huyo
jeudi 16 octobre 2008 à 09:15
Les poulains de Puel ont bien grandiÉpisode 1 de la saga des retrouvailles avec Claude Puel. L’ancien entraîneur du LOSC, aujourd’hui en poste à Lyon, a joué un rôle déterminant dans les parcours de Mathieu Debuchy, Michel Bastos, Adil Rami et Rio Mavuba. Ils expliquent pourquoi et comment.
GAËLLE LAURENT-DRIDI
http://www.nordeclair.frPour certains, il y a eu de la déception, pour d’autres un soulagement, d’autres encore l’impression d’une trahison. Aujourd’hui, les divers sentiments qui ont animé le vestiaire lillois après le départ inattendu de Claude Puel sont évacués. Ne restent, finalement, que les images positives d’un groupe qui a vécu une formidable aventure, d’un club qui, parti de rien (ou presque), s’est construit sur des bases solides, d’un entraîneur rigoureux et avant tout un compétiteur dans l’âme. « C’est ce que je retiens avant tout de lui, souligne Rio Mavuba. Son âme de compétiteur et le fait qu’il soit toujours au top physiquement. À Lille, il a construit une équipe à son image ».
Dans un effectif, il y a forcément des joueurs heureux des choix de l’entraîneur, d’autres moins. Mathieu Debuchy, par exemple, a été mis progressivement sur la touche pour terminer la saison dernière avec l’envie d’aller voir ailleurs. Pourtant il garde un profond respect pour son ancien coach. « Ce sera un match spécial samedi puisqu’on va revoir M. Puel, confie le défenseur lillois. Bien sûr que j’ai du respect pour lui, comme pour tous mes entraîneurs. Et puis, c’est lui qui m’a lancé dans le grand bain, c’est quelque chose qui marque ».
« On va revoir M. Puel »
Pour Michel Bastos, la situation n’est pas tout à fait identique mais le rôle de Claude Puel dans la carrière française du Brésilien a été déterminant. « D’une part, c’est lui qui m’a permis de jouer ici, sourit-il, et d’autre part, il s’est montré très patient avec moi. La première saison, il m’a fait confiance et m’a laissé du temps pour m’adapter. Peu d’entraîneurs l’auraient fait. À un certain moment, je me suis même demandé si je ne devais pas rentrer au Brésil ; c’est lui qui m’a convaincu de m’accrocher ». Rio Mavuba a connu une trajectoire encore différente. « Claude Puel m’a sorti de la galère, rappelle l’international français. En pensant à moi, il m’a relancé. C’est un entraîneur qui parle peu mais dit ce qu’il pense. C’est son mode de fonctionnement et je le respecte. Maintenant, sous son apparence de Père-Fouettard, il y aussi un autre homme. Il y a l’image qu’il donne en public et l’autre ».
Parmi les nombreux jeunes que Claude Puel a lancés dans le grand bain de la Ligue 1, l’aventure d’Adil Rami sort de l’ordinaire. « J’ai été recruté par le staff mais c’est Claude Puel qui m’a donné ma chance chez les pros, précise le défenseur lillois. J’avais le choix entre deux ou trois clubs mais la présence du coach, qui donne sa chance aux jeunes et à ceux qui en ont envie, a pesé lourd ».
Son départ inattendu, que les joueurs ont découvert dans la presse, a finalement été bien vécu par le groupe lillois, en dépit de l’effet de surprise. « On sait que les grands joueurs et les grands entraîneurs finissent par partir, note Michel Bastos. Mais nous n’avons rien perdu : on a désormais un autre grand entraîneur ».
À quarante-huit heures du match Lyon-Lille, la parenthèse Claude Puel ne fait que s’ouvrir. Et si les six années de l’ère Puel ne se résument pas en quelques mots, en revanche la rencontre de samedi se définit simplement. « Il faudra qu’on fasse abstraction de tout ça parce qu’un gros match nous attend », confie Mathieu Debuchy. « À l’heure voulue, je ne penserai pas à ça, sourit Adil Rami.
Il nous connaît bien mais nous aussi, on le connaît ! Il sait qu’on va venir avec la rage au ventre, on a envie de faire un gros match ».
L’art et la manière de ne pas tout mélanger. •