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Retrogaming FFRmag' N°14

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13 avril 2011

À l'heure où la plupart des gamers jouaient au mieux sur leur Megadrive (la 16 bits de Sega) ou sur Super Famicom (de Nintendo, disponible alors uniquement à l'import), un support de jeu faisait baver d'envie par la beauté de ses jeux: l'arcade. Ces machines en effet proposaient des jeux dont le graphisme et la qualité sonore étaient inégalés alors sur console de salon. L'idée qui précéda la création de la Neo-geo était d'amener l'arcade à la maison. C'est dans cette optique que la bête de concours vit le jour.



Créé en 1978, SNK est un éditeur de jeu réputé pour la qualité de ses jeux. SNK est alors en concurrence avec Capcom et son
System32, plate forme pour l'arcade. SNK décide de sortir au début de l'année 1990 sa propre plateforme de jeu, le neo geo MVS, version arcade de la console. Il faut attendre exactement huit mois pour que sorte la neo geo version console, la Neo geo AES. Et c'est une sacrée révolution, la supériorité technique de la console (qui est pourtant une 16 bit comme la Megadrive ou la Super Nes) est sans égale et les jeux époustouflants de technique. Pourtant, le joujou de luxe ne réussit pas à s'imposer en masse. En effet son prix (3500 francs de l'époque-540€) et celui de ses jeux (1000 à 1200 francs pour les plus abordables, 2000 francs -300€- pour les méga-hits) la réserve à des passionnés acharnés et fortunés. La bête mérite bien son surnom de Rolls Royce des consoles. Mais justement, la Neo geo était-elle une simple console, ou véritablement l'arcade à la maison?

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Quand les premières images des jeux paraissent dans la presse, les joueurs croient rêver: graphismes magnifiques, colorés et tout en finesse, des sprites énormes, jamais la perfection graphique ne fut si proche sur une console de cette génération. Le line-up (liste de jeux disponibles à la sortie de la console) est assez peu étoffé, SNK se chargeant seul de développer des jeux sur son joujou de luxe. Toutefois, celui-ci est de qualité: Fatal Fury, World Heroes, Art of Fighting... Autant de méga-hits en puissance justifiant à eux seul l'achat du bijou (si tant est que l'on fut assez riche pour cela).
La Neo geo est encensée par la critiqué, adulée par ses heureux possesseurs, mais reste un rêve inaccessible pour le commun des mortels. Pourtant, c'est Nintendo et Sega qui tienne le haut du pavé, avec leurs Megadrive et Super Nintendo qui se vendent comme des petits pains.
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Les années 1993/94 voient plus que jamais l'arrivée de titres plus prestigieux les uns que les autres: Samourai Showdown, Windjammer (un jeu de frisbee endiablé), et surtout King of Fighter 94, premier de la meilleure série de jeu de baston au monde.
Et alors que l'on pensait que la Neo geo avait atteint ses limites, voilà que sortent des jeux d'une profondeur, d'un dynamisme et d'une beauté sans précèdent. Une véritable claque visuelle.
Mais dans ce cadre idyllique se profile dans l'ombre une contre attaque de plusieurs constructeurs, avec premièrement 3do et sa console éponyme, puis la Saturn de Sega, deux console 32 bits bien plus puissantes que la Neo geo. Pourtant, les deux consoles n'arrivent pas atteindre le niveau de technicité des jeux en deux dimensions de la Neo geo. Tant est si bien qu'en 1995, qui voit arriver la Playstation, des jeux sortent encore sur la 16 bits de luxe. Toutefois, des jeux sont adaptés sur la 32 bits de Sony... Et c'est la déception: de l'avis de la plupart des joueurs et des professionnel, les adaptations sont poussives et bâclées.


Les années 96 et 98 marquent l'époque où la neo geo connait ses meilleurs jeux (alors que la Playstation est fermement implantée partout dans le monde) avec Neo Turf Master (un jeu de golf), Metal Slug 2 (un beat'm all) mais surtout King of Fighter 98, chef d'œuvre d'une série prestigieuse. Et pourtant, 98 signe la fin de SNK. Son système de jeu vieillissant, la firme tente de se renouveler avec la Neo geo 64 - un échec cuisant- puis la Neo geo pocket (console de jeu portable): un succès en demi teinte, et enfin la Neo geo cd, qui ne se vend que peu. Tous ces échecs successifs mettent à mal le porte-monnaie de la firme. Seuls les quelques jeux qui sortent encore sur Neo geo permettent à l'éditeur de se maintenir la tête hors de l'eau. En 1999 sortent trois uniques jeux (Garou Mark of the Wolves, King of fighter 99 et Metal Slug X) qui, s'ils sont d'excellente facture, ne renflouent pas vraiment les finances de SNK.
Un an plus tard sortent les deux derniers jeux de SNK, Metal Slug 3 et King of Fighter 2000... Le chant du cygne de SNK.

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Malgré, ou plutôt grâce à la mort de l'éditeur, la liste des sorties va curieusement s'accroitre. En 2000, une société inconnue dans le monde du jeu vidéo rachète ce qu'il reste de SNK, et va se charger de sortir des jeux sur la Rolls des systèmes de jeu. Toutefois, la plupart des créateurs de SNK (graphistes, compositeurs, etc) ont tous été débauchés par des éditeurs concurrents, et les jeux à venir n'auront plus jamais cette aura particulière des jeux SNK. En conséquence, les jeux (dont la plupart sont pourtant d'assez bonne qualité) restent relativement boudés. À ce jour, le tout dernier jeu date de 2004: Samourai Showdown 5...


Nathaniel
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