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personne d autre pour une reponse instinctive sèrieuse ???
Salut, je vais te répondre non pas d'une manière "instinctive", mais plutôt très développée (et très sérieuse). N'hésite donc pas à me demander si tu ne comprends pas toute ma réponse, car ta question soulève un problème complexe.
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les scientifique dise que L univers a 15 milliards d années. mais alor y avait quoi avant ? il y a 16 milliards d années par exemple ?
L'univers aurait plus précisément 14,7 milliards d'années, avec faible pourcentage d'incertitude (3 méthodes d'observations permettent de le déduire, et conduisent vers cet âge). Qu'y avait-il avant ? Eh bien cette question est au coeur des considérations de notre communauté scientifique. D'après le modèle classique du Big Bang, l'univers est né par inflation suite au Big Bang, une sorte d'explosion ayant crée le temps et l'espace : il n'y aurait donc "
rien" avant celui-ci.
Mais qu'est ce réellement que le Big Bang, si ce n'est une singularité mathématique ou un problème métaphysique ? Peut-il ne rien y avoir avant ? Et si oui, comment un processus physique peut-il avoir lieu sans conditions initiales ?En fait, ces questions sont l'oeuvre d'un véritable conflit théorique de notre physique. Dans l'état actuel de nos connaissances, les piliers fondamentaux que sont la relativité générale et la mécanique quantique, qui intègrent le modèle du Big Bang, ne permettent pas la résolution des équations descriptives des trous noirs et de l'instant zero : pire, selon la théorie de référence, les résultats sont contradictoires.
Pourtant, chacune de ces théories décrit parfaitement ses domaines d'applications. La RG permet d'expliquer les phénomènes astronomiques liés à l'infiniment grand (comportement des galaxies, évolution des corps célèstes, naissance des étoiles etc), et la MQ explique elle, l'ensemble des évènements liés à l'infiniment petit (réactions nucléaires, comportement des électrons et du noyau des atomes etc). J'y reviendrais plus bas.
Donc, pour reprendre la question de l'origine de l'univers, il est nécessaire de recourir à la métaphysique, au subjectif : l'univers serait t-il cyclique (sans début ni fin), ou est-il évolutif à sens unique (avec début et fin). Personnellement, je ne conçois pas un univers à non retour et "mourant", mais pense plutôt qu'il est éternel et à reproduction cyclique.
D'ailleurs, cette idée animait déjà Albert Einstein, qui avait envisagé en 1917, le modèle de l'univers statique, lui proposant des propriétés invariantes dans le temps et l'espace. Cela parce que Einstein considérait l'observation de Hubble (décalage du spectre lumineux) comme pouvant être le résultat d'une fatigue de la lumière (des photons), qui aurait perdue de l'énergie lors de son long parcours au travers de l'espace. Cette théorie concurrente à celle du Big Bang fut néanmoins invalidée par de précises mesures du rayonnement fossile par le satellite Cobe en 1990. C'est alors qu'en 1993, les trois astronomes Jayan Narlikar, Geoffrey Burbridge et Fred Hoyle ont proposé une nouvelle version du modèle stationnaire, décrivant l'univers comme une succession de périodes de contraction et d'expansion : c'est la théorie de l'univers quasi-stationnaire. Parallèlement, le physicien suédois Hannes Alfen, qui repris l'idée de l'univers statique à grande échelle avancée par Albert Einstein, développa l'univers plasma, considérant que l'expansion ne serait qu'un phénomène "local".
Ces théories n'ont toujours pas été invalidées, et restent, bien que bien moins populaires, concurrentes à celle du Big Bang. Et pour cause, un problème de taille vient entacher cette dernière, dès lors incomplète :
Que s'est t-il passée lors des 10^(-43) seconde initiale de l'Univers, alors que la température était supérieur à 10^(32) degrés ?Dans ce labs de temps, appelé "ère de Planck", aucune de nos théories, si développées soient-elles, ne fonctionnes. Ce que soupçonnent dès lors les cosmologistes et physiciens, c'est que nos quatre forces d'interaction fondamentales de la matière (éléctromagnétisme, interaction nucléaire forte et faible, gravitation universelle) n'en feraient qu'une. D'où la nécessité de l'unification des théories qui la décrivent. C'est alors qu'interviennent, évidemment, les théories réunificatrices (dites, "théories du Tout"), qui sans n'être opposée à la théorie du Big Bang, l'englobent dans un modèle conciliant les principaux piliers de la physique fondamentale, évoqués plus haut : la relativité générale et la mécanique quantique.
La plus célèbre, la théorie des cordes, et plus précisément, "la théorie M", présenterait l'univers comme "contenu" dans un ensemble dimensionnel supérieur, appelé "Bulk", et dans lequel différents univers réduits à 2 dimensions (les "branes"), s'entrechoqueraient éternellement en dégageant une énergie colossale, qui tendrait vers l'infinie dans chacune des branes. Il faudrait alors percevoir chaque bi-univers tel que l'extrémité d'un ressort en phase perpetuelle de "compression-extansion", dans lequel chaque collision libererait une énergie capable "d'écarteler de nouveau le ressort", augmentant la distance de chaque brane entre elle, et modifiant en conséquence l'expansion interne de chacune d'entre-elle. C'est alors une fois l'énergie interne de chaque brane dissipée par leur expansion (température moyenne de l'univers alors très basse) et concentrée en astres supermassifs (trous noirs), que l'effet "ressort" tendrait à recontracter chaque brane entres-elles. Bien que l'expansion constatée aujourd'hui soit en accélération, les scientifiques n'excluent effectivement pas le scénario du Big-Crunch (recontraction de l'univers sur lui-même), car ils envisagent la possibilité d'un changement d'état de l'énergie sombre (en adéquation à un renversement du mouvement branaire).
Cela pourrait d'ailleurs expliquer l'asymétrie originelle entre matière et antimatière, par une projection chaotique de l'anti-matière dans un anti-univers (la seconde brane), dans lequel l'anti matière triompherait. Evidemment, d'autres explications tel que l'apparition de différences d'état primordial entre matière et anti-matière sous certaines conditions, remplies suite au Big Bang, pourraient expliquer d'après le modèle standard de la physique, pourquoi nous ne sommes pas constitué d'anti-matière. Seul actuel problème, ces différences ne suffisent pas, selon les expériences réalisées en accélérateur de particules, à générer toute la matière présente dans l'univers. Le mystère reste donc tout entier.
Ainsi, à la question
"mais alor y avait quoi avant ? il y a 16 milliards d années par exemple ?", il est nécessaire de franchir tous ce dont nous connaissons de l'univers. Le professeur Andrei Linde a par exemple imaginé, au travers de la théorie de l'Univers inflationnaire éternel auto-reproducteur, que notre univers intégral (l'univers "contenant" notre univers observable), qu'il nomme domaine cosmique en expansion, possèderait un diamètre croissant d'environ 10^((10)^10) années lumière (10 élevé à la puissance 10000000000), soit, un domaine démesurément vaste.
Mais cela ne constituerait qu'un domaine parmi tant d'autres, tous issus d'une émergence aléatoire spontanée de Big-Bangs dans un méta-univers à champ d'énergie quantique fluctuant. Selon la théorie des cordes, il existerait 10^1000 variétés différentes de domaines, chacun doté de constantes physiques différentes. Quant au nombre de domaine, il pourrait être infini tout en résultant d'un processus de création éternel...
De quoi donner le vertige...
Ce que nous percevons de notre univers serait telle une goutte d'eau noyée dans un océan spatial et temporel infini...
...Einstein disait que l'univers nous avait doté de la curiosité de le comprendre, sans nous en donner les capacités intellectuelles... il n'avait pas tort...