
Quelques repères chronologiques :
1603 : Tokugawa Ieyasu est nommé shôgun. Fondation du bakufu d’Edo.
1613 : interdiction du christianisme.
1624 : interdiction aux Espagnols de débarquer au Japon.
1635 : confirmation du système de résidence alternée des daimyô à Edo.
1639 : installation de Hollandais au Japon, mais fermeture du pays aux autres étrangers.
1651 : révolte de Yui Shôsetsu.
1657 : grand incendie d’Edo.
1716-1736 : réformes de l’ère Kyôkô.
1721 : installation de la boîte de réclamations (meyasu bako).
1722 : obligation pour les daimyô de verser au bakufu un centième de leur revenu en riz.
1733 : révolte du riz à Edo.
1742 : code judiciaire des roturiers (Kujikata osadamegaki).
1781-1789 : famine sous l’ère Tenmei.
1825 : édit de refoulement des navires étrangers.
1837 : révolte de Ôshio Heichachiro à Ôsaka.
1840-1842 : guerre de l’Opium.
1841 : réformes politiques de Mizuno Tadakuni.
1853 : le comodorre Perry entre dans la baie d’Edo, réclamant l’ouverture du japon au nom des Etats-Unis.
1859 : répression de l’ère Ansei menée par Naosuke.
1860 : assassinat de naosuke
1867 : édit impérial de restauration du pouvoir impérial.
1868 : abolition du shogunat et restauration de Meiji
Le Japon était composé au xvie siècle de six millions d’habitants avec un développement considérables des villes (trente et un millions fin xixe s.). Le territoire est découpé en fiefs, certains dépendant directement du bakufu, notamment les points stratégiques, comme la ville commerçante d’Ôsaka et la route reliant les trois plus importantes cités, Kyôto, Edo et Ôsaka, ou les mines d’argent de l’île de Sado, etc.
En 1600, le premier shôgun (seigneur de guerre), Tokugawa Ieyasu, gagna la suprématie militaire à la bataille de Sekigahara : dès lors, si en principe l’empereur détient le pouvoir suprême, en réalité il ne peut rien faire sans l’aval du shôgun, censé être juste un général. Le pouvoir du bakufu fut maintenant sur les fiefs notamment grâce au Sankin kôtai, système obligeant les dirigeants des fiefs, les daimyô (seigneurs), à séjourner un an à Edo, puis un an dans leur fief, tout en laissant femme et enfants à Edo, comme des otages. Leurs résidences constituaient 60% de la capitale.
La société était divisée en quatre catégories : les guerriers (shi), paysans (nô), artisans (kô), commerçants (shô) – on laisse de côté les pêcheurs, qui étaient pourtant nombreux - sans compter les moines bouddhistes, les médecins et les sans classe, les eta (ceux qui étaient souillés par le travail du cuir, de la viande, de la fabrication des socques ou sandales) et les non-humains, les kinin. Les classes étaient marquées par un code vestimentaire, un langage, des coutumes matrimoniales.

En haut de la hiérarchie se trouvaient les guerriers (bushi), les samouraïs, habilités à porter un patronyme et à porter deux sabres, un long et un court, qui leur donnaient un droit de vie ou de mort sur la population (kirisute gomen). Ils vivent un peu à part de la société, dans la maison des daimyô qu’ils servent et défendent, à moins d’être sans maître (rônin). Une hiérarchie stricte organisait ces privilégiés, les daimyô étant au sommet et ayant les moyens d’entretenir un cheval. Le dévouement au chef primait sur tout et les bushi possédaient le privilège de se faire seppuku (suicide rituel) en cas de désaccord.

La terre appartient aux daymiô ou au shôgun, chaque village disposant d’une certaine autonomie de gestion, mais versant une taxe, calculée en riz, même si les richesses étaient plus diversifiées. Le poids des redevances devenait insupportable en cas de mauvaise récolte et occasionnait des révoltes paysannes.
Artisans et commerçants constituaient la bourgeoisie urbaine et contribuèrent au développement des villes, notamment Ôsaka, ville de l’eau ; dont le port était une vaste plateforme commerciale (raffinage du cuivre, huile de colza, coton, contrôle de la production de riz, travail du cuir, etc.)
Les monastères et temples répertoriaient le cadastre et chacun devait s’y inscrire pour prouver qu’il n’était pas chrétien. Le Japon s’est considérablement fermé aux pays étrangers, ne tolérant que la Chine, la Corée et finalement les Hollandais, sans pour autant rejeter tous les apports (ex.: adoption du mousquet) et tout en conservant des échanges commerciaux importants.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, ce repli du Japon sur lui-même est reproché au shôgun, d’où une scission entre les daimyô soutenant celui-ci et ceux qui se rangent alors sous la bannière impériale : le 3 janvier 1866, un coup d’État renverse le met fin au bakufu au profit de l’empereur à Kyotô.
Si cette période vous intéresse, je peux compléter la fiche par quelques éléments sur la vie quotidienne à l'époque.
