Profil de Blackcat
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- Janvier 2, 1970
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05 janv. 2011 18:40- Actuellement :
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À propos de moi
A fin de ne pas oublier le triste sort des galgos en Espagne.
http://www.youtube.com/watch?v=te0SPwZCWCE...player_embedded
Le pianiste
Cétait un bout de terrain presque plat, une saignée dans la forêt, les hommes étaient là, en groupe. Ils fumaient des cigarettes mal odorantes quils roulaient tout en plaisantant. Nous, les galgos, on était au pied. Les oreilles agitées, attirées par les mille bruits de la forêt.
Un peu excités aussi, par lodeur du lapin qui était là, à quelques pas, dans la cage grillagée. On sentait sa peur. Elle nous attirait, comme un aimant.
Les hommes se sont mis en rang, chacun avec un galgo serré entre leurs cuisses, les colliers de corde ou de fil de fer étaient solidement tenus.
Le mien entrait douloureusement dans la peau de mon cou. Puis, ils ont ouvert la cage. Affolé, il a surgi à la vitesse de léclair. Au signal, les galgueros ont lâché les colliers. Jai ressenti une vive douleur à la queue. Pour me faire démarrer plus vite, mon maître la entaillée avec son couteau. Comme mes frÿres de course, je porte des dizaines de stigmates de ces coupures. Cela ne me fait pas courir plus vite, mais mon maître ne semble pas sen rendre compte.
Alors, jai couru. Couru de toutes mes forces, couru de tout mon être. Je voulais lattraper cette petite boule de fourrure beige qui sagitait frénétiquement devant nous, changeant sans cesse de trajectoire pour nous tromper. Le sang battait à mes tempes et je sentais lair sengouffrer dans ma large poitrine aprÿs les premiÿres secondes où javais retenu mon souffle.Mais je suis un coursier. Un chasseur et un coursier, et je ne le quittais pas du regard. Je percevais son affolement. Les hommes criaient, tapaient dans les mains, criant les noms des chiens qui couraient pour eux. Jétais presque sur lui, je recevais de minces giclées de poussiÿre soulevées par ses pattes.
Et puis, il y a eu cette motte de terre qui a cédé sous ma patte, jai perdu léquilibre un instant, mais je ne suis pas tombé. Blas, un grand galgo noir en a profité, il ma devancé et a attrapé le lapin. Il la secoué dans sa gueule, en sautant en lair de plaisir. Je me suis approché, mais il a grogné. Il était le vainqueur. Les hommes sont arrivés en courant, ils ont retiré son trophée à Blas. Il a aboyé. Il a reçu un coup de fouet.
Mon maître était furieux, je lai vu donner des morceaux de papiers au maître de Blas. Il ma attrapé par le collier, méchamment et a serré. Jai gémi. Il ma donné des coups de poings et des coups de pied. Ce nétait pas ma faute, je ne lavais pas vu cette motte de terre, et puis, le plus important cétait bien que le lapin qui sétait échappé ait été rattrapé. Même par Blas !
En revenant vers les voitures, jai aperçu Libra. Elle se traînait sur trois pattes. Elle était tombée. Los sortait de sa patte arriÿre droite, juste au-dessus de la cheville. Son propriétaire, un gros chasseur du coin la insultée, puis il la rouée de coups de pieds. Chaque fois que les coups atteignaient sa patte brisée el le hurlait. Il riait et il tapait encore plus fort. Puis il a donnée un coup de talon sur son dos. Elle na plus bougé. Plus gémi. Mais jai vu ses yeux. Elle était encore vivante.
Ils lont laissée là.
Il y avait de la biÿre, les hommes ont bu en plaisantant. Le soleil commençait à chauffer. Mon maître ma attaché au bout dune corde et il ma entraîné vers la voiture. Je suis monté à larriÿre, aidé dun bon coup de pied dans les reins. Tout en conduisant, trÿs vite malgré létat de la route, il na pas arrêté de hurler aprÿs moi. De minsulter. De temps en temps il se retournait et me frappait avec un bâton quil a toujours avec lui. Arrivé à la ferme, il ma attaché. Trÿs court. Je ne pouvais pas atteindre la vieille bassine pleine deau sale dans laquelle je bois habituellement. Il est rentré. Je lai entendu hurler encore.
Puis il est sorti, avec un fouet et il a commencé à me frapper. Je ne pouvais pas menfuir, tout au plus me rouler en boule. Le fil de fer métranglait et je suffoquais tandis que les coups pleuvaient sur mon dos, sur mes flancs.
Pourquoi ?
Au bout dun moment il sest calmé. Il est rentré. Le soleil cuisait mes plaies, les mouches se posaient sur moi, mais je navais même plus la force de les chasser.
Nina, une petite galga est venue lécher mes plaies. Je nai pas réagi. Cela apaisait un peu la brûlure. Mais elle ne pouvait rien faire pour ma gorge serrée et desséchée par la soif. Nina est là depuis longtemps, elle fait souvent des petits. Ils partent trÿs vite. Elle est vieille maintenant, elle est trÿs maigre. Elle est là depuis au moins cinq saisons de chasse.
La journée a été longue. Le maître est parti à la chasse, avec Nina. Au soir il est revenu. Seul. Je ne disais rien, je ne faisais aucun mouvement, comme si javais voulu me confondre avec le sol. Mais il est revenu vers moi. Il ma craché dessus et donné un coup de sa botte ferrée.
Toute la nuit, jai grelotté, de froid, de fiÿvre , de douleur. Les tiraillements de ma peau déchirée rendaient chaque mouvement douloureux. Même respirer devenait un calvaire.
Au matin, il est venu vers moi, il avait une longue corde.Il ma détaché, a passé la corde dans le fil de fer qui me sert de collier et il ma traîné. Je pouvais à peine me tenir debout. Il ma attrapé par le cou et par une patte et ma jeté dans la voiture. Jai hurlé. Il a ri. Javais mal. Mais son rire ma rassuré. En général, quand il rit, il ne frappe pas trop longtemps. Ou moins fort.
Il a pris un chemin de montagne, un de ceux que nous prenons quand il memmÿne chasser. Mais jamais je naurai la force de chasser. Je ne peux même pas me remettre debout dans la voiture. Jai glissé entre les siÿges, sur le plancher et je ressens tous les cahots de la route empierrée.
Il fait beau. Au loin jentends des oiseaux chanter. Une abeille est venue se poser sur ma truffe. Je ne pouvais même pas la chasser. Elle sest envolée. Il doit y avoir p leins de lapins par ici. Je sens lodeur de leurs crottes. Il arrête la voiture. Il sort et fume une cigarette. Par la fenêtre japerçois la fumée bleutée qui sélÿve, mais je ne le vois pas, ma tête posée sur le plancher de la voiture. Jentends sa botte qui racle le sol. Il écrase sa cigarette. Il fait toujours cela. Il ouvre sa porte et se saisit de la corde et il tire dun coup sec. La douleur est fulgurante. Mon souffle est coupé. Il empoigne sans ménagement la peau de mon dos, comme le faisait ma mÿre lorsque jétais chiot. Mais il me fait mal. Je ne suis plus un chiot. Il me jette part terre et il me traîne en me tenant par les pattes. Ma langue sort de ma bouche, je nai plus de salive et la douleur de ma gorge est comme un fer rouge. Il sarrête enfin. Je sens alors les cailloux coupants du chemin qui ont ravivé mes plaies. Il me regarde. Me donne un coup de pied dans la mâchoire.
Pourquoi fait-il cela ?
Puis il saisit le bout libre de la corde et il le lance dans un arbre, en travers dune branche. Je ne comprends pas ce quil veut faire. Puis il se met à tirer. Jessaie de bouger, de me mettre sur mes pattes, mais je suis trop faible et je retombe, sans force. Il tire toujours, je sens ma tête qui sélÿve, la pression sur ma gorge est horrible. Jessaie daboyer mais je ne peux pas. Il tire encore, mes pattes de devant quittent le sol, je sens mes vertÿbres tendues à se rompre. Ma tête est rejetée en arriÿre.
Et japerçois Nina. Elle est là. A quelques mÿtres. Son corps noir et blanc tournoie à un mÿtre du sol. Sa langue sort entre ses lÿvres et des babines retroussées lui font un rictus menaçant, elle qui na jamais résisté.
Mes pattes arriÿre touchent le sol. La souffrance est de plus en plus horrible. Mes antérieurs griffent désespérément lair, je me débats, en vain. Mes cuisses sont tendues.Je veux vivre !
Je sens la tétanie qui les gagne, mes muscles tremblent. Le maître a allumé une cigarette. Il regarde. Il pa rle. Il me demande quel air je suis en train de lui jouer sur mon piano.
Je ne comprends pas. Lair passe de plus en plus mal
Il rit. Ma vision sobscurcit. Lair ne passe plus. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Les oiseaux qui sétaient tus se sont remis à chanter. Le soleil est haut dans le ciel. Je sens sa chaleur. Mais je ne le vois plus. Je nen peux plus. Trop mal.
La délivrance.
Raymond Audemard LED 2006
Pour bien comprendre le titre de ce texte, il faut savoir que lorsquun galguero pend son chien, sil a bien chassé ou bien couru, il sarrange pour que sa mort soit rapide.
Si, au contraire, le chien a mal chassé ou la déshonoré en perdant une course, il doit souffrir le plus longtemps possible. Le chien, pendu avec les postérieurs touchant le sol, pourra mettre des heures à agoniser. Ses antérieurs qui sagitent évoquent, pour les galgueros, les mouvements dun pianiste sur son clavier. Ils utilisent aussi le terme de Dactylo .
d un auteur inconnu :
> > Le journal d'un chien
Semaine 1:
Ca fait aujourd'hui une semaine que je suis né, ¡Quel bonheur d'être
arrivé dans ce monde!
Mois 01:
Ma maman s'occupe trÿs bien de moi. C'est une maman exemplaire.
Mois 02:
Aujourd'hui j'ai été séparé de maman. Elle était trÿs inquiÿte et m'a dit adieu du regard. En espérant que ma nouvelle "famille humaine" s'occupera aussi bien de moi qu'elle l'a fait.
Mois 04:
J'ai grandi vite, tout m'attire et m'intéresse. Il y a plusieurs enfants à la maison, ils sont pour moi comme des "petits frÿres". Nous sommes trÿs polissons, ils me tirent la queue, et je les mords pour jouer.
Mois 05:
Aujourd'hui, ils m'ont disputé. Ma maîtresse m'a grondé parce que j'ai fait "pipi" à l'intérieur de la maison, mais ils ne m'ont jamais dit où je devais le faire. En plus je dors dans la réserve... et je ne me plaignais pas!
Mois 12:
Aujourd'hui j'ai eu un an. Je suis un chien adulte. Mes maîtres disent que j'ai grandi plus qu'ils ne le pensaient. Qu'est-ce qu'ils doivent être fiers de moi !
Mois 13:
Aujourd'hui, je me suis senti trÿs mal. Mon "petit frÿre" m'a pris ma balle. Moi je ne lui prends jamais ses jouets. Alors je lui ai reprise. Mais mes mâchoires sont devenues fortes et je l'ai blessé sans le vouloir. Aprÿs la peur, ils m'ont enchaîné, je ne peux presque plus voir le soleil. Ils disent qu'ils vont me surveiller, que je suis un ingrat. Je ne comprends rien à ce qui se passe.
Mois 15:
Plus rien n'est pareil... je vis sur le balcon. Je me sens trÿs seul, ma famille ne m'aime plus. Ils oublient parfois que j'ai faim et soif. Quand il pleut, je n'ai pas de toit pour m'abriter.
Mois 16:
Aujourd'hui, ils m'ont fait descendre du balcon. J'étais sûr que ma famille m'avait pardonné et j'étais si content que je sautais de joie. Ma queue bougeait dans tous les sens. En plus, ils m'emmÿnent avec eux pour une promenade. Nous avons pris la direction de la route et d'un coup, ils se sont arrêtés. Ils ont ouvert la porte et je suis descendu tout content, croyant que nous allions passer la journée à la campagne. Je ne comprends pas pourquoi ils ont fermé la porte et sont partis. "Ecoutez, attendez !" Vous... vous m'oubliez. J'ai couru derriÿre la voiture de toutes mes forces. Mon angoisse grandissait quand je me rendais compte que j'allais m'évanouir et qu'ils ne s'arrêtaient pas : ils m'avaient oublié.
Mois 17:
J'ai essayé en vain de retrouver le chemin pour rentrer à la maison. Je me sens et je suis perdu. Sur mon chemin, il y a des gens de cour qui me regardent avec tristesse et me donnent un peu à manger. Je les remercie du regard et du fond du cour. J'aimerais qu'ils m'adoptent et je leur serais loyal comme personne. Mais ils disent juste "pauvre petit chien", il a dû se perdre.
Mois 18:
L'autre jour, je suis passé devant une école et j'ai vu plein d'enfants et de jeunes comme mes "petits frÿres". Je me suis approché et un groupe, en riant, m'a lancé une pluie de pierres pour "voir qui visait le mieux". Une des pierres m'a abîmé oil et depuis je ne vois plus de celui-ci.
Mois 19:
Vous ne le croirez pas, mais les gens avaient plus pitié de moi quand j'étais plus joli. Maintenant je suis trÿs maigre, mon aspect à changé. J'ai perdu mon oil et les gens me font partir à coup de balais quand j'essaie de me coucher dans un petit coin d'ombre.
Mois 20:
Je ne peux presque pas bouger. Aujourd'hui, en essayant de traverser la rue où circulent les voitures, je me suis fait renverser. Je pensais être dans un endroit sûr appelé fossé, mais je n'oublierai jamais le regard de satisfaction du conducteur qui a même fait un écart pour essayer de m'écraser. Si au moins il m'avait tué ! Mais il m'a éclaté la hanche. La douleur est terrible, mes pattes arriÿres ne réagissent plus et je me suis difficilement tiré vers un peu d'herbe au bord de la route.
Mois 21:
Cela fait 10 jours que je passe sous le soleil, la pluie, sans manger. Je ne peux pas bouger. La douleur est insupportable. Je me sens trÿs mal, je suis dans un lieu humide et on dirait même que mon poil tombe. Des gens passent, ils ne me voient même pas, d'autres disent "ne t'approche pas". Je suis presque inconscient, mais une force étrange m'a fait ouvrir les yeux... la douceur de sa voix m'a fait réagir. Elle disait "Pauvre petit chien, dans quel état ils t'ont laissé"... avec elle il y avait un monsieur en blouse blanche, il m'a touché et a dit "je regrette madame, mais ce chien ne peut plus être soigné, il vaut mieux arrêter ses souffrances". La gentille dame s'est mise à pleurer et a approuvé.Comme je le pouvais, j'ai bougé la queue et je l'ai regardé, la remerciant de m'aider à trouver enfin le repos.Je n'ai senti que la piqûre de la seringue et je me suis endormi pour toujours en me demandant pourquoi j'étais né si personne ne me voulait. La solution n'est pas de jeter un chien à la rue, mais de l'éduquer. Ne transforme pas en problÿme une compagnie fidÿle. Aide à faire prendre conscience et à mettre fin au problÿme des chiens abandonnés.
http://www.youtube.com/watch?v=te0SPwZCWCE...player_embedded
Le pianiste
Cétait un bout de terrain presque plat, une saignée dans la forêt, les hommes étaient là, en groupe. Ils fumaient des cigarettes mal odorantes quils roulaient tout en plaisantant. Nous, les galgos, on était au pied. Les oreilles agitées, attirées par les mille bruits de la forêt.
Un peu excités aussi, par lodeur du lapin qui était là, à quelques pas, dans la cage grillagée. On sentait sa peur. Elle nous attirait, comme un aimant.
Les hommes se sont mis en rang, chacun avec un galgo serré entre leurs cuisses, les colliers de corde ou de fil de fer étaient solidement tenus.
Le mien entrait douloureusement dans la peau de mon cou. Puis, ils ont ouvert la cage. Affolé, il a surgi à la vitesse de léclair. Au signal, les galgueros ont lâché les colliers. Jai ressenti une vive douleur à la queue. Pour me faire démarrer plus vite, mon maître la entaillée avec son couteau. Comme mes frÿres de course, je porte des dizaines de stigmates de ces coupures. Cela ne me fait pas courir plus vite, mais mon maître ne semble pas sen rendre compte.
Alors, jai couru. Couru de toutes mes forces, couru de tout mon être. Je voulais lattraper cette petite boule de fourrure beige qui sagitait frénétiquement devant nous, changeant sans cesse de trajectoire pour nous tromper. Le sang battait à mes tempes et je sentais lair sengouffrer dans ma large poitrine aprÿs les premiÿres secondes où javais retenu mon souffle.Mais je suis un coursier. Un chasseur et un coursier, et je ne le quittais pas du regard. Je percevais son affolement. Les hommes criaient, tapaient dans les mains, criant les noms des chiens qui couraient pour eux. Jétais presque sur lui, je recevais de minces giclées de poussiÿre soulevées par ses pattes.
Et puis, il y a eu cette motte de terre qui a cédé sous ma patte, jai perdu léquilibre un instant, mais je ne suis pas tombé. Blas, un grand galgo noir en a profité, il ma devancé et a attrapé le lapin. Il la secoué dans sa gueule, en sautant en lair de plaisir. Je me suis approché, mais il a grogné. Il était le vainqueur. Les hommes sont arrivés en courant, ils ont retiré son trophée à Blas. Il a aboyé. Il a reçu un coup de fouet.
Mon maître était furieux, je lai vu donner des morceaux de papiers au maître de Blas. Il ma attrapé par le collier, méchamment et a serré. Jai gémi. Il ma donné des coups de poings et des coups de pied. Ce nétait pas ma faute, je ne lavais pas vu cette motte de terre, et puis, le plus important cétait bien que le lapin qui sétait échappé ait été rattrapé. Même par Blas !
En revenant vers les voitures, jai aperçu Libra. Elle se traînait sur trois pattes. Elle était tombée. Los sortait de sa patte arriÿre droite, juste au-dessus de la cheville. Son propriétaire, un gros chasseur du coin la insultée, puis il la rouée de coups de pieds. Chaque fois que les coups atteignaient sa patte brisée el le hurlait. Il riait et il tapait encore plus fort. Puis il a donnée un coup de talon sur son dos. Elle na plus bougé. Plus gémi. Mais jai vu ses yeux. Elle était encore vivante.
Ils lont laissée là.
Il y avait de la biÿre, les hommes ont bu en plaisantant. Le soleil commençait à chauffer. Mon maître ma attaché au bout dune corde et il ma entraîné vers la voiture. Je suis monté à larriÿre, aidé dun bon coup de pied dans les reins. Tout en conduisant, trÿs vite malgré létat de la route, il na pas arrêté de hurler aprÿs moi. De minsulter. De temps en temps il se retournait et me frappait avec un bâton quil a toujours avec lui. Arrivé à la ferme, il ma attaché. Trÿs court. Je ne pouvais pas atteindre la vieille bassine pleine deau sale dans laquelle je bois habituellement. Il est rentré. Je lai entendu hurler encore.
Puis il est sorti, avec un fouet et il a commencé à me frapper. Je ne pouvais pas menfuir, tout au plus me rouler en boule. Le fil de fer métranglait et je suffoquais tandis que les coups pleuvaient sur mon dos, sur mes flancs.
Pourquoi ?
Au bout dun moment il sest calmé. Il est rentré. Le soleil cuisait mes plaies, les mouches se posaient sur moi, mais je navais même plus la force de les chasser.
Nina, une petite galga est venue lécher mes plaies. Je nai pas réagi. Cela apaisait un peu la brûlure. Mais elle ne pouvait rien faire pour ma gorge serrée et desséchée par la soif. Nina est là depuis longtemps, elle fait souvent des petits. Ils partent trÿs vite. Elle est vieille maintenant, elle est trÿs maigre. Elle est là depuis au moins cinq saisons de chasse.
La journée a été longue. Le maître est parti à la chasse, avec Nina. Au soir il est revenu. Seul. Je ne disais rien, je ne faisais aucun mouvement, comme si javais voulu me confondre avec le sol. Mais il est revenu vers moi. Il ma craché dessus et donné un coup de sa botte ferrée.
Toute la nuit, jai grelotté, de froid, de fiÿvre , de douleur. Les tiraillements de ma peau déchirée rendaient chaque mouvement douloureux. Même respirer devenait un calvaire.
Au matin, il est venu vers moi, il avait une longue corde.Il ma détaché, a passé la corde dans le fil de fer qui me sert de collier et il ma traîné. Je pouvais à peine me tenir debout. Il ma attrapé par le cou et par une patte et ma jeté dans la voiture. Jai hurlé. Il a ri. Javais mal. Mais son rire ma rassuré. En général, quand il rit, il ne frappe pas trop longtemps. Ou moins fort.
Il a pris un chemin de montagne, un de ceux que nous prenons quand il memmÿne chasser. Mais jamais je naurai la force de chasser. Je ne peux même pas me remettre debout dans la voiture. Jai glissé entre les siÿges, sur le plancher et je ressens tous les cahots de la route empierrée.
Il fait beau. Au loin jentends des oiseaux chanter. Une abeille est venue se poser sur ma truffe. Je ne pouvais même pas la chasser. Elle sest envolée. Il doit y avoir p leins de lapins par ici. Je sens lodeur de leurs crottes. Il arrête la voiture. Il sort et fume une cigarette. Par la fenêtre japerçois la fumée bleutée qui sélÿve, mais je ne le vois pas, ma tête posée sur le plancher de la voiture. Jentends sa botte qui racle le sol. Il écrase sa cigarette. Il fait toujours cela. Il ouvre sa porte et se saisit de la corde et il tire dun coup sec. La douleur est fulgurante. Mon souffle est coupé. Il empoigne sans ménagement la peau de mon dos, comme le faisait ma mÿre lorsque jétais chiot. Mais il me fait mal. Je ne suis plus un chiot. Il me jette part terre et il me traîne en me tenant par les pattes. Ma langue sort de ma bouche, je nai plus de salive et la douleur de ma gorge est comme un fer rouge. Il sarrête enfin. Je sens alors les cailloux coupants du chemin qui ont ravivé mes plaies. Il me regarde. Me donne un coup de pied dans la mâchoire.
Pourquoi fait-il cela ?
Puis il saisit le bout libre de la corde et il le lance dans un arbre, en travers dune branche. Je ne comprends pas ce quil veut faire. Puis il se met à tirer. Jessaie de bouger, de me mettre sur mes pattes, mais je suis trop faible et je retombe, sans force. Il tire toujours, je sens ma tête qui sélÿve, la pression sur ma gorge est horrible. Jessaie daboyer mais je ne peux pas. Il tire encore, mes pattes de devant quittent le sol, je sens mes vertÿbres tendues à se rompre. Ma tête est rejetée en arriÿre.
Et japerçois Nina. Elle est là. A quelques mÿtres. Son corps noir et blanc tournoie à un mÿtre du sol. Sa langue sort entre ses lÿvres et des babines retroussées lui font un rictus menaçant, elle qui na jamais résisté.
Mes pattes arriÿre touchent le sol. La souffrance est de plus en plus horrible. Mes antérieurs griffent désespérément lair, je me débats, en vain. Mes cuisses sont tendues.Je veux vivre !
Je sens la tétanie qui les gagne, mes muscles tremblent. Le maître a allumé une cigarette. Il regarde. Il pa rle. Il me demande quel air je suis en train de lui jouer sur mon piano.
Je ne comprends pas. Lair passe de plus en plus mal
Il rit. Ma vision sobscurcit. Lair ne passe plus. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Les oiseaux qui sétaient tus se sont remis à chanter. Le soleil est haut dans le ciel. Je sens sa chaleur. Mais je ne le vois plus. Je nen peux plus. Trop mal.
La délivrance.
Raymond Audemard LED 2006
Pour bien comprendre le titre de ce texte, il faut savoir que lorsquun galguero pend son chien, sil a bien chassé ou bien couru, il sarrange pour que sa mort soit rapide.
Si, au contraire, le chien a mal chassé ou la déshonoré en perdant une course, il doit souffrir le plus longtemps possible. Le chien, pendu avec les postérieurs touchant le sol, pourra mettre des heures à agoniser. Ses antérieurs qui sagitent évoquent, pour les galgueros, les mouvements dun pianiste sur son clavier. Ils utilisent aussi le terme de Dactylo .
d un auteur inconnu :
> > Le journal d'un chien
Semaine 1:
Ca fait aujourd'hui une semaine que je suis né, ¡Quel bonheur d'être
arrivé dans ce monde!
Mois 01:
Ma maman s'occupe trÿs bien de moi. C'est une maman exemplaire.
Mois 02:
Aujourd'hui j'ai été séparé de maman. Elle était trÿs inquiÿte et m'a dit adieu du regard. En espérant que ma nouvelle "famille humaine" s'occupera aussi bien de moi qu'elle l'a fait.
Mois 04:
J'ai grandi vite, tout m'attire et m'intéresse. Il y a plusieurs enfants à la maison, ils sont pour moi comme des "petits frÿres". Nous sommes trÿs polissons, ils me tirent la queue, et je les mords pour jouer.
Mois 05:
Aujourd'hui, ils m'ont disputé. Ma maîtresse m'a grondé parce que j'ai fait "pipi" à l'intérieur de la maison, mais ils ne m'ont jamais dit où je devais le faire. En plus je dors dans la réserve... et je ne me plaignais pas!
Mois 12:
Aujourd'hui j'ai eu un an. Je suis un chien adulte. Mes maîtres disent que j'ai grandi plus qu'ils ne le pensaient. Qu'est-ce qu'ils doivent être fiers de moi !
Mois 13:
Aujourd'hui, je me suis senti trÿs mal. Mon "petit frÿre" m'a pris ma balle. Moi je ne lui prends jamais ses jouets. Alors je lui ai reprise. Mais mes mâchoires sont devenues fortes et je l'ai blessé sans le vouloir. Aprÿs la peur, ils m'ont enchaîné, je ne peux presque plus voir le soleil. Ils disent qu'ils vont me surveiller, que je suis un ingrat. Je ne comprends rien à ce qui se passe.
Mois 15:
Plus rien n'est pareil... je vis sur le balcon. Je me sens trÿs seul, ma famille ne m'aime plus. Ils oublient parfois que j'ai faim et soif. Quand il pleut, je n'ai pas de toit pour m'abriter.
Mois 16:
Aujourd'hui, ils m'ont fait descendre du balcon. J'étais sûr que ma famille m'avait pardonné et j'étais si content que je sautais de joie. Ma queue bougeait dans tous les sens. En plus, ils m'emmÿnent avec eux pour une promenade. Nous avons pris la direction de la route et d'un coup, ils se sont arrêtés. Ils ont ouvert la porte et je suis descendu tout content, croyant que nous allions passer la journée à la campagne. Je ne comprends pas pourquoi ils ont fermé la porte et sont partis. "Ecoutez, attendez !" Vous... vous m'oubliez. J'ai couru derriÿre la voiture de toutes mes forces. Mon angoisse grandissait quand je me rendais compte que j'allais m'évanouir et qu'ils ne s'arrêtaient pas : ils m'avaient oublié.
Mois 17:
J'ai essayé en vain de retrouver le chemin pour rentrer à la maison. Je me sens et je suis perdu. Sur mon chemin, il y a des gens de cour qui me regardent avec tristesse et me donnent un peu à manger. Je les remercie du regard et du fond du cour. J'aimerais qu'ils m'adoptent et je leur serais loyal comme personne. Mais ils disent juste "pauvre petit chien", il a dû se perdre.
Mois 18:
L'autre jour, je suis passé devant une école et j'ai vu plein d'enfants et de jeunes comme mes "petits frÿres". Je me suis approché et un groupe, en riant, m'a lancé une pluie de pierres pour "voir qui visait le mieux". Une des pierres m'a abîmé oil et depuis je ne vois plus de celui-ci.
Mois 19:
Vous ne le croirez pas, mais les gens avaient plus pitié de moi quand j'étais plus joli. Maintenant je suis trÿs maigre, mon aspect à changé. J'ai perdu mon oil et les gens me font partir à coup de balais quand j'essaie de me coucher dans un petit coin d'ombre.
Mois 20:
Je ne peux presque pas bouger. Aujourd'hui, en essayant de traverser la rue où circulent les voitures, je me suis fait renverser. Je pensais être dans un endroit sûr appelé fossé, mais je n'oublierai jamais le regard de satisfaction du conducteur qui a même fait un écart pour essayer de m'écraser. Si au moins il m'avait tué ! Mais il m'a éclaté la hanche. La douleur est terrible, mes pattes arriÿres ne réagissent plus et je me suis difficilement tiré vers un peu d'herbe au bord de la route.
Mois 21:
Cela fait 10 jours que je passe sous le soleil, la pluie, sans manger. Je ne peux pas bouger. La douleur est insupportable. Je me sens trÿs mal, je suis dans un lieu humide et on dirait même que mon poil tombe. Des gens passent, ils ne me voient même pas, d'autres disent "ne t'approche pas". Je suis presque inconscient, mais une force étrange m'a fait ouvrir les yeux... la douceur de sa voix m'a fait réagir. Elle disait "Pauvre petit chien, dans quel état ils t'ont laissé"... avec elle il y avait un monsieur en blouse blanche, il m'a touché et a dit "je regrette madame, mais ce chien ne peut plus être soigné, il vaut mieux arrêter ses souffrances". La gentille dame s'est mise à pleurer et a approuvé.Comme je le pouvais, j'ai bougé la queue et je l'ai regardé, la remerciant de m'aider à trouver enfin le repos.Je n'ai senti que la piqûre de la seringue et je me suis endormi pour toujours en me demandant pourquoi j'étais né si personne ne me voulait. La solution n'est pas de jeter un chien à la rue, mais de l'éduquer. Ne transforme pas en problÿme une compagnie fidÿle. Aide à faire prendre conscience et à mettre fin au problÿme des chiens abandonnés.
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jtecoute
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Bart_Sylvain 
29 janv. 2012 - 12:28 -
catapulte 
02 janv. 2012 - 17:32 -
opportunité13 
15 juil. 2011 - 19:15 -
accrochecoeurs65 
11 avril 2011 - 20:22 -
Kapitaine 
07 avril 2011 - 13:21

catapulte
02 janv. 2012 - 17:33doug
24 déc. 2011 - 14:16accrochecoeurs65
11 avril 2011 - 20:23Invité
10 janv. 2011 - 02:07kiss du Québec xxx
usagi
03 janv. 2011 - 04:19accrochecoeurs65
02 janv. 2011 - 10:54accrochecoeurs65
22 déc. 2010 - 23:04Invité
10 déc. 2010 - 21:40kiss du Québec xxxx