Biodiversité et cartes des forêts primaires et des océans - 26 mars 2006 - 10:57
Curitiba, Brésil - La semaine passée, lors de la 8ème Conférence des Parties de la Convention sur la Diversité Biologique qui se tenait à Curitiba au Brésil, Greenpeace a présenté de nouvelles cartes des forêts primaires et des océans qui mettent en perspective certains des plus « précieux trésors écologiques de notre planète ». Ces cartes « démontrent que les forêts intactes restantes sur terre représentent moins de 10 % de la surface continentale et révèlent la nécessité de protéger de façon urgente les grands fonds sous-marins. » Selon l'association, le déploiement d'un réseau mondial de protection des zones marines et forestières, c'est aujourd'hui possible. « Les gouvernements peuvent désormais utiliser ces cartes pour rapidement établir un réseau mondial de zones protégées sur les terres émergées et dans les mers, déclare Christophe Thies, chargé de la campagne Forêts pour Greenpeace International. Ils ne peuvent plus prétendre à un manque de cartographie ou de données pour justifier leur immobilisme en matière de protection de la biodiversité. Si les gouvernements n'agissent pas dès aujourd'hui, nous courrons le risque de voir s'éteindre toujours plus d'espèces et de mettre en danger notre propre survie »

Biodiversité et cartes des forêts primaires et des océans
D'autre part, pour Greenpeace, il est indispensable de mettre en place des moratoires immédiats sur les nouveaux développements industriels qui perturbent les dernières forêts intactes. Ce, jusqu'à ce qu'elles bénéficient d'une protection adéquate, supérieure au taux actuel de 8 %. Ces cartes offrent la référence la plus précise qui soit pour suivre le devenir des derniers espaces forestiers intacts. La publication de ces cartes coïncide avec les campagnes de Greenpeace destinées à enrayer la destruction de la biodiversité. Actuellement, Greenpeace milite, au cœur de l'Amazonie, dans le but d'empêcher les coupes rases effectuées pour cultiver le soja. Greenpeace a aussi mis en place la Plate-forme de Secours Internationale des Forêts, dans la Forêt du Paradis en Papouasie Nouvelle Guinée, afin de la protéger des exploitations forestières illégales.
Du 21 au 23 mars, un leader des communautés de Papouasie Nouvelle Guinée a rencontré, en France, politiques et industriels pour faire connaître son combat pour la protection des forêts. Brian Baring, 26 ans, est membre du clan Gingilang qui est situé au cœur de la Forêt du Paradis d'Asie-Pacifique, dans la province de Morobe de la région Momase. Depuis des milliers d'années, son peuple est le gardien de ces terres. Les Gingilang en sont désormais les tenanciers légaux. Ils ont chassé, accumulé les denrées alimentaires et médicales, et cultivé cette terre depuis de nombreuses générations. De nombreux produits forestiers de Papouasie Nouvelle Guinée inondent encore le marché européen et français en particulier les contreplaqués en Bintangor. « A ce jour, Castorama, Leroy Merlin ou Saint Gobain ont cessé leurs importations en produits de Papouasie Nouvelle Guinée, conclut Ludovic Frère, chargé de campagne Forêts à Greenpeace France. Nous attendons de la Fédération des Magasins de Bricolage et des autres enseignes du bricolage tels que M. Bricolage, ou Brico-Dépôt qu'elles s'engagent également à ne plus commercialiser ces bois de la honte .»