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Allemagne - Turquie : La marche allemande de l'EmpereurMardi 24 Juin - 12:03 Mercredi 25 juin - Bâle (Coup d'envoi à 20h45) Euro 2008 , Demies-finales |
16 novembre 2005, Istanbul. Fatih Terim planifie les événements de ce qui restera comme le match de la honte. La Suisse plonge dans l'enfer du stade Sukru Saraçoglu, que ses joueurs quittent battus mais qualifiés. Les images de la fuite des Helvètes font le tour du monde. La planète entière montre du doigt Fatih Terim, accusé d'être l'instigateur des violences. Le lendemain du scandale, Sepp Blatter, président de la FIFA, promet lui-même des sanctions exemplaires.
7 février 2006, Zurich. Au siège de l'organisation, la Commission de discipline rend son verdict. Après trois mois d'enquête et d'auditions, les sanctions tombent, frappant (!) aussi des Suisses (Huggel écope d'une lourde suspension). Mise au ban de la communauté sportive, la Turquie est condamnée à disputer six matches officiels à domicile à huis clos dans un pays étranger, à... 500 km des frontières turques! Passant entre les mailles du filet, Fatih Terim s'en sort sans la moindre suspension, la FIFA ne s'en étant tenue qu'aux faits.
2 décembre 2007, Lucerne. A l'occasion du tirage au sort des groupes, la main innocente du Grec Zagorakis attribue la Turquie au groupe de la Suisse. Les retrouvailles s'annoncent explosives. Jouant les médiateurs, Fatih Terim désamorce diplomatiquement la bombe. «Nous viendrons en Suisse pour faire honneur au fair-play turc», promet-il en tombant dans les bras de Köbi Kuhn. Dans son for intérieur, l'homme bouillonne déjà. En Turquie, l'«Empereur», baptisé ainsi par ses fans après la victoire de Galatasaray (qu'il entraînait alors) contre Arsenal en finale de la Coupe de l'UEFA en l'an 2000, n'est qu'un «mégalomaniaque raté» pour ses détracteurs, qui ne cessent de fustiger ses emportements.
11 juin 2008, Bâle. Grâce à un coaching gagnant, le... bouillonnant Fatih Terim élimine la Suisse et, 938 jours après le match du scandale, savoure sa revanche. Quatre jours plus tard, l'homme réitère le même coup de poker contre les Tchèques. La presse du Bosphore ne trouve pas de superlatifs assez forts pour porter aux nues celui qu'elle vouait aux gémonies une semaine plus tôt!
17 juin, Zurich. Fatih Terim reçoit une reconnaissance - et une absolution internationale - inattendue. Dans son bureau présidentiel, au siège de la FIFA, Sepp Blatter confie au «Matin» combien le sélectionneur turc l'impressionne: «Je l'admire pour sa capacité d'aller chercher la victoire, au moment où la majorité de ses collègues, à sa place, se contenteraient d'attendre les prolongations.» Terim peut boire du petit-lait.
Nicolas Jacquier
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| Source: Le Matin |











