Titsta
samedi 20 septembre 2008 à 16:57
Citation (Jadus @ dimanche 07 septembre 2008 à 19:35)

A la limite peu importe qui a lancé le débat et comment il l'a fait. Il y a quelques réponses intéressantes qui peuvent servir pour lancer un vrai débat. Personnellement, j'ai remarqué celle de Titsta et j'aimerais répondre sur quelques points.
Pour ceux qui contrairement à toi n'ont jamais approché le bouddhisme, rappelons qu'il existe 3 grands courants :
- Le Theravada : Le Petit Véhicule, c'est le bouddhisme "orthodoxe", la forme la plus ancienne, très monacale, assez rude et proches des textes les plus anciens. Les bouddhistes de ce courant tente de trouver l'Eveil personnellement,
- Le Mahayana : Le Grand Véhicule, plus tardif. Il met l'accent sur les bodhisattvas, ces éveillés qui refusent l'Eveil total pour aider les autres à trouver l'Eveil. Cette forme de bouddhisme met l'accent sur la compassion et l'aide envers autrui, alors que le Theravada est peut-être un peu plus tourné vers l'amélioration personnelle et la pratique personnelle.
- Le Vajrayana : Forme de bouddhisme ésotérique tibétain. C'est le fameux bouddhisme du Dalaï-Lama. C'est un bouddhisme très ritualisé, très symbolique et très riche en initiations et autres cérémonies.
Le Bouddha a expliqué qu'il existait 4 "nobles vérités", qui sont :
- La vie est source de souffrance (maladie, mort des proches, vieillesse etc),
- La souffrance vient de l'attachement, aux êtres, aux choses, aux idées...,
- Il est possible de cesser de souffrir,
- La cessation de la souffrance arrive quand on cesse de s'attacher,
Il arrive souvent que l'on reproche aux bouddhistes cette manière de voir les choses. Ne plus s'attacher, ce serait devenir froid, insensible. Non, le but des bouddhistes n'est pas cela. Au contraire, l'accent est mis sur la compassion et la vertu. L'attachement, c'est une mauvaise manière de vivre, c'est s'agripper aux choses, se créer une prison et obligatoirement créer des sources de souffrance. Si je m'attache à des objets, je sais pertinemment que tôt ou tard, je devrai m'en séparer et que cela entrainera de la souffrance. Pareillement, si je m'attache à une personne, je souffrirai quand elle mourra, quand elle me trahira, ou sortira de ma vie. Le bouddhiste ne veut pas couper les liens pour autant. Il peut vivre comme tout un chacun, mais il cesse de s'attacher, en se disant que de toute manière tout est impermanent, passager, et qu'il ne sert à rien de s'accrocher.
Parce que la plupart des gens ne peuvent pas imaginer une vie autre que celle qu'ils mènent. Pour un bouddhiste, tu serais probablement enchainé à des passions (au sens littéral, "passion" vient de "souffrir"), alors que lui est libre, ou tente de le devenir. Il est aussi vivant, mais voit les choses autrement. Il réagit également autrement.
Voila mon point de vue, libre à chacun de s'exprimer.
Excuse moi pour la réponse tardive :/
Je crois qu'il va changer beaucoup de chose pour moi ton post !! ^^
Vraiment intéressant et très bien expliqué !!!!
En plus, maintenant, j'ai l'impression d'être bouddhiste ! :mdr:
Mais pas vraiment dans un des courants qui existe.
Effectivement, en prenant comme base les enseignement de bouddha que tu as cité, je pense qu'on pourrai concevoir un bouddhisme qui ne serait pas ce que j'appelle une coupure de la vie.
Il y a tout de même un point sur lequel je ne suis pas totalement d'accord avec Bouddha. Dans l'idée que la cessation de la souffrance arrive quand on cesse de s'attacher. Enfin, c'est vrai dans l'absolu, mais je ne pense pas qu'il s'agisse de la seule voie pour cesser de souffrir. Or c'est ce que cette phrase semble insinuer.
Sinon, je ne suis pas sûr que la souffrance soit nécessairement mauvaise.
C'est pas que je sois pervers dans l'âme (quoique

) mais il me semble que la souffrance n'est pas nécessairement négative.
Quand on n'arrive pas à s'en libérer, oui, là c'est négatif.
Mais pour moi, souffrir fait partit de la vie. C'est parce qu'on souffre qu'on peut être heureux. (et parce qu'on est heureux qu'on peut souffrir, certainement) Pour moi, c'est indissociable. (et encore une fois, je ne pense pas être pervers quand je dis ça

)
Nous couper de toute forme de souffrance, c'est aussi nous couper de toute forme de bonheur. La béatitude bouddhiste me semble tout de même plus proche de l'apathie que du bonheur.
Certaines choses me fond du mal, mais paradoxalement, ce surpassement, la "sublimation" de cette souffrance me fait du bien aussi.
à mon avis, fuir les passions, c'est en avoir peur.
Mais à mon avis, comme bouddha dis qu'on peut cesser de souffrir, moi je pense qu'on peut aussi gérer ses passions pour ne pas s'y enfermer, tout en y puisant une vie bien plus profonde, bien plus vécu, que la vie béate des bouddhistes. (que je respecte profondément tout de même ! j'ai pas employé béate dans un sens péjoratif).