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Bébés prématurés: la faute aux mamans?Dimanche 14 septembre - 11:09 L'anthropologue André Langaney a jeté un pavé dans la mare la semaine dernière. Selon ce spécialiste de la génétique des populations, tabagisme, alcool et surcharge de travail sont les «causes majeures» d'un excès de prématurité en Suisse par rapport à nos voisins européens. Faux, rétorquent des médecins, qui remettent en question les statistiques |
Elles fument, boivent et travaillent trop, beaucoup trop. «Fatiguées», «dépressives», et donc enclines au tabagisme et à l'alcoolisme. Qui donc? Les adolescentes? Les businesswomen? Non! Les femmes enceintes, pardi. C'est du moins ce que dénonce André Langaney, anthropologue et généticien français, professeur à l'Université de Genève, qui s'exprimait ces derniers jours sur son blog et sur les ondes de la RSR.
Selon ce spécialiste de l'évolution, réputé pour son verbe haut, tabac, alcool et surcharge de travail sont même les causes majeures des excès de prématurité - 10% des naissances en Suisse, selon des chiffres fournis par l'Office fédéral de la statistique (OFS) l'an dernier. Ce qui ferait de notre pays un médaillé d'argent d'Europe en la matière, juste derrière l'Autriche. Les futures mères suisses ne seraient-elles qu'une bande d'irresponsables?
«Victimes des lobbies»
«Je n'accuse pas les mères, au contraire! se défend André Langaney au bout du fil. Ce sont des victimes des lobbies du tabac et de l'alcool. Et comme les congés maternité sont plus courts en Suisse qu'ailleurs, elles sont davantage stressées: les femmes enceintes ont tendance à travailler jusqu'à l'accouchement pour avoir un maximum de temps avec leur bébé ensuite. L'organisation du travail et les employeurs sont donc également responsables de ces 10% de naissances prématurées. Il faut protéger ces grossesses, non pas en empêchant les femmes de travailler, mais en leur donnant la possibilité d'interrompre leur travail sans être pénalisées.»
Sur quelles études le généticien se base-t-il pour étayer ses propos? «Toutes ces causes sont bien connues en épidémiologie», répond André Langaney, qui cite différents travaux de l'INSERM (Institut français de la santé et de la recherche médicale).
Plusieurs études internationales font effectivement le lien entre alcool, tabac et prématurité. Ainsi par exemple, une recherche menée à l'Université du Texas il y a quelques années conclut que 15% des naissances prématurées sont dues au tabac. Quant au travail, son impact sur la prématurité est plus controversé: selon une étude effectuée par le Collège américain des obstétriciens et gynécologues en 2005, le travail physique ne serait pas associé aux naissances prématurées, contrairement au travail de nuit, beaucoup plus risqué
Camille Krafft
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| Source: Le Matin |


