Simplicius
vendredi 04 juillet 2008 à 07:06
Citation (Valtesse @ jeudi 03 juillet 2008 à 23:35)

On se moque éperdument du prestige de la France par delà les frontières : Versailles n'est plus...surtout si l'on doit, pour cela, spolier le peuple français de ses deniers.
Et nous avons que faire de savoir que Betancourt est une femme belle et riche.
Alors quoi : si l'otage est un homme, pauvre et laid, on va le laisser gentiment agoniser dans sa geôle ?
Cela porte à ma souvenance l'affaire Yann Piat : à avoir osé déclarer la guerre aux mafieux, elle en est morte!
Quand on veut jouer aux gros bras, on évite de s'attaquer à plus fort que soi.
Monsieur de La Fontaine, se garderait, pour le coup, de me dédire...

M. de la Fontaine était à n'en point douter un homme d'esprit et de style mais qui avait tout de même une grande peur du monde. On retrouve d'ailleurs dans les Fables une condamnation des voyages en général !
On se moque du prestige de la France ? Pas moi ! Je ne suis ni de la race des traitres à leur Patrie ni de celle qui se complait dans l'exaltation d'une société endormie, à la suisse, où on célèbre les vertus de l'économie et de la sortie de l'Histoire.
Un Etat, c'est autre chose qu'une gestion de titres. Un Etat ne poursuit pas un but d'accumulation de l'argent. Un Etat se doit de développer une épopée suffisamment puissante et exaltante pour rassembler la Nation. Cette épopée, vieille de déjà un millénaire et demi, passe par toutes sortes d'actions. Louis-Philippe a dépensé des millions pour ramener le corps de Napoléon et poursuivi le projet un peu fou mais combien charmant de Charles X de ramener un obélisque jusqu'à la place de la Concorde. Le dirigeant actuel nous offre un épisode picaresque en tirant une de nos brillantes compatriotes de la jungle. La France demeure ENCORE, malgré les pleurnicheries des comptables, le pays de la galanterie !
Citation (seth rotten @ vendredi 04 juillet 2008 à 07:59)

Intéressant comme façon de voir les choses, moi je les vois un peu autrement (et c'est là qu'on voit que notre style diffère quelque peu) : en 2002, elle s'imagine à elle seule pouvoir vaincre la corruption qui est devenue une institution d'Etat en Colombie, tout en promettant une réforme agraire sans s'imaginer une seconde que les gros propriétaires lui mettront les batons dans les roues, et elle promet aussi de faire cesser la guerilla marxiste qui gangrène le pays. Comme tous les écolos-bobos, Ingrid a oublié un petit détail : en Amérique du Sud si on a pas l'armée avec soi, on ne gagne pas ce genre de pari. En tout cas Ingrid n'avait pas l'armée avec elle le jour où elle s'est rendue dans la jungle, et qu'elle s'est fait en toute logique enlever par les FARC, comme tous les politiques qui se rendent sans une bonne escorte militaire - deux ou trois régiments

- dans le repaire des révolutionnaires. À ce moment, elle est à 2% d'intention de vote dans les sondages, je comprend qu'Uribe chie dans son froc pour son élection, ou réélection je sais plus.
Citation
elle fait le pari fou
Ca pour être fou, c'était fou
Citation
elle félicite chaudement Uribe parce qu'il a dégommé les FARC par la force
J'espère que son enlèvement lui a servi de leçon : on ne négocie pas avec les guerilleros. Y'a vraiment que les occidentaux et les hippies pour croire le contraire
Bon, c'est que j'aime écorner les mythes et que je suis un peu en colère aussi
Son erreur a en effet été de croire que les FARC étaient un minimum doués de sens politique et donc accepteraient d'entamer des négociations. Elle n'a pas vu qu'ils étaient sclérosés et ne comptaient suivre qu'une politique à coté de laquelle la glaciation brejnévienne ou l'autarcie nord coréenne passeraient pour des modèles de finesse diplomatique !
Tout le monde a droit à l'erreur. Louis XI aussi dû avaler son chapeau dans un premier temps, quasi prisonnier du duc de Bourgogne. Mais comme Louis XI, elle apprend vite. Et son discours d'hier a été une divine surprise pour moi : elle est de la race des chefs !