L’espace-temps Courbet
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Autoportraits, marines et scènes de chasse: le Grand Palais consacre une rétrospective éclairante au peintre, à la fois monumental et sombre.
Par Gérard Lefort
QUOTIDIEN : samedi 13 octobre 2007
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Gustave Courbet Galeries nationales du Grand Palais, Paris VIIIe. Tous les jours sauf mardi de 10 heures à 22 heures. Jusqu’au 28 janvier 2008. Rens. : 01 44 13 17 17.
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Le 30 novembre 1837, un jeune homme de 16 ans, pensionnaire au collège Royal de Besançon où il suit les cours de dessin du peintre Antoine Flajoulot, écrit une lettre à sa famille, domiciliée à Ornans, pour qu’on l’extraie au plus vite de cet enseignement où il s’ennuie sévère : «Mes chers parents, je veux quitter définitivement mes classes. Puisque dans tout et partout je dois toujours faire exception à la règle, je m’en vais poursuivre ma destinée.» Quel culot, quelle juvénile emphase. Et il signe : Gustave Courbet. Comme s’il paraphait ainsi un premier tableau où tout est dépeint de son œuvre à venir : la pléthore, l’égotisme, le désordre, la puissance, la provocation, le souci de peindre d’après vrai, la prétention à faire l’Histoire sinon à la vivre, l’hystérie du peuple, la disparité des styles, la dissemblance des sujets. Tout ça en vrac, du début (première toile notable en 1844) jusqu’à sa fin, le 31 décembre 1877, exilé en Suisse.
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