Myeline
vendredi 09 mai 2008 à 07:41
Une dernière étude ( Evolution des conduites d' alcoolisation des jeunes : motifs d'inquiétude et propositions d'action fait par l'Acédémie de Médecine et publié en Mars 2008 adopté en juin 2007) est sortie récemment concernant l'alcoolisation des jeunes en France.
Cet article aborde le "Binge-Drinking" ou la recherche de l'ivresse qui devient de plus en plus fréquente.
J'avais lu aussi (je ne ma souvient plus hélas de la source exacte) que les jeunes boivent de plus en plus tôt mais contrairement aux idées reçues, les premièrs verres pris en moyenne vers 11-12 ans, sont pris dans un environnement familial (repas de famille, appéro).
Je donne le lien du site de recommandations à tout hasard:
http://www.bmlweb.org/nouveaute.html Lien vers l'Académie de Médecine:
articleCitation
État des lieux
Les modalités d’alcoolisation des jeunes sont le mieux documentées à l’âge de 17 ans grâce aux enquêtes sur la santé et les comportements lors de l’appel de préparation à la défense (ESCAPAD). L’enquête ESCAPAD 2005 est la cinquième d’ampleur nationale et s’appuie sur les réponses de près de 30.000 jeunes des deux sexes [4]. Elle révèle que l’usage régulier d’alcool reste surtout masculin. Sa prévalence décroît par rapport à 2003 (18 % des garçons sont concernés, au lieu de 21 %, ainsi que 6 % des filles, au lieu de 7 %), mais est en hausse par rapport à 2000 (16 % des garçons).
Près de 46 % des jeunes déclarent avoir consommé au moins en une occasion au cours des trente derniers jours au-delà des recommandations de l’OMS pour une consommation ponctuelle à moindre risque (au maximum quatre « verres standard »).
Cette modalité d’intoxication alcoolique aiguë est fréquemment qualifiée de « binge drinking », notion anglo-saxonne mal définie car incluant dans certaines publications (mais non dans d’autres) l’intention recherchée d’obtention d’un état d’ivresse [5].
L’intoxication alcoolique aiguë, bien documentée sur le plan clinique, peut entraîner des conséquences extrêmement redoutables, notamment un coma éthylique parfois mortel et signalé dès l’âge de 12 ans.
Elle s’avère d’autant plus inquiétante qu’elle est souvent répétée. En effet, 2,3 % des jeunes de 17 ans ont déclaré au cours de l’enquête ESCAPAD 2005 avoir eu recours au « binge drinking » au moins dix fois au cours des seuls trente derniers jours [4].
Un autre facteur de grande inquiétude est le recours à un âge de plus en plus précoce à ces modalités d’alcoolisation aiguë. Une étude très récente a ainsi démontré grâce à la neuro-imagerie que la consommation d’alcool à un âge précoce entraîne une diminution de la matière grise dans plusieurs zones cérébrales.
Il convient cependant de noter que le « binge drinking » est fort heureusement encore beaucoup moins répandu à l’heure actuelle en France que dans de nombreux autres pays européens. C’est ainsi que la fréquence des ivresses à 16 ans est telle au Royaume-Uni (23 % au moins trois fois durant les trente derniers jours) qu’elle a conduit Martin et Moira Plant [6] à intituler « Binge Britain » leur important ouvrage consacré à cette modalité d’alcoolisation. Il est remarquable également que les filles soient plus nombreuses à s’enivrer que les garçons au Royaume-Uni, alors que, dans la majorité des autres pays européens, la recherche d’ivresse est un comportement essentiellement masculin. La prévalence des ivresses répétées (au moins trois fois durant les trente derniers jours) est encore plus élevée au Danemark (26 % !) et toujours considérable en Finlande (16 %) [7 ; 8]. Étant donnée la tendance à l’uniformisation des comportements dans les pays développés il convient de faire tous les efforts possibles pour que nos jeunes concitoyens ne rejoignent pas le peloton de tête anglo-saxon ou scandinave.
La prévalence de l’ivresse alcoolique dans notre pays est surtout le fait des jeunes générations. Préoccupante dès l’adolescence, elle est maximale dans la tranche d’âge 20-25 ans avant de décroître ensuite pour toutes les générations plus âgées.
Les modalités de consommation de boissons alcoolisées par les jeunes méritent l’attention [4]. Cette consommation s’effectue surtout le week-end, dans des occasions spéciales, comme des fêtes ou des anniversaires, et entre amis. Cependant, à 17 ans, 30 % de ceux ayant consommé au cours du mois écoulé disent l’avoir fait la dernière fois en compagnie de leurs parents. L’usage solitaire d’alcool est, par contre, très peu répandu [4].
Les boissons les plus populaires à 17 ans étaient en 2005 la bière, les premix* et les « alcools forts », tandis que le vin n’arrivait qu’en sixième position [4]. Les « alcools forts » consommés lors des épisodes de « binge drinking » sont parfois symbolisés par le sigle TGV (Tequila, Gin, Vodka).
Il est essentiel d’ajouter que la fréquence des polyconsommations est un facteur majeur des préoccupations à propos des jeunes, la multiplication des produits multipliant les dangers. Les consommations sont souvent associées soit par un effet d’entraînement, soit par la recherche de sensations, soit encore pour atténuer les effets de certains produits. C’est ainsi que 35 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir déjà consommé simultanément du cannabis et de l’alcool et 10 % de l’alcool et des médicaments [9].