Trois concerts récemment.
- Max Romeo à Nancy, le 12 Février.
Alors et d'une, j'étais en manque de reggae, de deux j'adore Nancy et de trois le gars traîne une belle notoriété derrière lui. Si, vous connaissez, c'est celui qui chantait
Chase the Devil (en ... 1976

).
Mince, mais il peut encore tenir une salle lui ?

Ben oui.
Après une première partie sympa (un groupe reggae lorrain), rentre sur scène une troupe de musiciens aux visages marqués par le temps et à l'allure patibulaire, suivie d'un monsieur, hem, à l'âge respectable (il avait passé les trente balais à la sortie de son titre phare ...) et aux dreadlocks couleur coton qui lui descendent jusqu'en bas du dos. C'est lui Max Romeo ?
Le bassiste a pas enchaîné dix notes que je suis presque rassuré, ça prend déjà aux tripes. Suivent deux ou trois morceaux, j'ai honte d'avoir douté, Romeo a encore la pêche et les années semblent lui avoir donné un je ne sais quoi en plus, avec par moments un léger tremolo dans la voix qui rend son chant irrésistible ; il aime toujours la musique. D'autant que ses musiciens assurent ! Dans la salle le public suit, pour ne rien gâcher on profite d'une acoustique du tonnerre (salle
L'autre Canal). Au point que le groupe finit son concert par quelques reprises de classiques,
Jamaïca Ska en tête, pour faire danser l'auditoire. A vrai dire je l'ai trouvé un poil moins à l'aise dans cette dernière partie, mais bon, c'était quand même un très bon concert.
- Mass Hysteria à Pontcey (70), le 22 février.
Autant le dire tout de suite, je n'ai jamais été un gros fan du groupe, mais certains morceaux me branchaient bien à la sortie de
Contraddiction, depuis je n'ai plus suivi. Bon à quarante bornes de chez moi, pourquoi pas.
Dans une salle où on devait péniblement rentrer à deux-cent, le public assiste blasé à une première partie pop un peu poussive. La moyenne d'âge est vraiment jeune, j'ai peur. Voilà le groupe qui rentre en scène, z'ont l'air sympa, et qui fait claquer un
Contraddiction (justement) du tonnerre, pour le coup le groupe a gardé toute son énergie. Puis suivent des morceaux de leur dernier album (enfin je suppose), tout récent, et là je m'emmerde. C'est d'un plat.

En fait le jeu consiste à remonter l'ambiance avec un vieux morceau, puis à faire de la promo sur quelques morceaux et ainsi de suite. Ou alors j'étais pas dedans. N'empêche, certains sortaient du lot, puis autant j'avais peur de tomber sur une équipe de grosses têtes, autant ils sont super sympa, si ce n'est le chanteur insupportable par moments avec des slogans caricaturaux au possible ("Réveillez vous la jeunesse !"

) qui m'ont fait doucement rire. J'ai molli ?

Enfin on ne peut pas enlever aux musiciens une solide technique, avec mention pour le batteur, excellent, une sorte de grosse brute qui tape comme une sourd sur ses fûts ; et pour le bassiste, la bonne quarantaine, qui semble s'amuser un peu du jeu de scène du chanteur (en même temps ...

) mais qui assure. Le set se finit par des
P4 et
Furia endiablés, j'oublie tout et mince, ces gars sont quand même des bêtes de scène. Au final, c'était tout-de-même un bon concert, puis le public a participé à mettre une sacrée ambiance.
- High Tone à la Chaux-de-fonds (Suisse), le 7 mars.
Depuis le temps que je voulais les voir.

Le concert se déroule au Bikini Test, une drôle de barraque taguée jusqu'au volets de l'autre côté de la frontière avec la Suisse, enneigée. L'ambiance est déjà dingue une heure avant le concert, la fumée ambiante a un drôle de parfum et faut faire la queue pour avoir un verre. La première partie est assurée par Puja Dub Operators, que je ne connaissais que de nom. Et là, la claque !! Ils ne sont que deux sur scène, un bassiste et un autre qui se charge de tous les arrangements, lequel a de l'or dans les mains. On est assomé par un son puissant et varié, puis ce beat implacable qui chope les guiboles, géant ! Là, je me demande s'ils ne vont pas faire de l'ombre au groupe qui suit. On va être fixé. High Tone prend ses marques doucement, se fait même discret en arrivant sur scène. Ils sont là pour jouer, pas pour faire la causette. Et là, pan, dans ta face !

Autant leurs albums méritent leur place de référence dans le paysage dub français, autant en concert ils prennent carrément une autre dimension. D'ailleurs c'est plus un concert, c'est une tuerie ! Les effets sont d'une richesse incroyable, l'entente entre les membres est parfaite, les basses font trembler la salle, à moins que ça ne soit le public ... lequel ne sera pas lâché avant d'être complètement assommé, d'ailleurs je ramasserai un collègue à la petite cuillère, le con nous a fait un malaise pendant le dernier morceau.

Mon meilleur concert depuis un bon moment, vraiment ne les ratez pas s'ils passent près de chez vous !