir Claudel. L'auteur du Soulier de satin s'amuserait beaucoup aujourd'hui ; on vote à tour de bras chez les Immortels parce qu'on y meurt beaucoup : neuf décès en dix-huit mois ! Un chiffre élevé pour une assemblée qui ne compte que quarante membres lorsqu'elle est au complet.
Hélène Carrère d'Encausse, «le» (elle y tient) secrétaire perpétuel, veut prendre les choses avec philosophie : «Ce n'est pas exceptionnel qu'on meure ici, j'ai calculé que, depuis la création de l'Académie française [en 1635 par le cardinal de Richelieu, ndlr], il y a eu en moyenne deux décès par an.» Il n'en reste pas moins que les rangs de la Compagnie s'éclaircissent plus vite qu'on ne parvient à les combler. Au point que les académiciens doivent mettre les bouchées doubles : cet après-midi, ils grouperont deux élections pour tenter de garnir d'un coup les fauteuils de Bertrand Poirot-Delpech et Henri Troyat. Et si des successeurs sont élus (ce qui n'est pas assuré), quatre fauteuils resteront vacants : ceux de René Rémond, Jean-Marie Lustiger, Pierre Messmer et Pierre Moinot.
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| Source: Libération |




