Flovia
dimanche 29 juin 2008 à 15:34
L'idée est plus qu'intéressante, c'est vrai!
Mais il ne faut pas mésestimer la puissance et l'ingéniosité primaire des bactéries, hélas!

(Ce sont elles qui craquèlent et soulèvent l'asphalte de nos bonnes vieilles route, par exemple...)
Ce sont elles, rappelons-le, qui infestent nos systèmes de climatisation. Egalement elles, qui sont à l'origine des maladies nosocomiales (première cause de mortalité chez nous).
Si vous saviez l'impuissance des hôpitaux à se débarrasser des bactéries qui infestent leurs murs, si vous connaissiez le mal qu'elles infligent, en sus, aux grands brûlés!
Ces bactéries-là sont de type multirésistant, à savoir que peu d'antibiotiques et plus généralement, que peu d'antiseptiques, ne sont capables de les éradiquer complètement. Ne reste que l'eau de javel forte concentration ou le feux, pour en venir à bout... Impasse, donc...
De plus, elles développent aisément ce que l'on appelle un plasmide de résistance (c'est à dire, pour faire simple, un morceau de chromosome libre contenant l'information génétique des transformations subies par une bactérie "lambda" face aux agressions, antibiotiques, notamment), lequel est transmissible à d'autres bactéries par conjugaison...
Pourquoi pensez-vous que le corps médical restreigne la prescription d'antibiotiques?
Parce qu'ils coûtent chers en dépenses publiques, premièrement! Parce qu'ils sont nocifs pour la santé, certes! Réduisent nos capacités naturelles d'auto-défense, d'accord! Eradiquent nos "bonnes" bactéries, bien sûr! Mais aussi, parce que les chercheurs n'ont pas la possibilité de suivre l'évolution des résistances bactériennes, en matière de nouvelles générations d'antibiotiques...
On se doit de prendre en compte l'énorme faculté d'adaptation de ces petites bêtes aux conditions de survies extrêmes! Elle est plus que déconcertante ...Aptitude à résister à de grosses variations de températures. Avec transformation sous forme de spore, pour un métabolisme réduit, en cas de souffrance vis à vis des agressions externes. Aptitude à pouvoir demeurer des années sous cette forme mais aussi à pouvoir reprendre un métabolisme actif dans des conditions adéquates...
Avouez que cela laisse songeur!
Evidemment, les espèces Escherichia coli, pour les bacilles, et Saccharomyces, pour les levures semblent le moindre des dangers. Quoique...Certains types de coliformes sont extrêmement mobiles, pour peu que le support soit adéquat. Et mobilité égale danger supplémentaire.
Alors, je dis: méfiance, tout de même!
Non que je sois férue de scénarios catastrophes... Mais j'aimerais être, pour ma part, assurée que ces travaux de recherche restent confinés, qu'ils soient totalement maîtrisables . Pour avoir cotoyé les micro-organismes assez longtemps, j'émets quelques doutes...