yves-1902
mercredi 11 janvier 2006 à 10:18
Je ne crois pas que ce soit cela le problème. Si j'ai bien compris, il s'agit encore d'une affaire de tromperie sur l'identification d'un produit.
à part qu'une production traditionnelle va encore faire les frais d'une production à grande échelle, maîtrisée, une fois de plus, par des maisons grainières (Béjo, Villmorin...) avec tous les intérêts financiers qui en découlent.
J'ai été, dans ma jeunesse, travailler en dans des régions productrices d'échalotes, où l'échalote était plantée à la main au printemps, sur paillage plastique, puis arrachée à la main en été vers la fin juillet, puis ramassée 2 ou 3 semaines plus tard après séchage au soleil. Il fallait deux après-midi de 5 ou 6 heures pour arracher un hectare d'échalotes à 10 personnes (en général des étudiants saisonniers), c'est dire la quantité de main d'oeuvre nécéssaire entre la plantation, l'arrachage, et le rammassage (près de 300 h/ hect au total !) Même si aujourd'hui la mécanisation à permis de diminuer ce travail fastidieux de moitié, cela représente encore une masse importante de main d'oeuvre pour les régions productrices, et encore je ne parle pas du travail du produit avant commercialisation (triage, nettoyage, conditionnement).
Dans l'article joint en lien, il est bien dit que l'échalote ne peut avoir son appellation que si elle se reproduit de façon végétative, c'est à dire, que le bulbe récolté ne peut provenir que d'un bulbe mère, par démultiplication. Mais comme tout végétal; l'échalote part à son origine d'une graine, comme la pdt, la betterave, etc... Elle ne s'appelle "échalote" qu'après démultiplication. Avant il s'agit d'un oignon, qui lui se sème. L'échalote est un condiment, l'oignon est un légume, mais tous deux font partie de la famille des alliums.
La principale différence résiderait en fait dans les coûts de production, entre une production qui demande entre 200 ou 300 heures par hectare et un produit imité qui ne demande que 5 ou 10 heures.
Mais le risque final, c'est effectivement de voir encore une multinationnale anéantir une production locale et artisanale qui fait travailler toute une région. Le calcul est simple d'après les données, 40000 tonnes x 400 euros la tonne de prix de revient en coût de production, injectés dans l'économie locale contre 50 ou 100 euros au profit des lobbies semenciers.
Il faut savoir aussi que l'échalote semée ne peut pas être produite dans les terroirs traditionnels du fait de la maturité tardive du produit et de la structure des exploitations car les maisons graineières proposent des contrat de location très intéressants aux céréaliers.