Au regard du cycle de l'eau, il est clair que de telles pollutions génétiques sont amenées à se diffuser, à se concentrer à certains endroits, ou à se disperser sur un espace très vaste, bien au-delà des possibilités de dissémination par le biais des pollens, évoquées pour les réflexions concernant les contaminations croisées de cultures.
L'utilisation intensive d'OGM et une pratique agricole généralisée de telles techniques à grande échelle devraient donc conduire à une pollution génétique des réserves d'eau mondiales, qui n'épargnera aucun endroit de la planète.
Quelles peuvent être les conséquences de la présence de séquences d'ADN génétiquement modifié en quantité importante dans la nature et acheminées par l'eau ? Il suffit de se rappeler qu'un virus est une parcelle d'ADN enrobée d'une capsule (protéine) et l'on peut deviner que la culture intensive d'OGM est un terrain de risques très importants d'élaboration de nouveaux virus que l'homme n'a jamais eu à affronter jusqu'alors.
Il me semble qu'il est extrêmement grave et inconséquent de négliger cela dans les débats publics, où l'on ne parle que de risques économiques de contamination de culture à culture. Le rapport n°2254 sur les enjeux des essais et de l'utilisation des organismes génétiquement modifiés (5) ne semble pas du tout prendre en compte ces faits, alors que dans ce même rapport (tome 2), Mme Muriel Mambrini, chercheuse au Laboratoire de génétique des poissons au centre INRA de Jouy-en-Josas, rappelle l'existence de transferts naturels d'ADN en citant l'exemple des virus :
Les virus sont constitués d'une information génétique encapsulée dans une membrane leur permettant d'aller d'une cellule à une autre. Ils n'ont pas la compétence de synthétiser leurs protéines et injectent leur information génétique dans une cellule hôte afin qu'elle synthétise pour eux les protéines dont ils ont besoin. Ces protéines permettent l'encapsulation de leur matériel génétique, donc la production de particules virales qui iront infecter d'autres cellules. Certains virus sont capables de faire intégrer leur ADN dans l'ADN de l'hôte afin qu'il y ait une synthèse plus efficace.
Ces informations très importantes doivent être prises en compte avant toute dissémination volontaire à échelle mondiale des organismes génétiquement modifiés dans la pratique agricole, et des recherches à long terme plus approfondies devraient donc être menées dans des conditions sécuritaires de confinement avant toute pratique agricole de telles technologies.
Ce message a été modifié par martienne - 11 juillet 2007 - 12:39.




