auteuil92
vendredi 02 mai 2008 à 10:57
Analyse - Cette France qui hait Paris…[
Analyse - Jeudi 01 Mai 2008 - 20h20 ]
Dissolution des Boys, exclusion de la CdL et mises en examen n’auront pas suffit : la France du foot se déclare outrée pas les sanctions qui ont touché le PSG. Anti-parisianisme, quand tu nous tiens… Une sanction cohérente mais très sévère.La Commission de discipline de la LFP a donc rendu son verdict mercredi soir : le Paris-Saint Germain est exclu de la prochaine Coupe de la Ligue, « (…)
considérant que la Finale de la Coupe de la Ligue, qui est l'une des grandes fêtes du football dans la saison, a été ternie et souillée par les supporters du PSG. » Dans un sens, c’est cohérent puisque il eu été absurde de condamner le PSG dans une compétions autre que celle où la « faute » a eu lieu.
Résumons donc :
- exclusion et sanction financières indirectes pour non participation à l’épreuve,
- dissolution des Boulogne Boys,
- mises en examen des responsables du déploiement de la banderole.
C’est lourd, très lourd en regard des ordureries que l’on peut lire et entendre partout chaque week-end dans les stades de Ligue 1. Mais pourtant, cela ne suffit visiblement pas à la « France du foot », ou plutôt la « France du foot provincial ». Eux, motivés uniquement par leur haine binaire du PSG, voulaient que le club de la capitale soit sanctionné autrement, qu’il ait un retrait de point(s) afin d’accélérer sa descente en Ligue 2. C’est tout. Peut importe que la « faute » ait été commise en Coupe de la Ligue, non c’est en Ligue 1 qu’il fallait sanctionner Paris ! Peu importe que les responsables aient été retrouvés, non il faut que le PSG descende !
Dans ce concert de réactions, la palme de l’hypocrisie verdâtre revient sans conteste au maire de Lens, lui voulant voir son équipe déclarée vainqueur de la finale sur tapis vert. Ben voyons… Il a beau jeu le loustic de brandir la « fierté du peuple du nord » pour servir d’aussi bas dessins. Quoi qu’il lui plaise, à lui ou à l’inénarrable Papin, la coucoupe elle est chez nous et y restera.
Le président de Toulouse a quant à lui était beaucoup plus fin : «
Je suis satisfait que des points n'aient pas été retirés à Paris car cela est préférable pour l'équité sportive avant le match de samedi. »
Paris, ville vampire ?Que les choses soient claires : nous condamnons les insultes gratuites proférées à l’encontre des Lensois. C’était stupide et méchant, OK. Mais ce qui nous révulse, nous supporteurs parisiens, c’est
l’hypocrisie généralisée que l’on ressent à l’encontre de nos couleurs.
Lorsqu’il joue à l’extérieur, il n’existe pas de club qui soit autant insulté dans les stades de province que le PSG. Paris, il est de bon ton de l’injurier, c’est normal, c’est la coutume et personne ne dit rien. On hait la capitale et personne ne s’offusque. Mais lorsque l’injure vient de Paris, là ça s’agite, ça lève les bras au ciel et ça braille au viol ! Etonnant non ? Nous en voulons pour preuve les « Paris en Ligue 2 » qui fleurissent depuis deux semaines dans les stades de France.
Aussi, personne ne s’est offusqué lorsque les Stéphanois en appelaient au meurtre envers les lyonnais, ou lorsque ces derniers ont répliqué avec des « Vous êtes des ordures consanguines ». Mais puisque la banderole venait des supporteurs parisiens, l’affaire a pris des proportions gigantesques au point d’en faire appel à la police scientifique pour retrouver les coupables. Ridicule et hypocrite…
Pour expliquer cette haine systématique des provinciaux envers la capitale, nous vous invitons à lire le livre de Bernard Marchand, "Paris, histoire d'une ville - XIXè-XXè siècle", au Points Seuil. Extraits :
«
Le thème d'un Paris vampire qui progresserait en épuisant les ressources du pays, en particulier sa population, est apparu dès le XVIIIè. Le thème de la ville-vampire a néanmoins acquis une force considérable depuis un siècle et demi qui montre bien qu'il s'agit d'avantage d'un mythe que d'un fait et d'idéologie que d'urbanisme. »
«
Les critiques ont reproché principalement à la capitale sa grande taille et sa croissance excessive, sans songer qu'il s'agissait là plutôt d'effets que de causes. Le paradoxe de l'anti-parisianisme est qu'il est durable mais ne semble fondé sur aucune base sérieuse. »
«
On n'a jamais pu démontrer, malgré tant d'efforts, l'inefficacité des très grandes villes. Pendant cinquante années, l'aménagement, en France, a été fondé sur le postulat que Paris ruinait la province, mais aucune étude n'a tenté de vérifier cette hypothèse, ce qui montre bien qu'elle correspondait davantage à un parti pris idéologique qu'à une politique sérieuse. »
«
L'opinion croit à des contre-vérités et veut y croire manifestement. Comment expliquer une telle hostilité envers Paris ? Le sentiment n'est pas nouveau et il peut être rattaché à quelques courants idéologiques fondamentaux de l'histoire française. On pense bien sûr au centralisme jacobin qui a sévit en France juste après la Révolution. La haine est partie de là. On pense aussi au pétaino-conservatisme français qui a toujours considéré les grandes villes comme néfastes et prôné le retour à la campagne ; aussi au malthusianisme français, particulièrement à gauche, qui considère la production de richesses comme un mal.»
«
Jalousée politiquement, économiquement (à tort, nous l’avons vu) et culturellement, la ville de Paris cristallise depuis deux siècles de violentes rancœurs non fondées pour la plupart. Surtout, elle est le siège du pouvoir politique, de l’Etat et donc de l’autorité. Il est de bon ton de haïr l’autorité. »
Et le PSG dans tout ça ? Représentant footballistique de la capitale, il n’échappe naturellement pas à cette hostilité. C’est mécanique : Paris représente le pouvoir, on la déteste pour ça. Le PSG représente Paris, donc on le déteste aussi. Raisonnement plus que simplet mais bien réel.

De l’utilité d’interjeter appelAlors que les dirigeants et les supporteurs du club craignaient un retrait de point, on pouvait penser que cette sanction était, finalement, un moindre mal. Mais dans un communiqué mercredi soir, le PSG a clairement laissé sous-entendre qu’il ferait appel de cette décision. Surprenant… Car en appel la sanction révisée être plus lourde que l’originale, le SC Bastia en ayant fait l’amère expérience récemment. Et ne valait-il mieux pas accepter cette exclusion, tourner la page définitivement et enfin se concentrer au maintien ?
Ce sera donc à la commission supérieure d'appel de la FFF de trancher. Nuls doutes que l’on n’a pas fini d’entendre parler de cette affaire de la banderole…
Quant à nous, cela ne changera rien. Nous continuerons quoi qu’il arrive d’être les supporteurs du club le plus détesté de France. Autant en rire…
Allpsg.com