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dimanche 03 août 2008 à 15:47
Message
#1
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Sommet de l’architecture médiévale, le Mont-Saint-Michel ajoutera un chapitre à sa légende en 2014, en retrouvant son caractère insulaire. En attendant, chaque année, 3 millions de visiteurs se lancent à l’assaut des secrets du deuxième site touristique le plus fréquenté de France. On l’imagine statufié par treize siècles d’histoire. On le croit usé par les hordes de touristes qui l’arpentent chaque année. On le dit colonisé par les marchands du temple. Et voici que le vieux Mont-Saint-Michel se retrouve au coeur de l’une des polémiques intellectuelles dont le pays de Voltaire et d’Hugo a le secret. Depuis plusieurs semaines, l’intelligentsia s’empaille autour de l’essai de l’historien Sylvain Gouguenheim « Aristote au Mont-Saint-Michel », paru aux éditions du Seuil. La thèse ? L’héritage grec n’aurait pas été transmis à l’Europe occidentale par les savants arabo-musulmans de Cordoue, mais par les moines copistes du Mont-Saint-Michel, et en particulier par Jacques de Venise, traducteur du grec en latin d’Aristote dès le XIIe siècle. Cet essai irrite au plus haut point Jean-Luc Leservoisier, conservateur de la bibliothèque d’Avranches depuis vingt ans. « C’est du pur roman ! » lâche cet homme discret au visage anguleux, et gardien vigilant des 199 manuscrits médiévaux du Mont-Saint-Michel-dont les traités d’Aristote. « On sait trois fois rien sur Jacques de Venise, proteste-t-il . Son nom est cité seulement dans deux lignes de la chronique latine de l’abbé Robert de Torigni entre les années 1128 et 1129, où il est dit que celui-ci a traduit les oeuvres d’Aristote. Mais en aucun cas il n’a pu venir au Mont-Saint-Michel à la fin des années 1120, période de troubles extrêmes qui culminèrent avec l’incendie de l’abbaye par les habitants d’Avranches en 1138. » Jérôme Cordelier Suite de l'article...
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