Dans notre société actuelle, le sexe tient une place centrale. Que ce soit dans les magazines, à la télé ou entre amis, la sexualité est le sujet incontournable face auquel nous devons tous faire bonne figure. Pourtant, le sexe n'est pas forcément synonyme de plaisir pour tout le monde, certains y sont même dépendants. Pas grave? Eh bien, si! Car les besoins sexuels n'ont rien de drôle si on les subit plus qu'on ne les jouit.
Pour ces accros du sexe - ou sex addict - faire l'amour n'est plus un simple moment de plaisir exquis, mais devient une souffrance physique et mentale. La dépendance est un signe d'un manque d'équilibre, une incapacité à gérer ses envies. Le sexe devient un besoin, un manque, une pulsion incontrôlable. Les sex addict sont alors soumis à la peur du manque, comme les toxicomanes.
Comment devient-on sex addict?
Chaque cas est différent, mais il existe des raisons biologiques, psychologiques et spirituelles à cet état. Biologique car la personne ne recherche pas tant le coït final, mais plutôt la sensation générale de l'acte sexuel, en fait ce sont les endorphines qui lui procurent du plaisir.
Psychologique car la personne y trouve un substitut pour faire face aux aléas et au stress de la vie, comme d'autres fument, font du sport ou boivent de l'alcool. Enfin, spirituelle car la personne vit son addiction comme une religion, elle se trouve de bonnes raisons d'agir ainsi. Elle lui permet de se sentir en vie.
Les limites
Comment faire la différence avec une personne qui aime le sexe à haute dose? Le sex addict a besoin de sexe comme un fumeur a besoin de cigarette. Il cherchera donc par tous les moyens d'assouvir son manque. Si le (ou la) partenaire n'a pas envie de faire l'amour, le sex addict ne comprendra pas ce refus et réagira de manière disproportionnée.
Ces personnes n'osent pas parler de leur problème, elles ne s'en vantent pas, elles culpabilisent. Elles comprennent que ce comportement n'est pas normal et elles préfèrent le garder pour elle plutôt que de passer pour des obsédés. Du coup, un cercle vicieux s'installe: elles s'isolent, rejettent famille et amis et se concentrent encore plus sur leur besoin de sexe.
Evolution
Tout commence par une phase obsessionnelle où la personne pense sans cesse à l'acte sexuel. Petit à petit, la deuxième phase se met en place: le sex addict établit des règles, des rituels sexuels - un schéma à suivre jusqu'à l'acte - qui stimulent l'excitation et donc l'obsession. La personne n'arrive ensuite plus à faire l'amour en dehors de ce rituel. Il y a ensuite prise de conscience de l'obsession mais incapacité à en sortir.
La pornographie devient alors souvent essentielle - ainsi que la masturbation - car les sex addict comprennent que leur partenaire ne parviendra pas à assouvir ses besoins. Les films pornographiques confortent la personne dans son comportement et crée un monde irréel. Ils stimulent leur imagination, déjà fertile en la matière. Ils isolent encore plus la personne qui préfère vivre dans ses fantasmes plutôt que d'avoir une relation avec leur compagnon ou leur compagne.
Il est possible de se soigner, mais cela prend du temps comme pour toute forme d'addiction. D'autant que, comme les toxicomanes ou les alcooliques, les sex addict nient leur comportement, rejetant sur les autres les raisons de leur comportement. Il faudra bien sûr s'entourer de spécialistes des troubles sexuels, mais la guérison est possible, afin de se réapproprier son corps et son esprit et redécouvrir les joies du sexe, simplement.
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