Version complète : citation du livre en cours de lecture
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chirona
Souvent, pendant mes lectures, je suis frappée par une phrase ou tout un passage qui me plaît ou qui m'interpelle. Je propose dans ce topic que chacun vienne poster une citation qui lui a plu dans le livre qu'il est en train de lire.

La meilleure réussite consiste à se satisfaire soi-même.

Ce n'est pas la connaissance, c'est l'ignorance qui nous dispense la félicité.

Extraits de la nouvelle "L'arbre de la connaissance", Henry James.

grododo
super!!!!
alors moi il y a deux phrases d'eliette abecassis "heureux evenement" qui m'ont marquees:
"les hommes sont de faibles choses.ils sont trop sensibles. ils n'ont pas connu les menstruations, les nausees, la grossesse, l'accouchement, l'episiotomie. les homme sont des femmes heureuses"
je trouve ca excellent!!
"- et quel est le veritable role du pere selon vous docteur?
- c'est celui qui s'interpose entre la mere et l'enfant"
chirona
Je viens de démarrer la lecture de 1984 de George Orwell.

"On devait vivre, on vivait, car l'habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l'obscurité, tout mouvement était perçu."

"LA GUERRE C'EST LA PAIX
LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE
L'IGNORANCE C'EST LA FORCE
"
grododo
extraits des "yeux jaunes des crocodiles" de katherine pancol

"elle (josephine" regardait attentivement le ciel etoile et particulierement la derniere etoile au bout du manche de la Grande Ourse. c'etait son etoile quand elle etait petite. Son pere la lui avait offerte, un soir qu'elle avait un gros chagrin, il ui avait dit:" tu vois, Jo, cette petite etoile au bot de la casserole, elle est comme toi, si tu l'enleves, la casserole perd son equilibre, et toi, si on te retire de la famille, la famille s'ecroule parce que tu es la joie incarnee, la bonne humeur, la generosite...Dans chaque famille, il y a des gens qui ont l'air de petits boulons insignifiants, et pourtant, sans eux, il n'y a plus de vie possible, plus d'amour, plus de rires, plus de fetes, plus de lumiere pour eclairer les autres. Toi et moi, nous sommes des petits boulons d'amour..."

c'est super mignon je trouve, et une tres belle facon de consoler son enfant!

un aute extrait un peu plus sombre;

"L'ambition est une passion devastatrice. L'avare se repait de son or, le debauche se repait de la chair, l'orgueilleux se bouffit de vanite, mais l'ambitieux qui n'a pas reussi, de quoi se nourrit il si ce n'est de lui meme? Il se ronge, il se detruit lentement, rien ne peut apaiser sa soif de briller, de reussir. Il est pret a se vendre ou a s'emparer de l'ame du talent des autres pour se hisser jusqu'au succes. Pour qu'enfin on l'applaudisse."
Théia
Voilà. Moi la plus belle citation du livre que je suis en train de lire, c'est :

"M'enfin...!"
sleep8ge.gif .



Sinon, je lis parallèlement un autre bouquin et j'y ai relevé cette phrase :

"La neurofibromatose est un désordre génétique autosomique dominant qui touche le chromosome 17".

.... mais avouez quand même que la première citation est bien meilleure. sleep8ge.gif
grododo
vive gaston lagaffe!!! thumbup.gif
c'est un de mes maitres et je m'applique chaque jour a respecter sa philosophie!!! laugh.gif
maryelle
Dans les livres de Beckett, il y a pleins de petites phrases dans le genre :

"Nous naissons tous fous. Quelques uns le demeurent.", S. Beckett, En attendant Godot.

ou bien

"On est ce qu'on est, en partie tout au moins.", S. Beckett, Molloy.

et il me semble que celle-ci est dans le même livre :

"C'est le commencement qui est le pire, puis le milieu puis la fin ; à la fin, c'est la fin qui est le pire."

J'adore sa façon de jouer avec les mots, ça semble incompréhensible à la première lecture mais une fois qu'on y regarde de plus près.... sleep8ge.gif
imperatricedumonde
Extrait de "Déboires" d'Augusten Burroughs :
(le narrateur est un publicitaire new yorkais) "Ma formule préférée était "2-Cs-in-a-K", qui désigne un film publicitaire standard pour un produit ménager. C'est l'abréviation de "Two Cunts in a Kitchen". (Deux connes dans une cuisine)

l'évidence de ce scénario standard pour ce genre de pub m'a sauté au nez et l'expresion m'a beaucoup fait rire.
yop!
Heu.. "cunt" ne veut pas exactement dire "conne" mais "con" désignant argotiquement le sexe de la femme, ainsi que la femme elle-même dans un haut degré de vulgarité. smile.gif
"2 Cs In a K" prend un sens encore plus savoureux.
imperatricedumonde
je m'en réfère à la traduction de la traductrice tout simplement mais merci de ces précisions
Théia
Citation (grododo31 @ dimanche 20 janvier 2008 à 17:11) *
vive gaston lagaffe!!! thumbup.gif
c'est un de mes maitres et je m'applique chaque jour a respecter sa philosophie!!! laugh.gif



laugh.gif Aaah Grododo j'adore ta spontanéité et ta bonne humeur !!

Bon alors... un peu plus sérieux. Je ne suis pas sure que, sortie de son contexte, cette phrase soit très compréhensible mais j'essaie... :

" L'enseignement universel est d'abord l'universelle vérification du semblable que peuvent faire tous les émancipés, tous ceux qui ont décidé de se penser comme des hommes semblables à tout autre".

C'est un extrait de "Le maître ignorant".
L'auteur est Jacques Rancière, professeur de philosophie à Paris VIII

Théia
crying8vr.gif
C'est ma citation qui vous a sapé le moral ?

Cela dit, elle est sapeuse de moral, je vous l'accorde sleep8ge.gif . Je trouverai moins chiant la prochaine fois weep.gif

(mais ce bouquin est vraiment passionant ! smile.gif )

grododo
euh...je dois avouer que je n'avais rien compris! blush.gif
la prochaine fois, reste sur du lagaffe c'est bien plus accessible!! tongue.gif
Théia
laugh.gif laugh.gif T'as raison, Gaston a l'esprit moins tordu.

Finalement je n'ai pas pris un bon exemple. Ce genre de phrase sortie du contexte ne veut pas dire grand chose...
Promis, ma prochaine citation sera en français wink1.gif
chirona
Continuons sur 1984 de George Orwell :
Jour par jour, et presque minute par minute, le passé était mis à jour. On pouvait ainsi prouver, avec documents à l'appui, que les prédictions faites par le Parti s'étaient vérifiées.[...] L'histoire tout entière était un palimpseste gratté et réécrit aussi souvent que c'était nécessaire.
grododo
Jim Fergus "mille femmes blanches"

"au chef Sac Black Hawk qui lui avait dit un jour que "la terre ne se vend pas, ca rien ne peut etre vendu qu'on ne peut emporter avec soi""

(May Dodd) "franchement, vu la facon dont j'ai ete traite par les gens dits "civilises", il me tarde finalment d'aller vivre chez les sauvages"
(pour remettre dans le contexte, May a ete internee pour avoir eu des enfants avec un homme mois "noble" qu'elle et hors mariage!)
grododo
"pars vite et reviens tard" de frad vargas

"
le meilleur des conseils (pour eviter la peste, ndlr!!)cito longe fugeas et tarde redeas. C'est-a-dire, fuis vite longtemps et reviens tard"
chirona
1984, George Orwell :
La souffrance par elle-même ne suffit pas toujours. Il y a des cas où les êtres humains supportent la douleur, même jusqu'à la mort. Mais il y a pour chaque individu quelque chose qu'il ne peut supporter, qu'il ne peut contempler. Il ne s'agit pas de courage ni de lâcheté. Quand on tombe d'une hauteur, ce n'est pas une lâcheté que de se cramponner à une corde. Quand on remonte du fond de l'eau, ce n'est pas une lâcheté que de s'emplir les poumons d'air. C'est simplement un instinct auquel on ne peut désobéir.

C'est l'idée que l'on ne peut supporter la souffance si elle est alliée à la pire de nos terreurs. Quand un régime dictatorial se met en place, voilà un moyen efficace qu'il peut instaurer pour contrôler la population. Orwell décrit cela très bien dans son roman.
Fannotte
"N'est-il pas vrai qu'au départ de la vie on est un petit enfant sage qui croit à tout ce qui se présente sous le toit paternel? Puis vient le jour laodicéen où l'on sait qu'on est pauvre et misérable et malheureux et aveugle et nu, et, avec le visage macabre et désolé d'un spectre, on traverse en frissonnant une vie de cauchemar."

Sur la route J.Kerouac.
grododo
"le livre de saphir" de Gilbert Sinoue

Citation
Lorsque l'on aborde nos vieux ages et que les rides recouvrent les souvenirs on ne s 'attache plus au temps qui s'ecoule"



Citation
d'ou venez vous demande-t-on aux aborigenes? "Nous venons du reve"



Citation
qui commence par le reve ou la folie sait tres bien ou il va: a la folie ou au reve. Mais le raisonnement nous jette en pleine aventure
J. Paulhan


Citation
aimer c'est vivre et mourir d'un pari infernal que l'on fait sur ce qui se passe dans l'ame de l'autre
Paul Valery


je dois avouer que ma citation preferee est la derniere! smile.gif
chirona
Voici la 4ème de couverture du livre de Daniel Pennac intitulé Comme un roman :

Les droits imprescriptibles du lecteur :
1 - Le droit de ne pas lire.
2 - Le droit de sauter des pages
3 - Le droit de ne pas finir un livre.
4 - Le droit de relire.
5 - Le droit de lire n'importe quoi.
6 - Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
7 - Le droit de lire n'importe où.
8 - Le droit de grappiller.
9 - Le droit de lire à haute voix.
10 - Le droit de nous taire.

J'adhère à tous ces droits. J'ai malheureusement eu beaucoup de mal à suivre les n ° 1 et 3 à la fac car je n'avais pas vraiment le choix quand je lisais des livres qui ne me plaisaient pas wallbash.gif .
Onze minutes
J'ai retenu la meme chose que chirona lorsque je l'ai lu...


"Quand la bouche se ferme, que l'on allait dire quelques chose d'important"
Dans La Sorcière de Portobello de Paulo coelho.

Un autre passage a retenu mon attention mais un peu trop long pour un post... smile.gif
chirona
Citation (Onze minutes @ dimanche 30 mars 2008 à 22:03) *
J'ai retenu la meme chose que chirona lorsque je l'ai lu...


"Quand la bouche se ferme, que l'on allait dire quelques chose d'important"
Dans La Sorcière de Portobello de Paulo coelho.

Un autre passage a retenu mon attention mais un peu trop long pour un post... smile.gif


Dommage !
Onze minutes
(Le prêtre vient de refuser la communion à Athéna parce qu'elle a divorcée)

(Athéna au prêtre)
"Que ce lieu soit maudit! s'est-elle écriée. Que soient maudits ceux qui n'ont jamais entendu les paroles du Christ et qui ont fait de son message une construction de pierre. Car le christ à dit: "Que viennent à moi ceux qui souffrent, et je les soulagerai." Je souffre, je suis blessée, et il ne me laisse pas aller jusqu'à Lui. J'ai appris aujourd'hui ce que l4église avait fai de ces paroles: Que viennent à moi ceux qui suivent nos règles, et qu'ils laissent tomber ceux qui souffrent!"
chirona
Daniel Pennac, Comme un roman :

"Plutôt que de laisser l'intelligence du texte parler par notre bouche, nous nous en remettons à notre propre intelligence, et parlons du texte."

"Chaque lecture est un acte de résistance. De résistance à quoi ? A toutes les contingences. Toutes :*
- sociales.
- professionnelles.
- psychologiques.
- affectives.
- climatiques.
- familiales.
- domestiques.
- grégaires.
- pathologiques.
- pécuniaires.
- idéologiques.
- culturelles.
- ou nombrilaires.
Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même."
grododo
"la huitieme couleur, tome1 des annales du disque-monde" Terry Pratchett


Citation
"Disons seulement que si le chaos absolu se traduisait par la foudre, ce gars la serait du genre a rester debout en haut d'une colline, en armure de cuivre mouillee, et a brailler:" tous les dieux sont des salauds!". Vous avez a manger?"



j'adore!!! biggrin.gif
grododo
Toutes ces citations sont extraites du livre "oscar et la dame rose" d'eric-emmanuel Schmitt
pour rendre justice a ce livre extraordinaire, il faudrait que je retranscrive le texte en entier, mais bon je mettrais seulement les passages qui m'ont le plus touche!
Donc c'est oscar qui parle, un petit garcon de dix ans, gravement malade.

Citation
Ecrire c'est rien qu'un mensonge qui enjolive. Un truc d'adulte



Citation
J'ai compris que je suis devenu un mauvais malade, un malade qui empeche de croire que la medecine, c'est formidable.



Citation
Si je m'interesse a ce que pense les cons, je n'aurai plus de temps pour ce que pensent les gens intelligents



Citation
J'ai compris que tu (Dieu) étais la. Que tu me disais ton secret: regarde chaque jour le monde comme si c'etait la premiere fois.



Citation
...la vie c'etait un drole de cadeu. Au depart on le surestime, ce cadeau: on croit avoir recu la vie eternelle. Apres, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque pret a le jeter. Enfin on se rend compte que ce n'etait pas un cadeau, mais juste un pret. Alors on essaie de le meriter.
Vyvyan
La terre entière, continuellement imbibée de sang, n'est qu'un autel immense où tout ce qui vit doit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu'à la consommation des choses, jusqu'à l'extinction du mal, jusqu'à la mort de la mort.

Joseph de Maistre

Les soirées de Saint-Pétersbourg
Clarie
"Apprendre à donner commence par renoncer à meurtrir les autres.Ce faisant vous renoncer aussi à vous nuire, car faire mal aux autres, c'est se blesser d'abord soi-même." Le Dalai-Lama.
Clarie
"Un des poisons les plus violents de notre vie est constitué par toutes les peurs qui nous habitent. Nous sommes d'une habileté incroyable pour créer de nouvelles peurs, pour entretenir les anciennes, pour renouveler et tenir à jour le stock inépuisable de nos peurs" (Jacques Salomé)
chirona
Voici des extraits de Mauricio ou les élections sentimentales d'Eduardo Mendoza

Résumé du livre
Après des années d'absence, Mauricio, dentiste idéaliste et sans caractère, revient vivre à Barcelone. Une rencontre fortuite l'amène à participer à la campagne électorale du parti socialiste et à nouer une relation amoureuse avec deux femmes : Clotilde, féministe, radicale, qui se donne pour ambition de réussir dans le monde pragmatique des affaires et des tribunaux, et Porritos, militante dans un quartier ouvrier, qui n'écoute que ses sentiments et ses convictions. Entre les deux, le coeur de Mauricio balance. En même temps qu'il découvre avec Clotilde les restaurants branchés de Barcelone, fréquente la nouvelle génération fière de sa réussite sociale et esquisse des projets de mariage, il se sent de plus en plus attiré par Porritos dont le destin tragique éveille en lui des sentiments confus et obscurs. Personnage à part entière de ce roman tendu sur le fil subtil d'une histoire sentimentale, la 'ville des prodiges' est ici le retable d'une société qui assiste à la fin de ses utopies et à la perte de ses illusions, où quelques-uns assument jusqu'au bout leur engagement d'antan et d'autres troquent, avec ou sans états d'âme, un idéal solidaire pour leur désir égoïste de prospérité.


Selon les théologiens, les anges ne sont pas éternels. Dieu seul est éternel.

... se faire du mauvais sang pour des choses qui n'ont pas de solutions ne sert à rien

un progrès réel, même minime, a plus de valeur qu'une promesse ou que toutes les espérances

sa nature se rebellait devant cette forme d'intelligence élémentaire, invulnérable à toute tentative de négociation : évocation de l'informatique

l'oubli, quand il s'agit de choses importantes, est soit un mauvais fonctionnement du cerveau soit une simple commodité

la distance rapetisse tout, à l'égal du temps

Si gémir était un travail rémunéré, nous serions riches
.

Tantôt on exigeait de lui des solutions, tantôt on lui imputait des responsabilités, quand ce n'était pas les deux choses à la fois. (concernant Mauricio)

dans le monde réel, les choses ne trouvent pas de solution à cause de l'aveuglement et de l'obstination des individus

Il faut conformer la pensée à la réalité et non travestir la réalité pour la faire coïncider avec nos idées.

Vous ne devez pas juger avec sévérité une religion, ni la manière de comprendre la religion du seul fait qu'elle ne correspond pas à la vôtre.

Si Dieu n'existe pas, mais si l'être humain a besoin de croire en quelque entité supérieure dont les desseins régissent l'univers, justifient le mystérieux et excusent le terrible, mieux vaut un polythéisme civilisé.

L'optimisme et le pessimisme sont deux manières de prédire l'avenir, comme l'horoscope et le tarot auxquels je ne crois pas.
Plimsoll
Citation
- Je veux dire, dit le directeur, à quoi passez-vous votre temps?
- Le plus clair de mon temps, dit Colin, je le passe à l'obscurcir.
- Pourquoi? demanda plus bas le directeur.
- Parce que la lumière me gène, dit Colin


L'écume des jours de Boris Vian

Voilà un livre dont je regrette d'avoir repoussé si longtemps la lecture....
chirona
L'invitée de Simone de Beauvoir :

"il y avait des joies qu'elle ne pouvait pas connaître en sa présence : toutes les joies de la solitude"

"Elle avait ce pouvoir : sa présence arrachait les choses à leur inconscience, elle leur donnait leur couleur, leur odeur."

"Rien n'était réel que sa propre vie."

"J'ai compris qu'il fallait se résigner à choisir."

"On ne peut pas réaliser que les autres gens sont des consciences qui se sentent du dedans comme on se sent soi-même."


"la beauté n'est que dans l'oeuvre réalisée"

"Le temps n'est pas fait d'un tas de petits morceaux séparés dans lesquels on puisse s'enfermer successivement ; quand vous croyez vivre tout simplement au présent, bon gré, mal gré, vous engagez l'avenir."
chirona
Mister Pip de Lloyd Jones

Citation
... à force de questions, on pouvait rendre très banal quelque chose de très rare


Citation
Personne ne nous avait dit qu'on pouvait trouver des amis dans un livre.


Citation
... même si nous ne connaissons pas le monde entier, nous pouvons l'inventer


Citation
Certaines histoires aident à trouver le bonheur et la vérité. D'autres incitent à ne pas faire deux fois la même erreur. Celles-là comportent une leçon.


Citation
Si tous nos actes étaient sensés, le monde serait différent de ce qu'il est aujourd'hui. Mais la vie serait moins intéressante...

Une certaine définition de la dépression :
Citation
En général, ce genre de chose arrive sans crier gare. on se retrouve assis à attendre dans une grotte toute noire. Avec un peu de chance, on aperçoit tout de même un petit point lumineux, et si on a beaucoup de chance, ce petit point grandira peu à peu, jusqu'à ce qu'un jour la grotte donne l'impression de se rétracter. Alors, on émergera libre, en pleine lumière.
chirona
Le fait du prince, Amélie Nothomb :
incipit : "Si un invité meurt inopinément chez vous, ne prévenez surtout pas la police. Appelez un taxi et dites-lui de vous conduire à l'hôpital avec cet ami qui a un malaise. Le décès sera constaté en arrivant aux urgences et vous pourrez assurer, témoin à l'appui, que l'individu a trépassé en chemin. Moyennant quoi, on vous fichera la paix."

"Ce qui ne m'intéresse pas n'est pas moi."

"Existe-t-il vacances plus profondes que de prendre congé de soi-même ?"

"Peut-être le secret d'une personne ne tient-il pas à ce qu'il y a à dire à son sujet."

"Dans les musées régnait une odeur de momie. Même en l'absence de cadavres, ce qui était rare dans ces lieux où le macchabée représentait le comble du chic, ça puait la mort, non pas la mort bouleversante des cimetières ou la mort hirsute des combats, mais la mort ennuyeuse des commémorations officielles."

"... le temps ne doit pas être employé. Il ne faut pas s'occuper, il faut se laisser libre."

Théia
waaaouu ! Merci Chirona pour cette présentation du livre d'Eduardo Mendoza ! smile.gif

Je n'en ferais pas autant du bouqin que je suis en train de lire parce que j'ai du mal à tout comprendre biggrin.gif

Citation (chirona @ mercredi 21 mai 2008 à 10:51) *
dans le monde réel, les choses ne trouvent pas de solution à cause de l'aveuglement et de l'obstination des individus


"Le réel, c'est quand on se cogne" (Lacan) whistling1.gif biggrin.gif (ça, ça va, je comprends biggrin.gif )
chirona
Merci Théia wink1.gif
Fiphi
Je termine "Péplum" de Nothomb ... Plus que des citations, ce sont des morceaux choisis tirés au hasard du livre. Ils ont valeur de citation, selon moi ...

- Cherchez à qui le crime profite. L'ensevelissement de Pompéi sous les cendres du vésuve, en 79 après Jésus Christ, a été le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues. A votre avis, qui a fait le coup ?
- Pal mal , comme sophisme.
- Et si ce n'en était pas un ?
- Que voulez-vous dire ?
- Cela ne vous a jamais paru bizarre ? Il y avait des milliers de villes à détruire. Comme par hasard, ce fut la plus raffinée, la plus somptueuse qui y passa.
- C'est une fatalité courante. Quand une bibliothèque prend feu, ce n'est pas la bibliothèque municipale du quartier, c'est la bibliothèque d'Alexandrie. Quand un boudin et une beauté traversent la rue, devinez qui se fait écraser ?

- ... Mon intelligence est celle d'un démiurge quand la vôtre conviendrait tout au plus à un détectuive privé.
- J'étais romancière
- C'est ce que je voulais dire. Developper une idée par écrit, c'est une fantaisie, un passe temps. Donner une réalité à une idée telle que la mienne, vous n'en auriez jamais eu les moyens intellectuels.
- Sans doute. Mais même si j'en avais eu les moyens, je ne l'aurai pas fait. Je n'aurais jamais pris la décision de mettre à mort des milliers de personne.
- C'est normal. Les statistiques le confirment : le sens moral disparait au delà de 180 de quotient intellectuel.
- Et vous avez l'air d'en être fier ma parole.
- Pour que je sois capable de honte, il faudrait que j'aie le sens moral, et comme mon quotient intellectuel est de 199...
- Eh bien moi, du haut de mon quotient intellectuel de jacinthe, je me permets de vous traiter non seulement de salaud, ce qui ne vous étonne pas, mais aussi d'imbécile !
- Amusant....

- Ce n'est pas de l'hypocrisie. C'est l'instinct de conservation. Vous n'avez pas l'air de comprendre à quel point l'anéantissement du sud était necessaire. Vous n'aviez pas tort, tout à l'heure, de dire que l'axe nord-sud était le plus terrible : il était de plus en plus terrible, vous savez, l'axe qui séparait les nantis des crève-la-faim. Ce n'était plus tenable. L'invasion des pauvres n'était même plus une menace, c'était une fatalité numérique.
- Je rêve, ou vous êtes enn train de justifier ce qui s'est passé ?
- Non, j'explique ce qui a eu lieu. Au milieu du 22ème siècle, l'humanité a été forcée de choisir : quelle catégorie humaine allait-on sacrifier ? Les handicapés ? Ils n'étaient pas assez nombreux. Les Chinois ? Ils étaient trop puissants. Les gens trop laids ? Le critère était flou. Les intellectuels ? Ils étaient amusants. Les gros ? On les aimait bien. Et puis, pourquoi chercher si loin , quand il existait une race aussi déplaisante que les pauvres ? Les pauvres : Pouah ! Quelle espèce détestable. Savez-vous pourquoi les pauvres étaient haïssables ? parce qu'ils donnaient mauvaise conscience ....
- J'ai envie de vomir

-...Pourtant, il existe un nargument souverain, un argument qui transcende tous les raisonnements possibles, mais vous n'avez pas eu la finesse de me le servir.
- Je m'attends au pire.
- Je crois en l'existence de Pompéi parce que Pompéi est belle.
- La beauté n'est pas un critère de vérité.
- Mais si. Est vrai ce qui est beau . Le reste est invention.
- Les critères de beauté sont fluctuants.
- La vérité aussi. Seule cette loi reste : est vrai ce qui est beau. Phrynée est acquitée parce qu'elle est belle : sa beauté n'inspire pas l'indulgence, sa beauté inspire la foi. On décide de la croire parce qu'elle est belle. On a raison.
- Et j'ai raison de ne pas vous croire puisque vous êtes laide.
- Et j'ai raison de ne pas croire à ces six siècles de laideur que vous m'avez résumés.
- Vous ne croyez même plus en l'histoire ?
- A partir de maintenant, je ne croirai plus qu'en ce qui est beau. Peu m'importe d'être imitée, et cependant j'espère qu'il viendra, ce jour dernier où l'on daignera s'apercevoir que ces millénaires de cauchemar étaient des mensonges, que ces successions d'horreur étaient pures affabulations, d'esprits malades et qu'au fond rien ne s'est passé, rien n'a eu lieu, rien n'a existé, à l'exception de rares et microscopiques parenthèses de beauté, quelques minutes en Ionie - pardon ! C'est trop au Sud ! - ou encore la rencontre de dante et de Béatrice.


grododo
j'avais adore ce bouquin wink1.gif
Fiphi
Pour ma part, ce n'est pas le meilleur. Mais les dialogues sont assez incisifs et l'idée développée est originale. Amélie Nothomb est une originale. C'est ce qui me plaît ! Il y a toujours quelques bons mots. On en redemande à chaque fois.
chirona
Marion Zimmer Bradley, Les âges du chaos, "chroniques de Ténébreuse"

Citation
Ici se trouvaient les protecteurs du climat, les gardiens des abeilles, les chercheurs de lumière qu'il avait cru trouver chez les leroni de la Tour. Ils étaient si peu nombreux, mais si aimants, si perplexes devant l'insistance des humains à croître et multiplier au point que les abus et les destructions empoisonnaient les terres jusqu'à ce que leur laideur s'accorde à celle qui infestait leurs esprits.Grai (nom du héros de la nouvelle) vit que le nombre des chieris avait diminué en réaction à cette laideur, en un effort pour rétablir l'équilibre entre les êtres pensants et la terre surexploitée, puis finalement, s'étaient infiltrés dans les établissements humains pour tenter de ramener la vie et la fécondité à la terre, réparer les dommages perpétrés par leurs cousins insouciants et cupides.
Fiphi
Protagoras de Platon. La vertu s'enseigne t-elle ?

Protagoras dans un dialogue avec Socrate, expose le mythe de Prométhée et Epiméthée, celui de la distribution des arts et du feu puis de la vergogne et de la justice aux hommes ...

Extrait :

Il fut jadis un temps où les dieux existaient, mais non les espèces mortelles. Quand le temps que le destin avait assigné à leur création fut venu, les dieux les façonnèrent dans les entrailles de la terre d'un mélange de terre et de feu et des éléments qui s'allient au feu et à la terre. Quand le moment de les amener à la lumière approcha, ils chargèrent Prométhée et Epiméthée de les pourvoir et d'attribuer à chacun des qualités appropriées. Mais Epiméthée demanda à Prométhée de lui laisser faire seul le partage. Quand je l'aurai fini, dit-il, tu viendras l'examiner. Sa demande accordée, il fit le partage, et, en le faisant, il attribua aux uns la force sans la vitesse, aux autres la vitesse sans la force ; il donna des armes à ceux-ci, les refusa à ceux-là, mais il imagina pour eux d'autres moyens de conservation ; car a ceux d'entre eux qu'il logeait dans un corps de petite taille, il donna des ailes pour fuir ou un refuge souterrain ; pour ceux qui avaient l'avantage d'une grande taille, leur grandeur suffit à les conserver, et il appliqua ce procédé de compensation à tous les animaux. Ces mesures de précaution étaient destinées à prévenir la disparition des races. Mais quand il leur eut fourni les moyens d'échapper à une destruction mutuelle, il voulut les aider a supporter les saisons de Zeus ; il imagina pour cela de les revêtir de poils épais et de peaux serrées, suffisantes pour les garantir du froid, capables aussi de les protéger contre la chaleur et destinées enfin à servir, pour le temps du sommeil, de couvertures naturelles, propres a chacun d'eux ; il leur donna en outre comme chaussures, soit des sabots de corne, soit des peaux calleuses et dépourvues de sang ; ensuite il leur fournit des aliments variés suivant les espèces, aux uns l'herbe du sol, aux autres les fruits des arbres, aux autres des racines ; à quelques-uns même il donna d'autres animaux à manger ; mais il limita leur fécondité et multiplia celle de leurs victimes, pour assurer le salut de la race. Cependant Epiméthée, qui n'était pas très réfléchi, avait, sans y prendre garde, dépensé pour les animaux toutes les facultés dont il disposait et il lui restait la race humaine à pourvoir, et il ne savait que faire. Dans cet embarras, Prométhée vient pour examiner le partage ; il voit les animaux bien pourvus, mais l'homme nu, sans chaussures, ni couverture, ni armes, et le jour fixé approchait où il fallait l'amener du sein de la terre à la lumière. Alors Prométhée, ne sachant qu'imaginer pour donner à l'homme le moyen de se conserver, vole à Héphaïstos et à Athéna la connaissance des arts avec le feu ; car, sans le feu, la connaissance des arts était impossible et inutile ; et il en fait présent à l'homme. L'homme eut ainsi la science propre à conserver sa vie ; mais il n'avait pas la science politique ; celle-ci se trouvait chez Zeus, et Prométhée n'avait plus le temps de pénétrer dans l'acropole que Zeus habite et où veillent d'ailleurs des gardes redoutables. Il se glisse donc furtivement dans l'atelier commun où Athéna et Héphaïstos cultivaient leur amour des arts, il y dérobe au dieu son art de manier le feu et à la déesse l'art qui lui est propre, et il en fait présent à l'homme, et c'est ainsi que l'homme peut se procurer des ressources pour vivre. Dans la suite, Prométhée fut, dit-on, puni du larcin qu'il avait commis par la faute d'Epiméthée.

XII. — Quand l'homme fut en possession de son lot divin, d'abord à cause de son affinité avec les dieux, il crut à leur existence, privilège qu'il a seul de tous les animaux, et il se mit à leur dresser des autels et des statues ; ensuite il eut bientôt fait, grâce à la science qu'il avait, d'articuler sa voix et de former les noms des choses, d'inventer les maisons, les habits, les chaussures, les lits, et de tirer les aliments du sol. Avec ces ressources, les hommes, à l'origine, vivaient isolés, et les villes n'existaient pas ; aussi périssaient-ils sous les coups des bêtes fauves, toujours plus fortes qu'eux ; les arts mécaniques suffisaient à les faire vivre ; mais ils étaient d'un secours insuffisant dans la guerre contre les bêtes ; car ils ne possédaient pas encore la science politique dont l'art militaire fait partie. En conséquence ils cherchaient à se rassembler et à se mettre en sûreté en fondant des villes ; mais quand ils s'étaient rassemblés, ils se faisaient du mal les uns aux autres, parce que la science politique leur manquait, en sorte qu'ils se séparaient de nouveau et périssaient.

Alors Zeus, craignant que notre race ne fût anéantie, envoya Hermès porter aux hommes la pudeur et la justice, pour servir de règles aux cités et unir les hommes par les liens de l'amitié. Hermès alors demanda à Zeus de quelle manière il devait donner aux hommes la justice et la pudeur. Dois-je les partager, comme on a partagé les arts ? Or les arts ont été partagés de manière qu'un seul homme, expert en l'art médical, suffît pour un grand nombre de profanes, et les autres artisans de même. Dois-je répartir ainsi la justice et la pudeur parmi les hommes, ou les partager entre tous ? — Entre tous, répondit Zeus ; que tous y aient part, car les villes ne sauraient exister, si ces vertus étaient, comme les arts, le partage exclusif de quelques-uns ; établis en outre en mon nom cette loi, que tout homme incapable de pudeur et de justice sera exterminé comme un fléau de la société.

Voilà comment, Socrate, et voilà pourquoi et les Athéniens et les autres, quand il s'agit d'architecture ou de tout autre art professionnel, pensent qu'il n'appartient qu'à un petit nombre de donner des conseils, et si quelque autre, en dehors de ce petit nombre, se mêle de donner un avis, ils ne le tolèrent pas, comme tu dis, et ils ont raison, selon moi. Mais quand on délibère sur la politique, où tout repose sur la justice et la tempérance, ils ont raison d'admettre tout le monde, parce qu'il faut que tout le monde ait part a la vertu civile ; autrement il n'y a pas de cité. Voilà, Socrate, la raison de cette différence.

Kemper Boyd
«Du côté de la place Clichy, se trouve le café Wepler qui fut longtemps mon repère favori. Je m’y suis assis à l’intérieur ou sur la terrasse, par tous les temps. Je le connaissais comme un livre. Les visages des serveurs, des directeurs, des caissières, des putains, des habitués même ceux des dames des lavabos sont gravés dans ma mémoire comme les illustrations d’un livre que je lirais tous les jours. »

Jours tranquilles à Clichy - Henry Miller
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