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Sous la Méditerranée, du sel et du pétroleMercredi 14 Mai - 12:57 L'avenir de la mer Méditerranée préoccupe les chefs d'Etat, mais son passé, lui, passionne les scientifiques. Et leurs trouvailles pourraient susciter bien des convoitises, car il y est question de pétrole... sous une épaisse couche de sel. La thèse est la suivante : la Méditerranée fut jadis le théâtre d'une catastrophe environnementale de grande ampleur dénommée par les géologues "Crise de salinité messinienne". |
Il y a 5,5 millions d'années (Ma), la quasi-fermeture du détroit de Gibraltar sous la poussée de la plaque tectonique africaine a conduit à l'assèchement de la Méditerranée. L'évaporation des eaux a provoqué le dépôt de couches de sel épaisses de 2 000 m, surmontées d'une grande quantité de sédiments. Mais la mise en évidence de ce processus a provoqué une polémique scientifique internationale, qui a duré... trente-six ans.
Les 5 et 6 mai, une séance de la Société géologique de France a été organisée à l'université Claude-Bernard (Lyon-I) en l'honneur de Georges Clauzon, seul géologue français à avoir soutenu l'hypothèse formulée il y a près de quarante ans par trois chercheurs : William Ryan, Kenneth Hsü et Maria Bianca Chita. Ces trois scientifiques étaient présents en 1970 sur le navire océanographique américain Glomar-Challenger, qui menait une campagne de carottages en Méditerranée sur une dizaine de sites. Les carottes montraient la présence d'importantes couches de sel. Pour les trois scientifiques, cela ne pouvait s'expliquer que par un assèchement complet de Mare Nostrum, dans un passé géologique de quelques millions d'années. Mais quand Mme Chita (professeur à l'université de Milan) présenta cette thèse à l'université de Lyon, en France, en septembre 1971, les réactions des Français et des Italiens présents furent virulentes.
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| Source: LE MONDE | 13.05.08 |
