Le bouclier anti missiles US Pourquoi comment
21 juin 2007 - 03:14 #1
Le déploiement
d'une défense antimissile
renforce la liberté d'action
des Etats-Unis.
Date : 07 Jan 2003 21:33:02 -0000
29 décembre 2002
En décidant de mettre sur pied une capacité antimissile initiale dès 2004, le président George W. Bush applique l'un des piliers de la nouvelle stratégie américaine : le renouvellement de la
dissuasion. Le bouclier ainsi déployé rend du même coup plus probable l'utilisation d'armes nucléaires par les Etats-Unis eux- mêmes.
Analyse.
Le 17 décembre dernier, le 43e président US a ordonné au Secrétaire à la Défense de mettre sur pied une capacité initiale de défense antimissile pour 2004 et 2005, en utilisant des intercepteurs terrestres et maritimes, de nouveaux missiles sol-air Patriot et des capteurs déployés sur terre, dans l'espace ou en mer. Quelques mois après avoir dénoncé le traité ABM interdisant la mise au point d'une telle défense, l'administration Bush a donc confirmé sa volonté de transformer la stratégie nationale de sécurité américaine et de renforcer ses capacités aussi bien de protection que de dissuasion.
Malgré l'intention affichée de déployer des systèmes évolutifs, c'est bel et bien la décision de mettre en oeuvre le programme de défense antimissile national (National Missile Defense, NMD) qui a été prise.
«... A moyen et long terme, la problématique de la protection antimissile fera certainement partie des nouveaux équilibres à atteindre. »
Les réactions dans le monde, à l'exception notable de la Grande- Bretagne, de la Corée du Sud et du Japon, ont été sans surprise plutôt négatives. Avec la prolifération de plus en plus évidente des technologies nucléaire et missilière, toutefois, chaque gouvernement
est désormais amené à s'interroger sur la nécessité d'une telle défense. Les équilibres stratégiques fondés sur la destruction mutuelle assurée ont été bouleversés par l'émergence
d'Etats "voyous" et de structures non étatiques recherchant la capacité de frappe atomique ; à moyen et long terme, la problématique de la protection antimissile fera certainement partie
des nouveaux équilibres à atteindre. Dans le cadre d'un théâtre régional comme le Moyen-Orient, son rôle a clairement été souligné durant la Guerre du Golfe, et la mise en service par Israël de 2 batteries d'intercepteurs antimissiles Arrow 2, ces derniers mois, en montre l'actualité.
Capacité complète entre 2010 et 2015
Contrairement à ce que nombre de commentateurs affirment souvent, le programme NMD ne trouve pas ses origines dans la Strategic Defense Initiative lancée par Ronald Reagan en 1984, même si celle- ci visait également à renouveler la dissuasion de toute frappe nucléaire intercontinentale. En fait, c'est en 1946 déjà que l'US Army Air Corps ¿ qui allait former l'US Air Force l'année suivante ¿ a commencé à étudier la faisabilité d'un système de défense
antimissile, après la découverte en Allemagne des plans d'un missile pouvant atteindre New York. L'idée n'a d'ailleurs jamais été l'apanage des Etats-Unis, et en 1962 l'Union Soviétique disposait d'un système de défense antimissile nommé Galosh, alors même que leurs rivaux américains procédaient aux premiers tests de l'intercepteur Zeus. Mais c'est bel et bien sous l'ère Reagan que sera créée la Strategic Defense Initiative Organisation, rebaptisée
Ballistic Missile Defense Organisation en 1993, qui va finalement concrétiser cette idée ancienne.
La mission principale du programme NMD consiste à protéger les 50 Etats américains contre une attaque limitée de missiles balistiques, qu'elle soit le fait d'un Etat "voyou" ou d'un tir accidentel. Pour ce faire, le processus de destruction comporte trois phases: la détection du lancement, le suivi du missile et l'engagement d'un intercepteur. Ce découpage ne diffère pas de ceux pratiqués dans les années 60, si l'on excepte le fait que les charges antimissiles ne
seront pas elles-mêmes nucléaires. Pas moins de 11 tests ont déjà été pratiqués dans des conditions proches de l'usage véritable, et si 4 d'entre eux ont été des échecs, la technologie semble désormais suffisamment mûre pour une mise en pratique. Il faut souligner que
de nombreux experts contestent ce point et prédisent un échec coûteux ¿ sans que l'on connaisse parfaitement la part de raisonnement scientifique, de scepticisme institutionnel ou
d'opposition politique dans leurs opinions respectives.
«... Le processus de destruction comporte trois phases: la détection du lancement, le suivi du missile et l'engagement d'un intercepteur. »
Si sa forme actuellement projetée demeure inchangée, le NMD sera un système de défense antimissile terrestre et non-nucléaire, utilisant des capteurs en orbite, et mis en oeuvre en trois étapes principales : une capacité initiale en 2005, destinée à défaire 5 missiles balistiques adverses et 5 ogives nucléaires avec des leurres simples ; une capacité étendue en 2007, conçue pour contrer 25 missiles balistiques et 25 ogives avec des leurres simples, ou 5
missiles et 5 ogives avec 20 leurres complexes ; et une capacité complète entre 2010-2015, afin d'affronter 50 missiles balistiques et 50 ogives nucléaires avec des leurres simples, ou 20 missiles et 20 ogives avec 100 leurres complexes.
Pour ce faire, il se composera de 5 éléments :
Des missiles intercepteurs basés au sol (Ground Based Interceptor, GBI) destinés à détruire les missiles en approche avant leur retour dans l'atmosphère, et se composant d'une fusée à carburant solide et d'un véhicule "tueur" à guidage infrarouge, nommé Exoatmospheric
Kill Vehicle (EKV). Regroupés en principe par 20 ou 25 sur chaque site de lancement, ces intercepteurs devraient à moyen terme atteindre le nombre de 250 et être déployés pour moitié en Alaska (base aérienne d'Eielson, station aérienne de Clear, bases terrestres de Fort Greely et Fort Wainwright) et le reste au Dakota du Nord (base aérienne de Grand Forks) et en Californie (base aérienne de Vandenberg) ;
Un système de gestion, de commandement, de contrôle et de communication (Battle Management, Command, Control and Communications, BMC3) destiné à fournir les informations aux intercepteurs, à partir d'un réseau intégré et de plusieurs
émetteurs-récepteurs. Ces derniers sont en fait des antennes de 5,6m de diamètre nommées
In-Flight Interceptor Communications System (IFICS), capables de fonctionner sans personnel, et dont 14 exemplaires devraient être déployés en Alaska (aux 4 emplacements
susmentionnés, mais également sur les îles de Shemya dans les Aléoutiennes et d'Eareckson), à Caribou dans le Maine, à Munising dans le Michigan et sur l'île d'Hawaii ;
Des radars de détection à bande X (X-Band Radar, XBR) destinés à localiser, suivre et identifier les missiles balistiques à une distance allant jusqu'à 4000 km, et capables d'évaluer l'effet des intercepteurs. Fournissant leurs informations au système BMC3, les radars XBR possèdent une antenne de 12,5 m de diamètre et nécessitent 30 à 60 personnes pour fonctionner pleinement. Au moins 9 exemplaires sont prévus pour être installés en Alaska (Clear) et dans les Aléoutiennes (Shemya), au Groenland (Thulé), au Dakota du Nord (Grand Forks), en Californie (Beale), au Massachusetts (Cape Cod), mais également en Grande-Bretagne (Flyingdales), en Corée du Sud et sur l'île d'Hawaii. Toutefois, le Pentagone a ordonné en août 2002 la construction d'un radar XBR sur une plate-forme flottante
probablement déployée au large de l'Alaska ;
Des radars d'alerte avancée améliorés (Upgraded Early Warning Radar, UEWR) destinés à détecter et à suivre des missiles balistiques tirés sur les Etats-Unis afin de permettre le déclenchement et la concentration des radars XBR. Ces systèmes sont en fait
principalement des mises à jour de radars existants, qui comprennent deux faces opposées d'une largeur de 31 m chacune. Cinq d'entre eux devraient être opérationnels à moyen terme: en Alaska (Clear), au Groenland (Thulé), en Californie (Beale), dans le Massachusetts
(Cape Cod) ainsi qu'en Grande-Bretagne, également sur la base aérienne de la RAF à Flyingdales ;
Des satellites de surveillance infrarouge (Space Based Infrared System, SBIRS) destinés à détecter les tirs de missiles balistiques, et qui vont remplacer les satellites DSP (Defense Support Program) actuels. Deux versions de satellites vont en fait être déployés: 6 modèles "High" dans un premier temps, dont 4 en orbite géostationnaire et 2 en orbite elliptique, afin de surveiller en permanence la planète, et un nombre encore indéterminé de modèles "Low" en orbite basse, capables de fournir une vue rapprochée des missiles suivis et des leurres éventuels. Toutefois, les deux programmes ont subi des surcoûts et des retards notables,
de sorte que leur avenir n'est pas encore entièrement assuré.
Mais la protection du territoire américain ne peut suffire à unepuissance globale comme les Etats-Unis, et la défense antimissile des théâtres d'opérations où sont engagées des troupes US ou alliées est également concernée par la décision du 17 décembre. Celle-ci prévoit en effet, outre l'installation entre 2004 et 2005 de 16 intercepteurs basés à Fort Greely en Alaska et de 4 autres à Vandenberg en Californie, la mise en place de systèmes terrestres et maritimes contre des missiles balistiques à courte et moyenne portée en l'occurrence le dernier développement du missile antimissile Patriot, dont les qualités surtout médiatiques ont été
prouvées durant la Guerre du Golfe, et les missiles les plus récents équipant les systèmes de défense intégrés Aegis des croiseurs et destroyers lance-missiles américains.
En dépit de sa désignation, le Patriot Advanced Capability-3 n'est pas une mise à jour du missile existant, mais une nouvelle conception découlant directement d'un programme lancé avec la Strategic Defense Initiative: le missile à carburant solide ERINT, pour Extended Range Interceptor. Il s'agit donc d'un lanceur conçu dès le départ comme une arme antimissile, plus petit et plus agile que les missiles Patriot PAC-2. De même, le système Aegis de la Navy repose sur le Standard Missile-2 Block IVA qui est capable d'intercepter des missiles aussi bien que des avions ou des navires.
Le principal avantage de ces systèmes est de fournir rapidement une protection considérable sur tout un théâtre d'opérations, quelle que soit sa répartition entre terre et mer. A plus long terme, ce dispositif sera d'ailleurs complété par des émetteurs lasers de forte puissance embarqués sur des plate-formes terrestres ou aériennes.
Une défense dissuasive
Quels seront les effets stratégiques de la décision américaine? Va- t-elle vraiment "relancer" cette course aux armements qui n'a en fait jamais cessé, et à laquelle participent des concurrents sans cesse plus nombreux? L'objectif fixé en termes de capacités défensives est clair: le programme NMD et les systèmes opératoires visent à défaire des menaces inférieures à celles que pourraient constituer l'arsenal atomique russe et chinois, ou même français et
anglais. C'est l'absence de toute parade face à des missiles isolés tirés par des Etats "voyous" ou des groupes non étatiques qui explique l'orientation choisie par l'administration Bush Jr.
Le chantage nucléaire exercé actuellement par la Corée du Nord et le dilemme que soulèvent les incertitudes sur son intention réelle de frapper les alliés des USA ne peuvent se multiplier sans rendre hautement probable l'engagement effectif d'armes atomiques.
Pourtant, les percées technologiques réalisées depuis des années ou encore à venir en raison des recherches exigées par les systèmes anti missiles vont certainement fournir à Washington la capacité d'étendre son bouclier vers la fin de la prochaine décennie. Dès que les éléments-clefs seront opérationnels, décider d'augmenter le nombre de missiles intercepteurs ne sera qu'une affaire de quelques mois, et les Etats-Unis pourraient être en mesure de détruire en vol
plusieurs centaines de missiles balistiques. Bien entendu, la fiabilité du NMD ne sera jamais totale, mais une efficacité même partielle aura des effets certains sur l'équilibre des armements.
Avec ses 800-1000 ogives nucléaires et ses 200-300 missiles intercontinentaux en 2012, la Russie est touchée par le NMD ; la Chine, avec 75-100 missiles intercontinentaux et environ 400 ogives à l'horizon 2015, doit se sentir encore davantage concernée.
Il serait néanmoins erroné d'en conclure que ces 2 nations seront tentées d'accumuler les vecteurs et les ogives plus vite que les USA ne produiront leurs intercepteurs. A long terme, les projets de lasers terrestres, aériens et spatiaux développés activement aux Etats-Unis pourraient rendre insignifiant le seul aspect quantitatif. L'obsolescence des missiles balistiques, dont le statut opérationnel remonte tout de même à 1944, est fortement probable à
partir de 2020 ¿ du moins pour ceux qui visent le continent américain ¿ et dans la décennie suivante pour le reste du monde occidental. Ce qui ne signifie pas pour autant l'abandon de l'arme nucléaire, mais bien la diversification de ses vecteurs. Et c'est ici que le sens du bouclier antimissile américain se révèle plus clairement.
«... La décision de déployer le programme NMD est autant un défi technologique qu'une initiative stratégique à long terme. »
Techniquement défensif, le programme NMD constitue en effet un outil stratégique offensif : en diminuant la portée des représailles nucléaires adverses ou en menaçant de les supprimer totalement, le bouclier antimissile réduit également les risques liés à l'engagement d'armes nucléaires américaines et les pressions destinées à l'empêcher. Pour Washington, cela signifie dès lors le retour à une position plus dominante au niveau planétaire, et le renouvellement complet d'une dissuasion fondée par une doctrine de frappe préemptive face à toute menace nucléaire, radiologique, biologique ou chimique. Les programmes d'armes de destruction
massive et de missiles balistiques en cours dans des Etats instables ou totalitaires comme la Corée du Nord, le Pakistan, la Libye, la Syrie, l'Iran et bien entendu l'Irak en seront durablement affectés.
En parallèle, la capacité antimissile donnera à la Maison-Blanche un puissant levier de persuasion, en lui permettant de fournir à ses alliés une protection stratégique et opératoire qu'ils n'auront peut- être pas les moyens ¿ ou la volonté, s'agissant de l'Europe ¿ de
développer eux-mêmes. La collaboration étroite entre les Etats-Unis et Israël dans le domaine des missiles intercepteurs et des lasers anti missiles ¿ les programmes Arrow et THEL, pour Tactical High Energy Laser ¿ a par exemple permis de faire pression à de nombreuses occasions sur l'Etat hébreu. La dépendance militaire à l'égard du géant américain, quel que soit le ressentiment parfois infantile que génère sa puissance, contribuera à maintenir les
alliances existantes et à en créer de nouvelles.
Toutefois, le risque que constitue le déploiement d'une ligne Maginot antimissile ruineuse n'est pas à sous-estimer. D'une part, le coût du programme NMD est évalué à 60 milliards de dollars, soit moins d'un sixième du budget annuel du Pentagone, mais les surcoûts
chroniques affectant l'industrie militaire américaine pourraient multiplier ce montant et imposer des coupes dans d'autres programmes. D'autre part, l'impact concret du NMD en matière de protection va rendre inéluctable la multiplication de modes opératoires et de vecteurs asymétriques. Si prétendre que les attentats du 11 septembre ont montré l'inutilité du bouclier antimissile est une folie, croire que ce dernier puisse fournir autre chose qu'une protection limitée serait plus fou encore.
En définitive, la décision de déployer le programme NMD est autant un défi technologique qu'une initiative stratégique à long terme. Elle promet de contribuer largement au statut de superpuissance détenu par les Etats-Unis et de diminuer la menace des missiles balistiques, quelle que soit leur provenance, tout en constituant une réponse concrète aux risques de notre époque. Force est de constater que les USA sont les seuls ou presque à admettre l'existence de ceux-ci.
Cap Ludovic Monnerat
d'une défense antimissile
renforce la liberté d'action
des Etats-Unis.
Date : 07 Jan 2003 21:33:02 -0000
29 décembre 2002
En décidant de mettre sur pied une capacité antimissile initiale dès 2004, le président George W. Bush applique l'un des piliers de la nouvelle stratégie américaine : le renouvellement de la
dissuasion. Le bouclier ainsi déployé rend du même coup plus probable l'utilisation d'armes nucléaires par les Etats-Unis eux- mêmes.
Analyse.
Le 17 décembre dernier, le 43e président US a ordonné au Secrétaire à la Défense de mettre sur pied une capacité initiale de défense antimissile pour 2004 et 2005, en utilisant des intercepteurs terrestres et maritimes, de nouveaux missiles sol-air Patriot et des capteurs déployés sur terre, dans l'espace ou en mer. Quelques mois après avoir dénoncé le traité ABM interdisant la mise au point d'une telle défense, l'administration Bush a donc confirmé sa volonté de transformer la stratégie nationale de sécurité américaine et de renforcer ses capacités aussi bien de protection que de dissuasion.
Malgré l'intention affichée de déployer des systèmes évolutifs, c'est bel et bien la décision de mettre en oeuvre le programme de défense antimissile national (National Missile Defense, NMD) qui a été prise.
«... A moyen et long terme, la problématique de la protection antimissile fera certainement partie des nouveaux équilibres à atteindre. »
Les réactions dans le monde, à l'exception notable de la Grande- Bretagne, de la Corée du Sud et du Japon, ont été sans surprise plutôt négatives. Avec la prolifération de plus en plus évidente des technologies nucléaire et missilière, toutefois, chaque gouvernement
est désormais amené à s'interroger sur la nécessité d'une telle défense. Les équilibres stratégiques fondés sur la destruction mutuelle assurée ont été bouleversés par l'émergence
d'Etats "voyous" et de structures non étatiques recherchant la capacité de frappe atomique ; à moyen et long terme, la problématique de la protection antimissile fera certainement partie
des nouveaux équilibres à atteindre. Dans le cadre d'un théâtre régional comme le Moyen-Orient, son rôle a clairement été souligné durant la Guerre du Golfe, et la mise en service par Israël de 2 batteries d'intercepteurs antimissiles Arrow 2, ces derniers mois, en montre l'actualité.
Capacité complète entre 2010 et 2015
Contrairement à ce que nombre de commentateurs affirment souvent, le programme NMD ne trouve pas ses origines dans la Strategic Defense Initiative lancée par Ronald Reagan en 1984, même si celle- ci visait également à renouveler la dissuasion de toute frappe nucléaire intercontinentale. En fait, c'est en 1946 déjà que l'US Army Air Corps ¿ qui allait former l'US Air Force l'année suivante ¿ a commencé à étudier la faisabilité d'un système de défense
antimissile, après la découverte en Allemagne des plans d'un missile pouvant atteindre New York. L'idée n'a d'ailleurs jamais été l'apanage des Etats-Unis, et en 1962 l'Union Soviétique disposait d'un système de défense antimissile nommé Galosh, alors même que leurs rivaux américains procédaient aux premiers tests de l'intercepteur Zeus. Mais c'est bel et bien sous l'ère Reagan que sera créée la Strategic Defense Initiative Organisation, rebaptisée
Ballistic Missile Defense Organisation en 1993, qui va finalement concrétiser cette idée ancienne.
La mission principale du programme NMD consiste à protéger les 50 Etats américains contre une attaque limitée de missiles balistiques, qu'elle soit le fait d'un Etat "voyou" ou d'un tir accidentel. Pour ce faire, le processus de destruction comporte trois phases: la détection du lancement, le suivi du missile et l'engagement d'un intercepteur. Ce découpage ne diffère pas de ceux pratiqués dans les années 60, si l'on excepte le fait que les charges antimissiles ne
seront pas elles-mêmes nucléaires. Pas moins de 11 tests ont déjà été pratiqués dans des conditions proches de l'usage véritable, et si 4 d'entre eux ont été des échecs, la technologie semble désormais suffisamment mûre pour une mise en pratique. Il faut souligner que
de nombreux experts contestent ce point et prédisent un échec coûteux ¿ sans que l'on connaisse parfaitement la part de raisonnement scientifique, de scepticisme institutionnel ou
d'opposition politique dans leurs opinions respectives.
«... Le processus de destruction comporte trois phases: la détection du lancement, le suivi du missile et l'engagement d'un intercepteur. »
Si sa forme actuellement projetée demeure inchangée, le NMD sera un système de défense antimissile terrestre et non-nucléaire, utilisant des capteurs en orbite, et mis en oeuvre en trois étapes principales : une capacité initiale en 2005, destinée à défaire 5 missiles balistiques adverses et 5 ogives nucléaires avec des leurres simples ; une capacité étendue en 2007, conçue pour contrer 25 missiles balistiques et 25 ogives avec des leurres simples, ou 5
missiles et 5 ogives avec 20 leurres complexes ; et une capacité complète entre 2010-2015, afin d'affronter 50 missiles balistiques et 50 ogives nucléaires avec des leurres simples, ou 20 missiles et 20 ogives avec 100 leurres complexes.
Pour ce faire, il se composera de 5 éléments :
Des missiles intercepteurs basés au sol (Ground Based Interceptor, GBI) destinés à détruire les missiles en approche avant leur retour dans l'atmosphère, et se composant d'une fusée à carburant solide et d'un véhicule "tueur" à guidage infrarouge, nommé Exoatmospheric
Kill Vehicle (EKV). Regroupés en principe par 20 ou 25 sur chaque site de lancement, ces intercepteurs devraient à moyen terme atteindre le nombre de 250 et être déployés pour moitié en Alaska (base aérienne d'Eielson, station aérienne de Clear, bases terrestres de Fort Greely et Fort Wainwright) et le reste au Dakota du Nord (base aérienne de Grand Forks) et en Californie (base aérienne de Vandenberg) ;
Un système de gestion, de commandement, de contrôle et de communication (Battle Management, Command, Control and Communications, BMC3) destiné à fournir les informations aux intercepteurs, à partir d'un réseau intégré et de plusieurs
émetteurs-récepteurs. Ces derniers sont en fait des antennes de 5,6m de diamètre nommées
In-Flight Interceptor Communications System (IFICS), capables de fonctionner sans personnel, et dont 14 exemplaires devraient être déployés en Alaska (aux 4 emplacements
susmentionnés, mais également sur les îles de Shemya dans les Aléoutiennes et d'Eareckson), à Caribou dans le Maine, à Munising dans le Michigan et sur l'île d'Hawaii ;
Des radars de détection à bande X (X-Band Radar, XBR) destinés à localiser, suivre et identifier les missiles balistiques à une distance allant jusqu'à 4000 km, et capables d'évaluer l'effet des intercepteurs. Fournissant leurs informations au système BMC3, les radars XBR possèdent une antenne de 12,5 m de diamètre et nécessitent 30 à 60 personnes pour fonctionner pleinement. Au moins 9 exemplaires sont prévus pour être installés en Alaska (Clear) et dans les Aléoutiennes (Shemya), au Groenland (Thulé), au Dakota du Nord (Grand Forks), en Californie (Beale), au Massachusetts (Cape Cod), mais également en Grande-Bretagne (Flyingdales), en Corée du Sud et sur l'île d'Hawaii. Toutefois, le Pentagone a ordonné en août 2002 la construction d'un radar XBR sur une plate-forme flottante
probablement déployée au large de l'Alaska ;
Des radars d'alerte avancée améliorés (Upgraded Early Warning Radar, UEWR) destinés à détecter et à suivre des missiles balistiques tirés sur les Etats-Unis afin de permettre le déclenchement et la concentration des radars XBR. Ces systèmes sont en fait
principalement des mises à jour de radars existants, qui comprennent deux faces opposées d'une largeur de 31 m chacune. Cinq d'entre eux devraient être opérationnels à moyen terme: en Alaska (Clear), au Groenland (Thulé), en Californie (Beale), dans le Massachusetts
(Cape Cod) ainsi qu'en Grande-Bretagne, également sur la base aérienne de la RAF à Flyingdales ;
Des satellites de surveillance infrarouge (Space Based Infrared System, SBIRS) destinés à détecter les tirs de missiles balistiques, et qui vont remplacer les satellites DSP (Defense Support Program) actuels. Deux versions de satellites vont en fait être déployés: 6 modèles "High" dans un premier temps, dont 4 en orbite géostationnaire et 2 en orbite elliptique, afin de surveiller en permanence la planète, et un nombre encore indéterminé de modèles "Low" en orbite basse, capables de fournir une vue rapprochée des missiles suivis et des leurres éventuels. Toutefois, les deux programmes ont subi des surcoûts et des retards notables,
de sorte que leur avenir n'est pas encore entièrement assuré.
Mais la protection du territoire américain ne peut suffire à unepuissance globale comme les Etats-Unis, et la défense antimissile des théâtres d'opérations où sont engagées des troupes US ou alliées est également concernée par la décision du 17 décembre. Celle-ci prévoit en effet, outre l'installation entre 2004 et 2005 de 16 intercepteurs basés à Fort Greely en Alaska et de 4 autres à Vandenberg en Californie, la mise en place de systèmes terrestres et maritimes contre des missiles balistiques à courte et moyenne portée en l'occurrence le dernier développement du missile antimissile Patriot, dont les qualités surtout médiatiques ont été
prouvées durant la Guerre du Golfe, et les missiles les plus récents équipant les systèmes de défense intégrés Aegis des croiseurs et destroyers lance-missiles américains.
En dépit de sa désignation, le Patriot Advanced Capability-3 n'est pas une mise à jour du missile existant, mais une nouvelle conception découlant directement d'un programme lancé avec la Strategic Defense Initiative: le missile à carburant solide ERINT, pour Extended Range Interceptor. Il s'agit donc d'un lanceur conçu dès le départ comme une arme antimissile, plus petit et plus agile que les missiles Patriot PAC-2. De même, le système Aegis de la Navy repose sur le Standard Missile-2 Block IVA qui est capable d'intercepter des missiles aussi bien que des avions ou des navires.
Le principal avantage de ces systèmes est de fournir rapidement une protection considérable sur tout un théâtre d'opérations, quelle que soit sa répartition entre terre et mer. A plus long terme, ce dispositif sera d'ailleurs complété par des émetteurs lasers de forte puissance embarqués sur des plate-formes terrestres ou aériennes.
Une défense dissuasive
Quels seront les effets stratégiques de la décision américaine? Va- t-elle vraiment "relancer" cette course aux armements qui n'a en fait jamais cessé, et à laquelle participent des concurrents sans cesse plus nombreux? L'objectif fixé en termes de capacités défensives est clair: le programme NMD et les systèmes opératoires visent à défaire des menaces inférieures à celles que pourraient constituer l'arsenal atomique russe et chinois, ou même français et
anglais. C'est l'absence de toute parade face à des missiles isolés tirés par des Etats "voyous" ou des groupes non étatiques qui explique l'orientation choisie par l'administration Bush Jr.
Le chantage nucléaire exercé actuellement par la Corée du Nord et le dilemme que soulèvent les incertitudes sur son intention réelle de frapper les alliés des USA ne peuvent se multiplier sans rendre hautement probable l'engagement effectif d'armes atomiques.
Pourtant, les percées technologiques réalisées depuis des années ou encore à venir en raison des recherches exigées par les systèmes anti missiles vont certainement fournir à Washington la capacité d'étendre son bouclier vers la fin de la prochaine décennie. Dès que les éléments-clefs seront opérationnels, décider d'augmenter le nombre de missiles intercepteurs ne sera qu'une affaire de quelques mois, et les Etats-Unis pourraient être en mesure de détruire en vol
plusieurs centaines de missiles balistiques. Bien entendu, la fiabilité du NMD ne sera jamais totale, mais une efficacité même partielle aura des effets certains sur l'équilibre des armements.
Avec ses 800-1000 ogives nucléaires et ses 200-300 missiles intercontinentaux en 2012, la Russie est touchée par le NMD ; la Chine, avec 75-100 missiles intercontinentaux et environ 400 ogives à l'horizon 2015, doit se sentir encore davantage concernée.
Il serait néanmoins erroné d'en conclure que ces 2 nations seront tentées d'accumuler les vecteurs et les ogives plus vite que les USA ne produiront leurs intercepteurs. A long terme, les projets de lasers terrestres, aériens et spatiaux développés activement aux Etats-Unis pourraient rendre insignifiant le seul aspect quantitatif. L'obsolescence des missiles balistiques, dont le statut opérationnel remonte tout de même à 1944, est fortement probable à
partir de 2020 ¿ du moins pour ceux qui visent le continent américain ¿ et dans la décennie suivante pour le reste du monde occidental. Ce qui ne signifie pas pour autant l'abandon de l'arme nucléaire, mais bien la diversification de ses vecteurs. Et c'est ici que le sens du bouclier antimissile américain se révèle plus clairement.
«... La décision de déployer le programme NMD est autant un défi technologique qu'une initiative stratégique à long terme. »
Techniquement défensif, le programme NMD constitue en effet un outil stratégique offensif : en diminuant la portée des représailles nucléaires adverses ou en menaçant de les supprimer totalement, le bouclier antimissile réduit également les risques liés à l'engagement d'armes nucléaires américaines et les pressions destinées à l'empêcher. Pour Washington, cela signifie dès lors le retour à une position plus dominante au niveau planétaire, et le renouvellement complet d'une dissuasion fondée par une doctrine de frappe préemptive face à toute menace nucléaire, radiologique, biologique ou chimique. Les programmes d'armes de destruction
massive et de missiles balistiques en cours dans des Etats instables ou totalitaires comme la Corée du Nord, le Pakistan, la Libye, la Syrie, l'Iran et bien entendu l'Irak en seront durablement affectés.
En parallèle, la capacité antimissile donnera à la Maison-Blanche un puissant levier de persuasion, en lui permettant de fournir à ses alliés une protection stratégique et opératoire qu'ils n'auront peut- être pas les moyens ¿ ou la volonté, s'agissant de l'Europe ¿ de
développer eux-mêmes. La collaboration étroite entre les Etats-Unis et Israël dans le domaine des missiles intercepteurs et des lasers anti missiles ¿ les programmes Arrow et THEL, pour Tactical High Energy Laser ¿ a par exemple permis de faire pression à de nombreuses occasions sur l'Etat hébreu. La dépendance militaire à l'égard du géant américain, quel que soit le ressentiment parfois infantile que génère sa puissance, contribuera à maintenir les
alliances existantes et à en créer de nouvelles.
Toutefois, le risque que constitue le déploiement d'une ligne Maginot antimissile ruineuse n'est pas à sous-estimer. D'une part, le coût du programme NMD est évalué à 60 milliards de dollars, soit moins d'un sixième du budget annuel du Pentagone, mais les surcoûts
chroniques affectant l'industrie militaire américaine pourraient multiplier ce montant et imposer des coupes dans d'autres programmes. D'autre part, l'impact concret du NMD en matière de protection va rendre inéluctable la multiplication de modes opératoires et de vecteurs asymétriques. Si prétendre que les attentats du 11 septembre ont montré l'inutilité du bouclier antimissile est une folie, croire que ce dernier puisse fournir autre chose qu'une protection limitée serait plus fou encore.
En définitive, la décision de déployer le programme NMD est autant un défi technologique qu'une initiative stratégique à long terme. Elle promet de contribuer largement au statut de superpuissance détenu par les Etats-Unis et de diminuer la menace des missiles balistiques, quelle que soit leur provenance, tout en constituant une réponse concrète aux risques de notre époque. Force est de constater que les USA sont les seuls ou presque à admettre l'existence de ceux-ci.
Cap Ludovic Monnerat
21 juillet 2007 - 17:20 #2
Bouclier anti missiles mais russe cette fois.
Bien que l'on en parle jamais ou très peu Moscou est doté d'un bouclier anti-missiles.
La fédération de Russie va procéder à une remise à niveau des systémes d'armes du bouclier anti missiles protégeant Moscou.
Il s'agit du systéme de DCA S 400 Triumph.
Capacité:
- suivi de 12 cibles simultanées.
- engagement des cibles jusqu'a 400 km à une altitude de 30 000 métres.
- détection des aéronefs "furtifs"
Source la voie de la Russie.
Bien que l'on en parle jamais ou très peu Moscou est doté d'un bouclier anti-missiles.
La fédération de Russie va procéder à une remise à niveau des systémes d'armes du bouclier anti missiles protégeant Moscou.
Il s'agit du systéme de DCA S 400 Triumph.
Capacité:
- suivi de 12 cibles simultanées.
- engagement des cibles jusqu'a 400 km à une altitude de 30 000 métres.
- détection des aéronefs "furtifs"
Source la voie de la Russie.
04 août 2007 - 21:23 #3
Un aspect à ne pas négliger
Concernant le bouclier anti-missiles US celui-ci peut avoir un effet "dissuassif" vis à vis du Japon. En effet celui-ci envisage fortement une modification voir une abrogation de son article 9 qui conditionne sa politique de défense. Hors le Japon est d'un strict point de vue géographique proche d'une zone de grande friction.
On peut donc considérer que le bouclier anti-missiles avec une couverture sur le Japon pourait avoir un effet anti déstabilisateur de cette zone.
Il faut aussi dans l'analyse prendre en compte la nature de la relation éconimique nipo-étanusienne. Ces derniers n'ayant sans doute pas envie de voir un Japon devenir trop "indépendant".
Tout cela est bien sur à replacer dans le dévoloppement de structures comme l'ASEAN.
Concernant le bouclier anti-missiles US celui-ci peut avoir un effet "dissuassif" vis à vis du Japon. En effet celui-ci envisage fortement une modification voir une abrogation de son article 9 qui conditionne sa politique de défense. Hors le Japon est d'un strict point de vue géographique proche d'une zone de grande friction.
On peut donc considérer que le bouclier anti-missiles avec une couverture sur le Japon pourait avoir un effet anti déstabilisateur de cette zone.
Il faut aussi dans l'analyse prendre en compte la nature de la relation éconimique nipo-étanusienne. Ces derniers n'ayant sans doute pas envie de voir un Japon devenir trop "indépendant".
Tout cela est bien sur à replacer dans le dévoloppement de structures comme l'ASEAN.
31 août 2007 - 20:37 #4
Annonce
Ca va bien au-delà du bouclier anti-missiles et de ses répercussions politiques; mais je n'allais pas créer un topic juste pour faire cette annonce et celui-ci de topic m'a semblé le plus approprié.
Sur France 5 vous pouvez revoir les vidéos des émissions.
Il y en a une très intéressante qui aborde entre autre cette histoire du bouclier anti-missiles, la vision géopolitique du Kremlin, la perception des risques par le gouvernement russe.
En bref une émission compléte avec des invités qui savent de quoi ils parlent et qui remettent les choses en perspectives et ou l'on voit que l'occident n'est pas tout blanc.
Bref à voir selon moi. Mais cela ne doit pas vous empécher de garder un esprit critique; n'est-ce pas?
Ca va bien au-delà du bouclier anti-missiles et de ses répercussions politiques; mais je n'allais pas créer un topic juste pour faire cette annonce et celui-ci de topic m'a semblé le plus approprié.
Sur France 5 vous pouvez revoir les vidéos des émissions.
Il y en a une très intéressante qui aborde entre autre cette histoire du bouclier anti-missiles, la vision géopolitique du Kremlin, la perception des risques par le gouvernement russe.
En bref une émission compléte avec des invités qui savent de quoi ils parlent et qui remettent les choses en perspectives et ou l'on voit que l'occident n'est pas tout blanc.
Bref à voir selon moi. Mais cela ne doit pas vous empécher de garder un esprit critique; n'est-ce pas?
31 août 2007 - 21:23 #5
Bonsoir , personnellement je suis pour le déploiement d'une défense anti missile .
Le monde ne tourne pas rond , trop de problème , trop d'incertitude , beaucoup de doute subsiste .
Simple question , qu'en pense l'otan , et l'Europe je la trouve bien calme sur se sujet , je trouve à juste
titre normal qu'une nation est le droit de se défendre face a une attaque d'une tel ampleur !
Personnellement ça ne me choque pas , on parle de vie humaine non !
PS / j-luc chuis pas un spécialiste , veuillez me dire si je fait fausse route , merci de votre compréhension .
Doug
Le monde ne tourne pas rond , trop de problème , trop d'incertitude , beaucoup de doute subsiste .
Simple question , qu'en pense l'otan , et l'Europe je la trouve bien calme sur se sujet , je trouve à juste
titre normal qu'une nation est le droit de se défendre face a une attaque d'une tel ampleur !
Personnellement ça ne me choque pas , on parle de vie humaine non !
PS / j-luc chuis pas un spécialiste , veuillez me dire si je fait fausse route , merci de votre compréhension .
Doug
31 août 2007 - 22:04 #6
soir Doug
Je ne suis pas assez outillé pour répondre sur le sujet dans son intégralité. Dans cette affaire j'ai un parti pris quitient à la géographie entre autre. Je pense que cette "crise des missiles" n'aurait jamais dû exister.
Mon parti pris: La Russie est un pays européen de fait sur le plan géographique et par extension de droit.
Au moment de la chute du mur de Berlin face à Michael Gorbatchev il y avait G Bush senior, H Khöl pour l'Allemagne fédérale et F Mitterand chez nous.
Si on en croit la lecture de Verbatim de J Attali G Bush avait une position qui consistait à dire il faut apporter de l'aide économique à la Russie, alors que F Mitterand lui tenait pour obtenir des concessions politiques de la part de M Gorbatchev.
Quant à H Khöl il a joué une carte plus personnelle, celle de la réunification de l'Allemagne.
Je crois et je continuerai à penser que G Bush avait en l'espéce raison. Le discours qu'il fallait tenir à la Russie aurait dû étre un discours de la main tendue suivi d'effet évidemment sur le théme de: ah vous voilà enfin, vous nous avez manqué ces 70 dernières années.
Ce que nous n'avons pas su faire à cette époque c'est à dire donner à la Russie le moyen de reprendre sa place au sein de "la maison europe" comme disait M Gorbatchev nous le payions en quelque sorte aujourd'hui par l'avénement de V.Poutine et par les forces qu'il représente.
En terme de vision géopolitique il faut savoir qu'en Russie il y a une doctrine: l'eurasisme qui n'est pas une vision de la Russie dans l'europe. Cette vision sert d'ailleurs au développement de métastases facistes à travers un parti comme Eurasia.
Toute la gesticulation à laquelle nous assistons aujourd'hui ce n'est que la volonté de la Russie de retrouver une place de grande puissance. La critique que l'on pourrait formuler à l'endroit de la Russie serait de lui dire qu'aujourd'hui le paradigme de la puissance n'est plus tout à fait celui des années 70/80. Mais pour formuler une telle critique encore faudrait-il s'adresser à une classe politique jouissant de la même liberté d'expression que chez nous.
Si en France hormis sous Napoléon I et encore puis sous Napoléon III nos relations avec la Russie n'ont pas toujours été au beau fixe nous entretenons avec elle une relation bilatérale de qualité qu'il convient pour la comprendre de remplacer dans la fameuse politique étrangére de revers initiée sous Richelieu.
Hélas aujourd'hui comme dans beaucoup de pays ou le régime se teinte de totalitarisme le sentiment russe est exacerbé par le régime à des fins de politique intérieure.
La classe dirigeante russe pense aujourd'hui 2 choses.
Primo les USA ne seront plus demain la seule grande puissance mais ils ne se facheront pas avec pour autant. Secundo que sa manne financiére lui permet beaucoup de choses. Hors la Russie n'a pas encore une économie vraiment forte malgré son éxédznt de 360 milliards de dollars.
Alors il faut espérer que les dirigeants de l'UE seront capables de prendre la mesure de conditions qui ne dureront pas forcément et seront capables d'essayer de construite autre chose qu'un impérium européen.
Je ne suis pas assez outillé pour répondre sur le sujet dans son intégralité. Dans cette affaire j'ai un parti pris quitient à la géographie entre autre. Je pense que cette "crise des missiles" n'aurait jamais dû exister.
Mon parti pris: La Russie est un pays européen de fait sur le plan géographique et par extension de droit.
Au moment de la chute du mur de Berlin face à Michael Gorbatchev il y avait G Bush senior, H Khöl pour l'Allemagne fédérale et F Mitterand chez nous.
Si on en croit la lecture de Verbatim de J Attali G Bush avait une position qui consistait à dire il faut apporter de l'aide économique à la Russie, alors que F Mitterand lui tenait pour obtenir des concessions politiques de la part de M Gorbatchev.
Quant à H Khöl il a joué une carte plus personnelle, celle de la réunification de l'Allemagne.
Je crois et je continuerai à penser que G Bush avait en l'espéce raison. Le discours qu'il fallait tenir à la Russie aurait dû étre un discours de la main tendue suivi d'effet évidemment sur le théme de: ah vous voilà enfin, vous nous avez manqué ces 70 dernières années.
Ce que nous n'avons pas su faire à cette époque c'est à dire donner à la Russie le moyen de reprendre sa place au sein de "la maison europe" comme disait M Gorbatchev nous le payions en quelque sorte aujourd'hui par l'avénement de V.Poutine et par les forces qu'il représente.
En terme de vision géopolitique il faut savoir qu'en Russie il y a une doctrine: l'eurasisme qui n'est pas une vision de la Russie dans l'europe. Cette vision sert d'ailleurs au développement de métastases facistes à travers un parti comme Eurasia.
Toute la gesticulation à laquelle nous assistons aujourd'hui ce n'est que la volonté de la Russie de retrouver une place de grande puissance. La critique que l'on pourrait formuler à l'endroit de la Russie serait de lui dire qu'aujourd'hui le paradigme de la puissance n'est plus tout à fait celui des années 70/80. Mais pour formuler une telle critique encore faudrait-il s'adresser à une classe politique jouissant de la même liberté d'expression que chez nous.
Si en France hormis sous Napoléon I et encore puis sous Napoléon III nos relations avec la Russie n'ont pas toujours été au beau fixe nous entretenons avec elle une relation bilatérale de qualité qu'il convient pour la comprendre de remplacer dans la fameuse politique étrangére de revers initiée sous Richelieu.
Hélas aujourd'hui comme dans beaucoup de pays ou le régime se teinte de totalitarisme le sentiment russe est exacerbé par le régime à des fins de politique intérieure.
La classe dirigeante russe pense aujourd'hui 2 choses.
Primo les USA ne seront plus demain la seule grande puissance mais ils ne se facheront pas avec pour autant. Secundo que sa manne financiére lui permet beaucoup de choses. Hors la Russie n'a pas encore une économie vraiment forte malgré son éxédznt de 360 milliards de dollars.
Alors il faut espérer que les dirigeants de l'UE seront capables de prendre la mesure de conditions qui ne dureront pas forcément et seront capables d'essayer de construite autre chose qu'un impérium européen.
31 août 2007 - 22:38 #7
Où les Américains vont-ils trouver de quoi financer le NMD ? Leurs caisses sont vides grâce à l'extraordinaire bêtise de leur cow-boy de Président !
Quant à accepter, une fois pour toute, les Russes comme des européens à part entière, ce sera un grand pas vers la raison.
Il serait judicieux que les européens réfléchissent à se pourvoir du NMD pour se protéger des "Etats voyous" mais aussi des américains!
Quant à accepter, une fois pour toute, les Russes comme des européens à part entière, ce sera un grand pas vers la raison.
Il serait judicieux que les européens réfléchissent à se pourvoir du NMD pour se protéger des "Etats voyous" mais aussi des américains!
31 août 2007 - 22:48 #8
Ces milliards engloutis à fonds perdus et qui contribuent au surarmement seraient bien plus utiles dans l'aide humanitaire mais bon on refait pas le monde ...
Pour ce qui est du bouclier américain, j'aimerais bien savoir ce qu'en pense par exemple les habitants de la nouvelle orléans dont certains quartiers sont toujours laissés à l'abandon depuis le cyclone katrina ...
Que dire également des milliards dépensés en Irak ...
Pour ce qui est du bouclier américain, j'aimerais bien savoir ce qu'en pense par exemple les habitants de la nouvelle orléans dont certains quartiers sont toujours laissés à l'abandon depuis le cyclone katrina ...
Que dire également des milliards dépensés en Irak ...
31 août 2007 - 23:00 #9
Et que dire de Sadam Hussein pendu haut et court comme le pire des criminels alors que, sous son autorité, l'Irak était un des rares pays à canaliser les fanatiques.Grâce à "Bush-le-cow-boy", l'Iran se frotte les mains!
Bon, je m'égare.Je n'ai rien contre nos amis les américains, je n'apprécie pas leur président, c'est tout!
Bon, je m'égare.Je n'ai rien contre nos amis les américains, je n'apprécie pas leur président, c'est tout!
31 août 2007 - 23:24 #10
Bonsoir , en effet j-luc se que vous dite est vrais , cela dis géopolitiquement parlant il serait je pense
irresponsable de fournir une central nucléaire en Libye , et de proposer des centrales nucléaire euh.. pardon
électrique en Iran.
Il y à aussi des pays comme le Pakistan , qui pour l'instant ne font pas beaucoup de bruit , mais qui me
semble et ça n'engage que moi est in-ten-ti-ner instable , d'où mon inquiétude ( pour info le Pakistan à la bombe )
Je pense que le bouclier anti-missiles est un simple moyen de dissuasion psychologique , avec tous ce que
cela comporte . On me tire dessus , j'ai la possibilité de répondre avec une puissance jamais vue.
PS / Je peux me tromper
irresponsable de fournir une central nucléaire en Libye , et de proposer des centrales nucléaire euh.. pardon
électrique en Iran.
Il y à aussi des pays comme le Pakistan , qui pour l'instant ne font pas beaucoup de bruit , mais qui me
semble et ça n'engage que moi est in-ten-ti-ner instable , d'où mon inquiétude ( pour info le Pakistan à la bombe )
Je pense que le bouclier anti-missiles est un simple moyen de dissuasion psychologique , avec tous ce que
cela comporte . On me tire dessus , j'ai la possibilité de répondre avec une puissance jamais vue.
PS / Je peux me tromper


